BERGES DU RHONE Lyon retrouve son fleuve

Tour d'horizon d'un site exceptionnel.

On a coutume de dire que les Lyonnais n'aiment pas leur fleuve. Les Berges du Rhône, prises d'assaut avant même leur inauguration, prouvent qu'il n'en était rien. Sauf que des décennies de parking à ciel ouvert nous avait fait oublier à quel point il est bon de flâner au bord de l'eau. Du coup, l'aménagement des Berges du Rhône est consacré réussite du mandat, plusieurs mois avant que Gérard Collomb, maire-président PS du Grand Lyon, ne coupe officiellement le ruban le 9 mai. La promenade permet de relier le parc de la Tête d'Or au parc de Gerland, sans croiser une voiture. C'est dix hectares piéton sur cinq kilomètres de long en plein centre-ville ! Ce qui en fait un aménagement unique en Europe. "J'ai cherché un site de berge de fleuve, en centre-ville et sans voiture, je n'en ai pas trouvé", avoue Annie Tardivon, du cabinet In Situ. Avec l'architecte Françoise Jourda et les concepteurs lumière Coup d'Eclat, ils ont réalisé un aménagement exclusivement tourné vers le fleuve, réputé capricieux à cause de ses crues. A la manière du Rhône, deux pistes, l'une pour la glisse et l'autre pour les marcheurs, serpentent, se séparent et se retrouvent. Crues obligent, les espaces sont dégagés et les végétaux ont été choisis résistants. Un bras du fleuve artificiel a même été créé sous la forme d'une "pataugeoire", au niveau du Pont de la Guillotière. Les différentes ambiances s'échelonnent d'amont en aval : le fleuve sauvage, les bars-restaus-péniches, les terrasses de la Guillotière,... pour ne citer que les principaux. On regrette, malgré les 350 arbres plantés et la prairie-pelouse, que le minéral prenne le pas sur le végétal. "A la fois parc, promenade, port, les Berges ont été conçues pour être une réappropriation d'un espace jusque là phagocyté par l'automobile", précise Annie Tardivon. De ce point de vue-là, le pari est réussi.

Les berges en 4 chiffres
10 hectares de parc
5 km de long
44,1 millions d'euros d'investissement dont 32,1 millions financés par le Grand Lyon
495 0000 pavés posés

La nature reprend ses droits

Les voitures déracinées des Berges, le Grand Lyon replante des végétaux. Dommage qu'ils ne représentent que 20 % de la surface aménagée.

Les îles du Bretillod ouvrent la promenade au niveau de la Cité Internationale. Dense et sauvage aux extrémités du parcours, la végétation semble plus domestiquée à mesure qu'on chemine au coeur de la ville.Très sensible aux crues, cette zone a été investie par des végétaux adaptés au milieu fluvial, c'est-à-dire résistants aux crues. Les jardins sont composés de pelouse et d'herbes hautes pouvant atteindre jusqu'à 1m80. Face aux péniches de sortie se déploient une vaste prairie de 6000 m2 maculée d'iris, de sauges et de coquelicots. Les promeneurs trouveront de l'ombre sous les saules, les peupliers et autres aulnes. Passé le pont SNCF, où les crues sont moins hautes, place aux arbustes. Les Berges se rétrécissent et accueillent les "Jardins du Rhône". Les paysagistes ont en effet souhaité rassembler des espèces qui bordent le fleuve, de la source à l'embouchure, dans cette galerie botanique fluviale avec des herbes de montagne et de Méditerannée.

Portrait

Péniche attitude

Cela fait maintenant 23 ans que Geneviève Brichet vit sur sa péniche.
On comprend l'attachement de cette conseillère en développement durable pour sa maison flottante. Peu de Lyonnais possèdent un 200 mètres carrés avec terrasse et jardin en plein centre ville. "Et en plus, on n'est pas propriétaire d'un terrain et on peut partir quand on veut et où on veut". Consultés par le cabinet In Situ en charge de l'aménagement des berges, les habitants des quatorze péniches ont apporté leur expertise technique. "On a partagé notre expérience sur les crues."
Ce qu'elle apprécie le plus dans les nouvelles berges ? Incontestablement la fin des parkings de voitures. "Le seul danger maintenant, c'est de se faire renverser par un vélo !" Quant à l'afflux des badauds provoqué par les aménagements, Geneviève ne le vit pas comme une intrusion. Un seul bémol pourtant : le manque de verdure. Mais comme elle le lance dans un grand éclat de rire : "ce serait quand même un comble que l'on soit contre quelque chose qui est totalement à notre avantage !"

Sortir sur les berges : les péniches

KYS : le dernier arrivé des restaurants. Grenouille, friture et véranda. Cette ancienne barge de pêche devrait ouvrir toute l'année. En face du 18 quai Sarrail.

Le River Boat. Ambiance chic et jazzy pour une cuisine du "sud" (jambon de parme et melon, poulet basquaise,...). En face du 2, quai Augagneur. 04 72 60 93 06

La Pie  : le bec dans l'eau, La Pie est une péniche restau basse et allongée qui doit donner au repas des sensations aquatiques. En face du 2, quai Augagneur.

Le Q-Boat : La nouvelle peau de feu le Fish, ce grand vaisseau sombre, est un bar apéro classouille. House/Techno pour des jeunes très fashion. Cocktail à partir de 7,50 euros. En face du 17 quai Augagneur. 04 72.84.98.98

La Plateforme  : tapis rouge à l'entrée, la plateforme fait dans l'événementiel. En dehors de ses grandes dates, sa terrasse ouvre aux promeneurs. En face du 18 quai Augagneur. 04 37 40 13 93

La Marquise : Elle a l'air toute petite mais ils sont nombreux sur la piste ou dans les fauteuils de cinéma. La fréquentation est aussi éclectique que les sons : drum'n'bass, funk, latino, house... péniche des fins de soirées : fermeture à 5h. En face du 20 quai augagneur, 04.72.61.92.92

Coup de coeur

La Passagère : le marin reçoit chez lui. Pour accueillir ses passagers, il a improvisé des tables avec des fûts. Le son est plutôt rock et certains soirs le micro est ouvert aux compo folk ou reggae. L'ambiance rappelle certains ports d'Irlande. Toute petite avec une grande terrasse sur les Berges, la Passagère embarque pour une ambiance rafraîchissante à tous les niveaux. Demi à 2,80 euros ; bouteille de planteur à 10 euros. Jusqu'à 3h. En face du 21 quai Augagneur, 04.72.73.36.98.

Le Sirius : Avec sa déco à coup de tonneaux et de bouteilles de rhum suspendus, le Sirius a des airs de pirate. La péniche propose deux ambiances dansantes, à l'étage ou en sous-sol ou un peu d'air sur le pont. Pour les jeunes et les moins jeunes, l'ambiance ici est décontract' et les noctambules de tous horizons. Soirées éclectiques et décalées avec notamment les mix retro du DJ Harry Cover. Jusqu'à 3h. 21 quai Augagneur. 04.78.71.78.71.

Les couacs

Promeneurs et cyclistes vont-ils s'étriper ? A certains endroits, les rubans de glisse sont si étroits que promeneurs, cyclistes et poussettes se partagent quelques centimètres.
Quasiment pas d'attaches vélo.Il devrait y en avoir sous les ponts.

Les toilettes pour le prochain mandat. Les promeneurs sont invités à se retenir jusqu'en 2008. Quelques WC de chantier ont été installés vers le pont Wilson.
Pas de parc à chiens à cause des crues. Les aménageurs comptent sur le civisme des Lyonnais.

La piscine du Rhône reste à quai. Tout a été refait, relooké, sauf le bassin olympique qui continue de se dégrader.
Le Grand Lyon a oublié les poubelles. Elles devraient arriver bientôt.

Les meilleurs spots

Et au milieu coule le Rhône...
Bienvenue au royaume du castor ! Entre le pont Churchill et le pont de Lattre de Tassigny, la nature reprend ses droits en plein centre-ville. Le "bretillod" est l'espace le plus vert et le plus sauvage des berges où vous pouvez croiser divers animaux et oiseaux. Les sentiers qui partent des lônes, ces bras morts du Rhône, rendent les rives accessibles. Ils invitent à la balade entre les arbres ou à tremper les pieds dans l'eau.

Flotter toute la nuit !
Ambiance buccolique et festive du côté des péniches. Entre le fleuve et le tapis de fleur d'une vaste "prairie", le noctambule peut siroter l'apéro en terrasse ou dîner sur les péniches-restaurants.

Le théâtre du Rhône
Le lieu est emblématique : pendant 15 siècles, le Pont de la Guillotière fut l'unique pont de passage sur le Rhône. D'immenses gradins en pierres sont installés de part et d'autre du pont. Ils offrent une perspective plongeante sur le bas-port, avec en toile de fond l'Hôtel-Dieu et Fourvière. Au pied des terrasses, un bras d'eau permet aux enfants de patauger. Exceptionnel.

Bowl d'air ?
Casquettes, baggys et grosses baskets : après le pont de la Guillotière, c'est "street-culture" . Les jeunes lyonnais se sont rapidement appropriés les deux "bowls" de glisse.
En témoignent les graffitis qui ornent désormais les deux cuvettes. En haut du quai, les "footeux" ne sont pas en reste : un mini-stade est toujours à leur disposition.

Marcher sur le Rhône
L'étroit passage entre la piscine et le fleuve a été doublé d'une estacade en chêne. Le promeneur a ainsi la sensation de marcher sur le Rhône. La nuit, des éclairages sous l'eau permettent même de contempler les poissons qui s'agitent.

Un port pour la croisière
(inauguration automne 2007)
Ici, accostent toujours les immenses bateaux de croisières dans des espaces réservés à cet effet. Pour les Lyonnais, cap sur le sport : des terrains de boules, de badminton, volley et de skate sont à disposition. Pour les joggers, c'est là que vous ferez vos abdos !

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