Cissokho : bataille d'agents autour d'un transfert

Le transfert d'Aly Cissokho est dans le viseur de la Fédération Française de Football. L'un de ses agents, Roger Boli, est également soupçonné d'avoir falsifié un mandat sur le joueur. Lyon Capitale apporte un témoignage qui accrédite cette thèse.

Le transfert d'Aly Cissokho de Porto à Lyon est dans le collimateur de la Fédération Française de Football. Le latéral gauche de l'OL est convoqué le 11 février prochain devant le bureau du conseil fédéral de la FFF pour s'expliquer sur les conditions de son transfert sur lequel la commission des agents sportifs de la FFF enquête depuis plusieurs mois selon une information de L'Équipe. Le montant du transfert a été annoncé à 15 millions d'euros au mois de juillet. Il serait bien plus élevé et avoisinerait plutôt les 22 millions d'euros en raison de commissions. Une source proche du dossier et qui a participé aux négociations nie ce chiffre et nous confirme qu'il s'agit bien d'un transfert à 15 millions d'euros.

Une autre source qui a souhaité garder l'anonymat confirme le chiffre de 22 millions d'euros en expliquant « que les acteurs du transfert ne pouvaient avancer ce chiffre tant le transfert a été surévalué pour la valeur de marché du joueur ». Le montant de ce transfert devrait apparaître dans les comptes de l'OL et les écritures comptables pourraient nous indiquer ce que l'OL a réellement déboursé. Mais le bilan financier semestriel, qui démarre au 1er juillet 2009, n'a pas encore été publié par le club. Il devrait l'être courant février... Pour le moment, l'OL dément catégoriquement ce chiffre de 22 millions d'euros.

Galerie d'agents

Mais ce que souhaite mettre au clair la FFF, c'est la valse des agents qui gravitent autour d'Aly Cissokho. L'Équipe en avance quatre, mais Lyon Capitale en compte six qui, tous, revendiquent un contrat avec le joueur. Le premier agent de Cissokho, à l'époque où il jouait à Gueugnon, est Fabien Petit. Ce dernier est mis hors de cause par la commission des agents de la FFF car il a reçu une lettre de résiliation en bonne et due forme de la part de Cissokho. Il en reste cinq qui ont gravité de près ou de loin autour de Cissokho au moment de son départ de Porto. Il y a Ralf Isenegger, un avocat basé à Genève. Fabrizio Ferrari, un agent italien avec qui Cissokho a signé cet été un contrat d'exclusivité et qui l'a présenté à l'AC Milan. Ferrari assure à Lyon Capitale que Cissokho ne lui a jamais adressé de résiliation.

Donc officiellement, le contrat pourrait être encore valable. Mais il y a également Christophe Mongai qui possède, lui aussi, un contrat d'exclusivité avec Cissokho. Mongai indique également qu'il n'a pas reçu de lettre de résiliation. On trouve aussi Roger Boli qui possède un mandat sur Cissokho depuis décembre 2007. Et, enfin, il y a Frédéric Guerra, agent lyonnais, le seul qui n'ait pas de contrat avec Cissokho. Guerra était missionné par l'OL pour faire venir le joueur. Il est le seul à avoir remporté la mise et, donc, touché une commission. La FFF a auditionné toutes les parties le 3 décembre dernier mais semble avoir oublié Fabrizio Ferrari qui n'a pas été auditionné. Roger Boli a purement séché l'audition et ne s'est pas fait représenté. Pourtant, les plus lourds soupçons se portent sur lui.

Faux

Il est en effet soupçonné par la FFF d'avoir produit un faux. D'après nos informations, Roger Boli possédait un mandat sur Cissokho depuis décembre 2007, mais il n'aurait fait parvenir le document à la Fédération qu'en mai 2009. Un délai d'envoi étonnant. Mais un témoignage vient confirmer la thèse de la production de faux. Fabrizio Ferrari indique en effet que « la signature présente sur le contrat que m'a montré Roger Boli n'était pas celle d'Aly Cissokho. La signature qu'il a apposée sur le contrat que je lui ai fait n'était pas la même ». Nous avons joint en fin d'après-midi Roger Boli qui dit n'avoir jamais produit de faux. « Ceux qui me connaissent savent que je ne falsifie pas les documents » a-t-il dit avant de raccrocher.

Cette multiplicité de contrats qui semblent exister simultanément pourrait valoir à Cissokho, dans le pire des cas, une suspension. Au mieux, il risque une amende ou un simple avertissement. Quant à Roger Boli, si la production de faux devait se confirmer, il pourrait également être suspendu.

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