JO de Rio : Paul Omba-Biongolo, le King du ring

Alors que la compétition de boxe commence ce samedi aux JO de Rio, portrait de Paul Omba-Biongolo, le jeune prodige lyonnais du Boxing Lyon United qui entrera en lice ce lundi à 18h45 contre l'Azéri Abdulkadir Abdullayev.

Le jeune boxeur du Boxing Lyon United Paul Omba-Biongolo, 20 ans, est l’une des grandes chances de médaille lyonnaises. Au premier abord, Paul Omba-Biongolo n’est pas le genre de personne à vous sauter dans les bras. Pas très loquace, le boxeur du Boxing Lyon United préfère adopter une attitude d’observateur. “Je suis quelqu’un de tranquille, de posé”, explique-t-il timidement. Son entraîneur, Kamel Hasni, lui-même ancien boxeur de haut niveau, développe davantage : “C’est un jeune homme réservé, limite nounours. Par contre, une fois sur le ring, c’est une tout autre personne. C’est un lion.

Amita Omba-Biongolo, lui aussi ancien boxeur, valide complètement les propos du coach de son fils : “Même lorsqu’il était petit et même adolescent, il n’était pas bagarreur du tout, confie-t-il. Il est très discret, pas du genre à se mettre en avant.” Et pourtant, Paul Omba-Biongolo est devenu en à peine un an et demi, en glanant un titre de champion de France en 2016 et une qualification pour les JO, un boxeur qui compte dans la catégorie reine des poids lourds. Pour comprendre l’évolution si rapide de ce gaillard de 1,89 m, un retour en arrière s’impose.

"Dans son regard, tu vois qu’il a la haine de la défaite. Il a tout pour lui : il est fort physiquement, une certaine aisance technique...”

Dès son plus jeune âge, Paul Omba-Biongolo a baigné dans une atmosphère sportive. “Depuis tout petit, je l’emmène au sport pour lui forger son esprit”, indique son père. À Vienne, sa ville d’origine, le jeune boxeur a d’abord essayé le full contact, le judo, la boxe et le rugby avant de finalement décider de faire carrière dans la boxe. Six mois après un combat contre Ali Wassil, un boxeur licencié au Boxing Lyon United, Paul Omba-Biongolo, qui s’interroge sur son avenir dans la boxe, décide de contacter Kamel Hasni, le coach du club lyonnais. Le courant passe d’emblée. “Il voulait arrêter la boxe et allait choisir le rugby par défaut, se souvient Kamel Hasni. Lorsqu’il avait combattu notre boxeur, je l’avais de suite remarqué. Dans son regard, tu vois qu’il a la haine de la défaite. Il a tout pour lui : il est fort physiquement, une certaine aisance technique...” Des qualités idéales pour réussir au plus haut niveau dans le noble art. “Ce n’est pas un hasard, car il avait ça en lui, insiste Amita Omba-Biongolo. Kamel lui a donné un coup de pouce. À son âge, un gamin traîne avec ses amis à la Part-Dieu, lui il s’amuse en boxant.

Malgré un physique à son avantage et un mental d’acier, Paul Omba-Biongolo a été contraint de cravacher pour atteindre son niveau actuel. En rejoignant le Lyon Boxing United, il s’entraîne deux fois par jour à raison de quatre heures. “C’était dur, les entraînements, il a fallu s’adapter, avoue le jeune homme. Je savais que j’avais des qualités, mais il me manquait le travail. Mais c’est le lot de tous les sportifs de haut niveau, il y a des sacrifices à faire. Contrairement aux jeunes de mon âge, je ne peux pas manger ce que je veux, sortir en soirée les week-ends...” Grâce à ses victoires, Paul Omba-Biongolo est devenu le porte-drapeau de son club. Son premier fan n’est autre que son petit frère de 11 ans, Mathias, qui prend un malin plaisir à imiter son aîné dans les moindres gestes. “Par mes performances, souligne ce dernier, je suis un exemple pour les plus jeunes du club, donc j’essaie d’être proche d’eux, de me rendre disponible.

“Une médaille ferait un grand bien au Boxing Lyon United”

Les succès sportifs de Paul Omba-Biongolo et cette qualification pour les JO de Rio ont permis de mettre un coup de projecteur sur le Boxing Lyon United. Un club qui, en trois ans d’existence, connaît un fort engouement (il compte 300 adhérents) et doit refuser du monde en raison du manque d’infrastructures. À telle enseigne que Paul Omba-Biongolo a été obligé de s’entraîner dans un garage avant de pouvoir bénéficier d’un ring dans un gymnase de la ville de Lyon jusqu’à son départ pour le Brésil. Quoi qu’il en soit, “une médaille ferait un grand bien pour le club”, espère Kamel Hasni.

Assis juste à côté du coach, Paul Omba-Biongolo, jusqu’ici plutôt silencieux, intervient : “Je peux le faire, je peux le faire.” À Rio, compte tenu de ses performances lors des matchs qualificatifs, Paul intégrera directement la compétition en huitièmes de finale. Il aura donc deux combats à disputer pour espérer gagner une médaille. Le mot de la fin revient à Amita Omba-Biongolo, qui a un message à faire passer : “Je vais vous faire une révélation : lorsqu’il avait trois ans, une personne m’a dit que mon fils serait un grand bonhomme. Alors vous verrez, ça sera historique. Je vois une médaille d’or. Et si je me trompe, vous pourrez écrire que son père a dit des bêtises.

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