ALZHEIMER : VA-T-ON TOUS MOURIR FOUS ?

Un chiffre qui pourrait doubler en Rhône-Alpes d'ici 2020.

Mettre les clés dans le frigo, ne plus se souvenir du nom de ses proches, manger le camembert avec son emballage, se perdre dans sa rue... Voilà le genre de comportements que peuvent avoir certaines vieilles personnes. La plupart sont atteintes de la maladie d'Alzheimer ou d'autres syndromes démentiels (lire encadré). D'autres peuvent développer des troubles psychiatriques, car des pathologies "psy" apparaissent avec le vieillissement (dépression, délires ou névroses).

Demain, vieillissement de la population oblige, ce ne sont pas seulement les services Alzheimer des institutions qui vont déborder, les hôpitaux psychiatriques sont aussi concernés. Un chiffre du ministère de la santé : en Rhône-Alpes, 66 000 personnes sont atteintes de la maladie d'Alzheimer (30 000 dans le Rhône). En 2020, elles seront le double. Pour les pathologies psychiques, faute d'études épidémiologiques, impossible d'avancer un chiffre. Une chose est sûre : la tendance est à la hausse. "Pour autant, il ne s'agit pas d'une explosion, affirme le docteur Pierre Haond, chef de service en médecine gériatrique à l'hôpital des Charpennes. Autrefois, on nommait ça sénilité. Les chiffres augmentent en proportion de la prise de conscience". Son collègue, le docteur Sylvain Maltaverne, responsable du pôle gérontopsychiatrie au Vinatier, renchérit : "Il ne faut pas affoler les gens. 80 % de la population vieillit bien !"

Plus de déments

Plus on est vieux et plus on a de chance de déclarer un Alzheimer ou un autre syndrome démentiel. A 75 ans, 5 % de la population est atteinte. Après 80 ans, la probabilité est multipliée par deux. Des facteurs augmentent le risque : un état dépressif, l'hypertension artérielle, une mémoire peu sollicitée et l'isolement. Reste aux cliniciens à définir de quels troubles il s'agit, et le plus tôt possible afin de mettre en place la prise en charge adaptée.

C'est le rôle des "consultations mémoires", notamment au sein des Hospices Civils de Lyon : le patient inquiet, envoyé par son médecin traitant, peut faire une batterie de tests neuropsychométriques. Mais le personnel en contact régulier avec les personnes âgées (à domicile, maison de retraite, service traumatologie...) n'est pas formé pour appréhender les troubles du comportement. Résultat, on croit que c'est un Alzheimer alors que ça peut être un trouble psychiatrique. Or, les réponses à apporter ne sont pas du tout les mêmes, pouvant aller d'un traitement médicamenteux à une psychothérapie en fonction de la pathologie.

"La psychiatrie du sujet âgé a très peu de moyens. Dans les prochaines années, ce sera impératif de la développer, explique le docteur Maltarverne. Mais j'imagine mal un gouvernement le faire. Alors que le savoir-faire des gérontopsychiatres devrait être transmis à tous ceux qui sont en première ligne (médecins généralistes, soignants de la gériatrie, du maintien à domicile, des maisons de retraite, etc...) ."

Tous les professionnels de santé applaudissent donc l'idée d'un "Plan Alzheimer" promis par le candidat Sarkozy. "Il faut faire comme pour le Plan cancer, souligne le docteur Haond. Outre l'augmentation des moyens en formation et personnel, il faut mettre en réseau les acteurs. Heureusement à Lyon, on n'a pas trop à se plaindre, surtout sur le plan de la recherche et le suivi des patients". Seulement, il ne faudrait pas que le président Sarkozy focalise tous les moyens sur Alzheimer et oublie les maladies psychiques.

Vieux, vieille, à chacun sa folie

Alzheimer et les autres syndromes démentiels

La maladie d'Alzheimer est la plus connue et la plus répandue mais il existe aussi la maladie à corps de Lévy ou la démence fronto-temporale. Ce sont d'authentiques pathologies dégénératives. Leurs causes exactes sont encore inconnues. S'agissant des symptômes, on note surtout : une lente perte des fonctions mentales (mémoire surtout) qui aboutit à la démence.

Les troubles confusionnels

Ça ressemble à un syndrome démentielle de type Alzheimer alors qu'il s'agit d'une authentique pathologie psychique réversible, curable la plupart du temps, si on en identifie la cause et qu'on la traite à temps. Contrairement aux syndromes, ils apparaissent très rapidement, souvent après un traumatisme physique ou psychique. Le vieillard perd alors ses repères spatio-temporels, la mémoire de ses proches, confond le jour et la nuit et a tendance à s'agiter outre mesure.

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