Projet Femmes photographe Cillia Cabrini
Benjamin Roure

À Lyon, une séance photo pour montrer aux femmes leur beauté naturelle

Le projet "Femmes", qui se concrétisera par un livre et une exposition, veut mettre en valeur les femmes telles qu'elles sont, sans artifice.

Projet Femmes photographe Cillia Cabrini (lundi 03 juin 2019)

Benjamin Roure
La photographe Cillia Ciabrini tente de mettre à l'aise Alixyia, modèle d'un jour.

On se presse tranquillement dans le grand espace de In-Sted, rue de la Part-Dieu (Lyon 3e), tout près des quais du Rhône. Quelques personnes boivent un verre sous les verrières, mais l'attraction principale de ce samedi est installée au fond, derrière le bar. Une paire de projecteurs, un textile noir. C'est tout ce qu'il faut à la photographe lyonnaise Cillia Ciabrini pour prendre ses clichés. Loin des clichés.

"L'idée du projet "Femmes" est de casser l'image de la femme parfaite, explique-t-elle. On a toutes des défauts, des qualités, aucune n'est moins bien qu'une autre. Il faut rendre à la femme sa beauté naturelle." Ce projet artistique a germé dans l'esprit de Gildas Coric. "En tant que photographe, je recevais beaucoup de messages de femmes intéressées par faire un shooting, mais qui n'osaient pas parce qu'elles avaient peur qu'on se moque d'elles. Cela m'a interpellé. Et en tant que papa de deux petites filles, je souhaite qu'elles ne se sentent pas limitées plus tard par l'image qu'on leur renvoie d'elles-mêmes."

Projet Femmes photographe Cillia Cabrini ()

Benjamin Roure
L'idée est de venir comme on se sent bien, et de prendre la pause qu'on veut.

Sans maquillage ni retouche

Entièrement bénévole et autofinancé, son projet consiste à proposer à n'importe quelle femme de se faire tirer le portrait, dans la tenue et la pose qu'elle souhaite, sans maquillage additionnel ni retouche a posteriori. Et sans rémunération, bien entendu. L'objectif est de montrer la diversité, loin des canons des magazines de mode.

Alixya, 28 ans, garde d'enfants à domicile, s'est inscrite sur l'événement Facebook du shooting lyonnais, un des multiples organisés en France depuis janvier. Avec sa tresse et ses lunettes, elle pose sagement, un peu raide, devant l'objectif 35 mm de Cillia Ciabrini. Puis finit par sourire et se détendre un peu. Une, deux, trois, quatre images… C'est dans la boîte. Au tour de sa copine Marie, étudiante de 25 ans. Et ainsi de suite. "C'est important de montrer la diversité de la femme, alors qu'on ne voit partout que des mannequins toutes identiques", estime Alixya. Une trentaine de modèles d'un jour sont passés dans la matinée, le même nombre est attendu pour l'après-midi. Au final, sur l'ensemble des séances en France (il y en a une au même moment à Lille), ce seront un millier de visages qui seront réunis dans un livre prévu pour décembre et une exposition, dont le lieu est encore inconnu mais qui se voudra immersive.

Projet Femmes photographe Cilla Babrini (lundi 03 juin 2019)

Benjamin Roure
Quelques prise de vue suffisent à trouver le bon portrait. Qui sera passé en noir et blanc, mais les visages ne seront pas retouchés.

"Je ne me sens pas féministe, mais profondément égalitariste"

"Le cahier des charges de Gildas Coric était léger : un fond noir, un portrait en noir et blanc avec flash, détaille Cillia Ciabrini, graphiste freelance et photographe spécialisée dans les mariages et les portraits de familles. L'idée est d'avoir quelque chose de sobre et lumineux, sans artifice, pour évoquer la finesse et la délicatesse, car c'est aussi ça l'image de la femme." Comme les autres photographes du projet, elle s'est investie par conviction. "Ce n'est pas un nouveau féminisme : même si j'ai conscience de participer à la cause du droit des femmes, je ne vois pas ce projet comme une lutte." Gildas Coric abonde : "Je ne me sens pas féministe, mais profondément égalitariste. Tout le monde doit pouvoir être et paraître comme il le souhaite, hors du diktat des apparences. Quand on sait que des gamines de 13 ans en viennent à se suicider parce qu'on se moque de leur physique, on se dit qu'il faut faire quelque chose. Et pas n'importe comment, car c'est trop important. J'espère que notre projet pourra servir d'élément de réflexion."

Pour en savoir plus : le site du projet "Femmes".

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