Le drapeau ukrainien flotte sur la place Bellecour, lors d’un rassemblement contre la guerre le 27 février 2022.

À Lyon, face au casse-tête de l'accueil des réfugiés Ukrainiens

À Lyon, l'accueil des réfugiés ukrainiens suscite déjà des difficultés au niveau logistique pour les structures compétentes. Face à l'urgence, l'association lyonnaise Forum Réfugiés-Cosi, chargée du dispositif de premier accueil, se réorganise tant bien que mal.

Chaque jour, de nouvelles familles ukrainiennes arrivent à Lyon dans l'espoir de trouver un endroit où poser leurs valises. Depuis l'éclatement de la guerre en Ukraine fin février, elles sont accueillies par deux personnes de l'association Forum Réfugiés Cosi dans le 7e arrondissement, au niveau de l'avenue Garibaldi. Ces deux guichets font office de première étape obligatoire avant que les dossiers ukrainiens ne soient traités par la préfecture du Rhône. Mais face aux files d'attente toujours plus longues, l'association se réorganise pour permettre une meilleure coordination.

Un besoin urgent de personnel

"On doit mobiliser des moyens importants face à toutes ces arrivées, lâche Jean-François Ploquin, directeur général de Forum Réfugiés-Cosi. Des recrutements sont en cours mais ça n'est pas une tâche facile". Le directeur précise qu'il est compliqué de recruter dans le travail social actuellement, au risque de "déplumer les autres services où parfois le taux de rotation peut être déjà très haut". Les Ukrainiens s'ajoutent également à une  file active "ordinaire" de demandeurs. La structure accueillent déjà énormément de demandeurs d'asile en plus d'assurer quotidiennement l'accompagnement juridique et social. Pour répondre au mieux à la demande, un numéro dédié à l'orientation en préfecture a été très largement communiqué. Seulement, le nombre d'appels est tellement important que la messagerie est constamment bloquée.

Une "fausse bonne idée", dont Jean-François Ploquin souhaite se défaire au plus vite en appelant les personnes concernées à adresser leurs demandes par mail (ukraine@forumrefugies.org). De cette façon, l'association traitera d'abord les questions fréquentes avant d'apporter des réponses individuelles. Forum Réfugiés rappelle également que d'autres structures , comme la Croix-Rouge, peuvent orienter les personnes demandeuses d'hébergement d’urgence. L'association appelle également les publics concernés à se diriger à la Structure du Premier Accueil des Demandeurs d’Asile pour les réfugiés Ukrainiens du Forum Réfugiés-Cosi à Lyon (Spada, NDLR). Elle ouvre à 8h45 et ferme à 17h30 les lundis et mardis. Du mercredi au vendredi, elle ouvre entre 8h30 et 12h30.


"Ce qui est assez paradoxal car notre but premier est de faciliter l'accès...et nous ne sommes pas dimensionnés pour", Jean-François Ploquin, directeur général de Forum Réfugiés.


Depuis que la guerre fait rage dans l'est de l'Europe, les services de l'association sont bouchés par le flux incessant des demandeurs. Il faut compter entre 40 et 45 minutes d'attente pour recevoir une personne "en faisant vite", estime Jean-François Ploquin. Suite à quoi ces personnes sont redirigées vers la préfecture du Rhône, où leur sera délivré, séance tenante, une autorisation provisoire de séjour et donc la possibilité de pouvoir travailler. L'association mise ainsi davantage sur la recherche de nouveaux locaux permettant un accueil du public dans de meilleures conditions. Et cela passera forcément par une collaboration rapide et efficace avec les pouvoirs publics, selon l'association. "On est dans l'esquisse d'une solution à très court terme. Il est vrai qu'aujourd'hui il y a un goulot d'étranglement au niveau de notre plateforme. Ce qui est assez paradoxal car notre but premier est de faciliter l'accès...et nous ne sommes pas dimensionnés pour", résume le directeur général de l'association.

Impossible de chiffrer le nombre de ressortissants ukrainiens arrivés dans le Rhône depuis le début de l'exode vers l'Ouest de l'Europe. Principale raison,  l'essentiel des personnes sollicitant la plateforme étaient en situation de transit jusqu'à la semaine dernière. "Elles arrivaient à Lyon et repartaient vers le Portugal ou l'Espagne, raconte Jean-François Ploquin. Désormais, ces populations s'arrêtent dans le Rhône pour y trouver cette sécurité dont ils ont besoin. C'est de l'ordre de plusieurs centaines".

Voir : 6 minutes chrono avec Jean-François Ploquin, président de l'association qui s'occupe de la prise en charge des réfugiés afghans

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