COMMENT VOYAGER SANS SORTIR DE LYON

avec 237 restaurants étrangers, la capitale mondiale de l'andouillette et du "p'tit jésus" donne dans la cuisine ethnique. On compte d'ailleurs plus de gargotes asiatiques que de bouchons ! Petite sélection.

Sivasivaa - Inde

Ganesh nous est tombé sur la tête

On est tombé sous le charme de Sivasivaa, un petit restaurant indien, perdu dans le quartier de Vaise. L'adresse ne paie pas de mine, c'est sûr. Mais quand on y est, on entre quasiment en lévitation sous les odeurs de tamarin, de garam massala (curry indien), de badiane, de coriandre, d'anis étoilé et de canelle.
Sivakumar Velmourougiane prépare la cuisine de son pays avec beaucoup d'esprit : curry de lamelles de calamars, rôti de fenouil et tomates séchées, gros quartiers de dinde façon tikka cuits au tandoori et servis avec une huile vierge, jarret d'agneau confit de 5h, pommes de terre grenaille, jus de cuisson réduit au curry, sauté de biche aux oignons, jus corsé, julienne de topinambours et châtaignes ou la traditionnelle soupe au tarka daal (légume rouges), mélangée aux graines de cumin, brochettes de noix de St-Jacques. Le tout accompagné de boulimiques galettes de fromage. Et chose inattendue : les desserts plutôt épatants.
36, rue de Bourgogne. 9e. 04 72 85 00 92. Fermé le dimanche. Menus à partir de 9,5 euros.

Via Toscana - Italie

Buona cucina

L'ancien appartement bourgeois fleure bon l'Italie. Il faut dire qu'Axelle Mauram, 28 ans, a un gros faible pour la Toscane. Du coup, elle en a fait un restaurant (de l'appartement, pas de la Toscane !). Au 1er étage, ambiance parquet, cheminées et nappes blanches et, au rez-de-chaussée, bistrot et coin épicerie fine des plus alléchants. Si l'on devait résumer, Via Toscana c'est une "cuisine de tous les jours avec de beaux produits frais de là-bas". Au menu, petits farcis piémontais et leur risotto, escalope gratinée au parmesan, risotto à la pancetta, tomates confites, spaghetti à l'encre de seiche, saltimboca et gnocchis, baba au limoncello, panacotta au coulis de framboise, tiramisu, salades des quatre coins de l'Italie.
35, rue Pierre Corneille. 6e. 04 78 24 99 43. Formules entrée + plat à 10 euros. Uniquement à midi.

Minanee - Corée

Cuisine acrobatique

En allant dîner chez Minanée, on est arrivé à se demander si le cuisinier n'était pas sous amphétamines ! A le voir, au-dessus de la plaque chauffante installée au milieu de la table, secouer sa salière et son poivrier comme un nunchaku ; tailler, trancher, ciseler la viande et le poisson avec la rapidité d'un Bruce Lee (le couteau en plus), un doute nous a assailli. Pourtant, il n'en était rien. Le chef cuisinier qui officiait devant nous était passé maître dans l'art du teppanyaki (en japonais, littéralement "grillé sur une table de fer"), un type de cuisine japonaise où les ingrédients sont cuits sur une plaque chauffante, disposée, la plupart du temps, au milieu des convives. Les filets de bœuf, les crevettes grises, les coquilles Saint-Jacques, le tofu et les demi-langoustes sautent sur la grande plaque en fer, pendant que le chef cuisinier se livre à des katas acrobatiques et pyrotechniques. Les queues des crustacés s'élèvent en l'air pour atterrir dans le chapeau du chef, les lumières s'éteignent et hop ! une flambée d'un mètre de haut embrase la table, les tranches de tofu subissent les coups répétés des couteaux, les giclées de saké ardent, dans une série de jonglages frénétiques.
Si la cuisine est bonne sans vous étourdir de plaisir, le spectacle vaut le coup d'oeil. D'autant qu'au pays du Soleil Levant, la dimension exhibitionniste n'existe pas, celle-ci ayant été inventée aux Etats-Unis par la chaîne de restaurants Benihana.
13, quai de la Pêcherie. 2e. 04 78 27 35 49.
Menus à partir de à 22 euros.

Ouarzazate - Maroc

Le couscous comme là-bas

On entre au rythme des tambourins et des derboukas. Des fragrances de rose d'Amassine chatouillent les narines. Quelques petits palmiers rajoutent au dépaysement. La sinistrose de la rue Longue est déjà loin. Bienvenue à Ouarzazate, délicieuse oasis marocaine de la Presqu'Ile.
Guerrouane gris "Les Trois Domaines" sur table, place aux spécialités maison pasillas, et pas moins de 5 couscous différents (dont l'extra et traditionnel "7 légumes") et 12 tajines, la spécialité du Maroc (avec un remarquable "coings et miel" cuit pendant 3 heures). "Je prône la tradition et le terroir" martèle Mima Joundi, propriétaire et cuisinière de Ouarzazate. Les recettes sont celles des grand-mères marocaines, les produits sont frais. Et ça se sent : l'agneau fond en bouche, la semoule est légère, les légumes ont un vrai goût de légume.
On termine par un thé à la menthe (en attendant le thé à la rose pour cet été) et quelques petites sucreries de là-bas (cornes de gazelle, briwat aux amandes, baghrir, sefa, etc). Shwa tayba !
5, rue Longue (1er). 04 78 30 15 46.
Tajines et couscous à 14,9 euros.

Messob - Ethiopie

Avec les doigts

"La légende raconte que dans la ville de Kefa, au sud de l'Ethiopie, un berger se reposait avec ses chèvres. Il mâchait des feuilles. C'était des feuilles de caféier. Le berger s'est trouvé un peu bizarre, un peu excité. Pendant qu'il mangeait, une graine est tombée de sa bouche. Elle a atterri dans le feu et a grillé. Le café était né." Si vous aimez les histoires, prenez la tangente et filez au 85, rue Masséna. Rien que pour ça, le Messob, vaut le détour. Au milieu d' objets d'art, l'unique restaurant éthiopien de Lyon est un aller-retour étonnant dans l'un des pays souverains les plus vieux au monde, berceau de la reine de Saba et du roi Salomon. C'est la découverte d'une autre culture culinaire : on partage le plateau de viandes et de légumes avec les convives de sa table. Pas de couverts, on mange avec les doigts, en prenant des bouts de crêpe (ingéra, galette qui sert de base à tout plat éthiopien) et de doro wot (poulet et oeufs durs avec sa sauce rouge aux oignons fondus), de misir (lentilles corail mijotées, assaisonnées d'épices), de minchet abish (bœuf haché avec une sauce safran, épices et oignons), ou d'aib (fromage blanc de vache).
Arrosez de kouttie (boisson chaude à base de feuilles de café et épices) et laissez-vous bercer par les us et coutumes d'Ethiopie.
85, rue Masséna. 6e. 04 78 24 25 75.
Plateau convivialité : 15 euros.

Les Filaos - Réunion

Pour les grandes "Z'oreil"

A défaut de pouvoir partir à La Réunion, La Réunion vient à nous. Sur la dizaine de restaurants des Iles que compte Lyon, Les Filaos est certainement le plus convivial. Ne serait-ce que pour son patron, un vrai gars de là-bas, fort en gueule, en bonnes blagues et costaud sur les tournées de rhum arrangé, l'une des spécialités locales. Du coup, on se sent comme chez soi, notamment quand viennent les beaux jours : la petite terrasse, place Fernand Rey, se transforme en joyeuse guinguette épicée. A grands renforts de samossas, de boulettes de morue, de filets de poisson au citron vert, d'achards de légumes, de bouchons, de cabri au massalé, de calamars à la créole ou de rougail de boucané (poitrine et côtes de porc salées et fumées au feu de bois, cuits dans une sauce à base d'oignons, de tomates et de piment vert). Une bonne cuisine maison qui fera découvrir aux "Z'oreil" la gastronomie créole de l'Ile de la Réunion. Mi aime a ou !
1, place Fernand Rey. 1er. 04 78 28 67 60. Uniquement le soir.

Matsuri - Japonais

Sushi tournant

Au pays du Soleil Levant, les kaiten sushi (littéralement "sushi qui tourne") sont de petits bistrots de quartier. Car contrairement à une idée reçue, on ne mange pas assis sur un tatami devant une table basse, mais autour d'un kuru-kuru sushi (tapis roulant). Un comptoir circulaire central supporte un convoyeur façon aéroport sur lequel défilent, non pas des valises, mais de petites assiettes de sushis, makis, sashimis, norimakis, de california rolls, de croquettes de poulet karaage, de crevettes panées, de brochettes yakitori, de salades et desserts... Bref, tout ce que la cuisine japonaise familiale a de plus traditionnel. Il suffit alors d'écarquiller les yeux, d'être rapide et de piocher sur le kuru-kuru sushi (le tapis, donc) le plat qu'on souhaite déguster. On arrosera tout ça avec du thé, ou, pour les moins sobres, du saké Takara Sho Chiku Bai ou de la fameuse bière Asashi. Matsuri est le premier restaurant japonais à avoir importé le concept en Europe. Cette nouvelle façon de manger a débarqué il y a trois ans à Lyon, rue de la Fromagerie (Lyon 1er), près de l'église Saint-Nizier. Pour les accros à la cuisine nippone, Matsuri propose également des livraisons à domicile de plateaux composés. Sans le tapis roulant.
7, rue de la Fromagerie. 1er. 04 78 27 83 06 – 109, cours Lafayette. 6e. 04 37 24 74 90. De 3 à 6 euros l'assiette. Ouvert le dimanche.

CARNET D'ADRESSES

Les Chats Siamois (Thaïlande)
Sans doute le thaï le plus fin de Lyon.
4, Petite rue des Feuillants. 1er.

Le Timgad (Algérie)
Délicieuses spécialités algériennes.
12, rue de l'Epée. 7e.

Hong Ha (Vietnam)
Un ovni vietnamien en plein coeur du quartier Saint-Jean, repère à "bouchons" traditionnels lyonnais.
21, rue Saint Jean. 5e.

Minh Huy (Vietnam)
Certainement le meilleur bo bun de la ville. Les Vietnamiens se donnent RDV ici.
15, rue d'Aguesseau. 7e.

Petit Grain (Vietnam)
Un favori vietnamien de la rédaction.
9, rue de la Charité. 2e.

New Delhi (Inde)
Curry et massalas à tomber de St Jean.
5, avenue du Doyenné. 5e.

Rivière Kwaï (ThaÏlande)
Bonne adresse qui revisite les grands classiques de la cuisine thaï.
7, rue Chavanne. 1er.

Le Bon coin (Arménie)
Keuftés, feuilles de vignes, baesterma, ou délicieuses aubergines farcies.
15, rue Vauban. 6e.

La Mangue amère (Afrique)
L'Afrique (Sénégal) sur un plateau. Plutôt pas mal.
7, rue du Jardin des Plantes. 1er.

Friterie Marti (Portugal)
Une institution. Le mercredi, c'est spécial Portugal !
4, grande rue de la Guillotière.7e.

Restaurant du soleil chez Kadded (Algérie)
Cuisine traditionnelle algérienne très bien travaillée.
26, rue Villeroy. 3e.

Tartufo (Italien)
Le meilleur italien de Lyon. Nul doute possible. Midi.
37, rue Sainte-Hélène. 2e.

Storia Nostra (Italien)
Une excellente cuisine méridionale italienne.
1, rue Pierre Larousse. Villeurbanne.

Blue Elephant (Thaïlande)
Très bonne adresse thaï de la Cité Internationale.
70, quai Charles de Gaulle. 6e.

Kun Yang (Chine)
Un chinois dans le 1er.
12, rue Neuve. 1er

Chez Terra (Japon)
Une remarquable cuisine nippone.
81, rue Duguesclin. 6e.

Lyon Dakar (Sénégal)
Le seul resto sénégalais de Lyon, au coeur du quartier des "tirailleurs".
227, rue de Crequi.

Sapori e colori (Italien)
Une cuisine traditionnelle italienne formidable.
4, rue de la Martinière. 1er.

Le Petit Persan (Iran)
Excellentes brochettes de poire de boeuf et yahourt à l'ail.
8, rue Longue.1er.

Datcha Delhi (Russie)
Epicerie russe, produits de la mer et vodka. Da !
121, rue de Sèze. 6e.

Best Bagels (USA)
Les meilleurs sandwichs typiquement américains.
1, place Tobi Robatel.1er.

Chères cousines (USA)
Epicerie-pâtisserie US.
23, rue Bugeaud. 6e.

Blue Bayou (Louisiane - USA)
Dépaysant détour en Louisiane et sa cuisine cajun.
10, rue Bonald.7e.

Layalina (Liban)
Houmous, kafta et taboulé très réussis dans les ruelles du Vieux-Lyon.
12, rue Juiverie. 5e.

Soleil de Tunis (Tunisie)
Pour un bon couscous tunisien servi à l'amicale.
6, rue Neuve. 2e.

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