Tapie

Tapie, la même histoire qu’il y a 20 ans

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Le Crédit Lyonnais, le yacht, l’hôtel particulier, les amitiés politiques à géométrie variable, les démêlés avec la justice, l’Élysée et Marseille en toile de fond… Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (si peu).

On devrait toujours relire ses archives. Ainsi, dans L’Express du 2 au 8 juin 1994, peut-on retrouver à la virgule près la même histoire que celle qui se déroule aujourd’hui, et qui a enrichi Bernard Tapie dans des proportions gigantesques. Sous la plume d’un certain Georges Valance, on peut lire ainsi : "Entre la justice et Bernard Tapie, entre les créanciers et leur débiteur, entre l’establishment et le bateleur médiatique, une terrible course de vitesse est engagée. “C’est incroyable, commente un grand banquier : Tapie est libre et Pineau-Valencienne est en prison !” L’argent, en effet, est au cœur du système Tapie. Si Tapie est devenu le premier “audimateur” de France, c’est parce que, en plus de sa “gueule” et de son bagou, il apporte du rêve et – chose rare en France – le spectacle de l’argent décomplexé."

Décomplexé : le mot sera repris quinze ans plus tard par celui qui deviendra son grand ami, Nicolas Sarkozy, et qui avait un plan pour propulser l’homme d’affaires sulfureux à la tête de la Ville de Marseille, le rachat de 50 % de La Provence devant servir de rampe de lancement commune. Las, l’affaire est en train de tourner court. Pour les deux amis d’ailleurs, car c’est un secret de Polichinelle, M. Sarkozy tente un retour (est-il jamais parti ?) et se voit à nouveau président de la République en 2017, tant, comme il le dit régulièrement à certains de ses visiteurs bavards, les autres politiques, tous camps confondus, seraient à côté de lui "des connards incompétents".

Poursuivant son analyse, le journaliste de L’Express conclut : "Le tout est de savoir combien de temps ce soutien, cette identification au mythe Tapie résisteront à l’accumulation des affaires qui – comme avec le déménagement vespéral des meubles – frôlent de plus en plus souvent le fait divers. Si cette identification devait se poursuivre, ce serait le signe que notre démocratie est plus malade qu’on pourrait le penser. Et qu’approche le temps des démagogues qui sont populaires non malgré leurs travers, mais précisément à cause d’eux. Espérons que nous n’en sommes pas encore là ou qu’alors nos dirigeants commencent au moins à se poser ces questions."

Tout commentaire serait superflu. On devrait toujours relire ses archives.

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Page 66 de L'Express (2/06/94)
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Page 68 de L'Express (2/06/94)
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