Alix Nicolet : "il y a de plus en plus de lycéens dans les rues"

Novice dans ses relations avec les médias, celle qui étudie au lycée Robert Doisneau à Vaulx-en-Velin ne présente pas le profil type du jeune militant syndical. Elle avoue être de gauche sans pour autant adhérer à un parti politique. Dans cet entretien à Lyon Capitale, Alix Nicolet semble plus que jamais déterminée avec cette intime conviction que le gourvernement finira par craquer sous la pression des manifestations lycéennes.
Lyon Capitale : Après deux semaines de vacances, le mouvement lycéen s'apprête à reprendre du service. Comment expliquez-vous que la mobilisation a eu du mal à décoller à Lyon ?
Alix Nicolet : C'est un peu comme ça dans chaque ville de province. Il faut le temps qu'une mobilisation se construise. A Lyon, il y a de plus en plus de monde dans les rues. Je m'attends à une plus grosse ampleur pour les deux manifestations programmées cette semaine (Ndlr : mardi et jeudi à 14h, place Bellecour).

Concrètement, quelles sont vos principales revendications ?
Les lycéens ne veulent plus se retrouver dans des classes surchargées et se battent pour conserver leur options. Alors qu'aujourd'hui, c'est de plus en plus difficile d'étudier dans de bonnes conditions, le ministre de l'Education prévoit de supprimer des postes de professeurs. Autre revendication qui mobilise les lycées professionnels, la réforme du Bac pro en trois ans, ce qui va complétement dévaloriser ce diplôme.

Ne regrettez-vous pas la faible mobilisation des professeurs ?
Non, c'est tout à fait compréhensible. C'est toujours compliqué de faire grève, de ne pas être payé, déjà que leur salaire ne sont pas faramineux. Les lycéens ont une capacité de mobilisation qui est plus forte. Il y a des professeurs qui sont à nos côtés dans les manifs. Bon... c'est vrai, ils ne sont pas en nombre, mais on ne leur en tient pas rigueur.

Comment se sont déroulés vos différents entretiens avec le ministre de l'Education, Xavier Darcos ?
Ils se sont bien déroulés parce qu'on a pu clarifier les choses, se parler en direct et non par médias interposés. Autant pour la réforme des bac pro en trois ans, son discours s'est un peu assoupli notamment au niveau des filières. Par contre, concernant les suppressions de postes, il y a un vrai blocage. C'est pour cela qu'on continue le mouvement et on espère qu'avec l'amplification de nos manifestations, le gouvernement va finir par craquer.

Pour lui, les lycéens qui manifestent sont manipulés par les syndicats et certains professeurs...
C'est totalement faux. Lorsqu'on se rend sur le terrain, on voit bien que ce n'est pas le cas. Les lycéens se mobilisent d'eux mêmes. Les professeurs sont favorables à cette mobilisation mais en aucun cas ils ne nous manipulent.

Xavier Darcos dit qu'il ne fera pas machine arrière et que cette réforme sera appliquée...
Oui, c'est ce qu'il dit. Comme le disait à l'époque Gilles de Robien (l'ancien ministre de l'Education) pour le CPE. En même temps, comme Xavier Darcos n'arrête pas de crier sur les toits qu'il ne lâchera pas, c'est aussi quelque part qu'il a peur, car au fond, il sait que nous sommes déterminés.

Comment arrivez-vous à gérer votre vie de lycéenne et de militante à la FIDL ?
Ces temps-ci, c'est difficile car je suis sur Paris et je rate des cours. Mais bon, j'aurai le temps de rattraper mon retard

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