François de Rugy est-il la caution écologique d'Emmanuel Macron ?

François de Rugy a participé à la primaire de la Belle alliance populaire, où il a fait moins de 4 %, et s'était engagé à soutenir le vainqueur, Benoît Hamon. Mercredi 22 février, le candidat du parti écologiste a finalement annoncé sur Franceinfo son soutien à Emmanuel Macron. Le candidat d'En Marche ! ne fait pas figure d'écologiste convaincu, pourtant Alain Giordano, adjoint au maire de Lyon en charge des espaces verts et secrétaire national du parti, affirme qu'il est le "seul candidat susceptible de répondre positivement aux grands défis écologiques de notre pays."

"Les idées que j’ai défendues dans la primaire sont plus proches de celles défendues par Emmanuel Macron que de celles défendues par Benoît Hamon", a déclaré, mercredi 22 janvier, François de Rugy sur Franceinfo. En dépit des règles de la primaire, qui l'obligent à soutenir le vainqueur, François de Rugy choisit donc de rallier le mouvement En Marche !

Un soutien qui a de quoi étonner

Il y a un mois pourtant, avant le premier tour de la primaire de la gauche, François de Rugy affirmait sur France24 : "Emmanuel Macron ne parle pas d'écologie." Avant d'ajouter : "Quand il était ministre de l'économie, non seulement il n'allait pas dans le sens de l'écologie mais il était plutôt sur l'ancien monde. C'était le nucléaire, le diesel, l'extraction des sables dans la baie de Lannion..."

Revirement, lorsque les résultats de la primaire tombent, François de Rugy appelle Benoît Hamon à engager le dialogue avec le candidat d'En Marche ! La semaine dernière le candidat du parti écologiste rencontre Emmanuel Macron dans son QG de campagne. Puis, à l'issue d'une réunion du bureau politique du parti, qui s'est tenue mardi 21 février, le député de la Loire-Atlantique se décide à le soutenir dans la course à la présidence de la République.

Dans un communiqué, Alain Giordano, secrétaire national du parti, et Martial Athanaze, délégué départemental du Rhône, affirment qu'Emmanuel Macron est le "seul candidat susceptible de répondre positivement aux grands défis écologiques de notre pays."

"Nous ne serons pas la caution écologique d'Emmanuel Macron"

Alain Giordano, également adjoint à la ville de Lyon, admet que jusqu'ici "Macron n'avait pas dans son discours de vrais propos écologiques". Il ne voit aucun paradoxe pourtant à le soutenir. "Nous ne serons pas la caution écologique d'Emmanuel Macron. Nous sommes associés à l'écriture du programme", affirme-t-il. Hors de question de changer de position sur la sortie du nucléaire ou l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. "Nous sommes pour une écologie d'action que l'on retrouve chez Emmanuel Macron", résume l'adjoint au maire de Lyon en charge des espaces verts, très critique à l'égard d'Europe Écologie Les Verts, que François de Rugy et lui-même ont fini par quitter l'un après l'autre.

Au sein du parti écologique, les points de convergence avec Emmanuel Macron sont nombreux. François de Rugy affirme d'abord ne pas être "dans une logique de parti". "Notre mouvement est jeune et se positionne en dehors des logiques d'appareil", confirme Alain Giordano. Le programme économique du candidat d'En Marche ! est également proche des positions de François de Rugy, qui est apparu comme un candidat de centre-gauche lors de la primaire. Le parti écologiste fait surtout le pari d'Emmanuel Macron face à la montée inexorable du Front National. "Emmanuel Macron est le seul candidat en mesure de s'opposer au Front National qui a pour ambition de réduire l'emprunte écologique", conclut Alain Giordano, qui précise tout de même qu' "Emmanuel Macron n'est pas encore le candidat de l'écologie."

François de Rugy s'oppose fermement à Benoît Hamon

En réalité, c'est surtout la victoire de Benoît Hamon qui a poussé le candidat écologiste vers le leader d'En Marche ! François de Rugy n'a jamais caché son aversion pour le programme du candidat PS, jugeant son volet économique "irresponsable"."C’est inconcevable de défendre le revenu de base", a-t-il affirmé sur Franceinfo.

En cause également, les choix d'alliances du vainqueur de la primaire, qui a préféré se tourner vers Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Pour le candidat écologiste, Benoît Hamon veut "reconstituer une forme de gauche rouge-verte, une gauche qui a été dans l'opposition ces cinq dernières années". "Ce n'est pas le rassemblement tel que je le concevais", regrette-t-il.

Selon Alain Giordano, deux visions de la gauche et de l'écologie s'opposent. "Benoît Hamon se tourne vers la gauche de la gauche, y compris en matière d'écologie, affirme-t-il. Nous défendons une vision progressiste en dehors des partis et une écologie pragmatique." Une alliance pas si étonnante donc lorsque l'on prend la mesure de ce qui oppose François de Rugy au candidat du PS.

Benoît Hamon fait tout de même mine de s'étonner, affirmant lors de l'émission "Questions d'info" que, "sur le fond du projet écologiste", il ne "voi[t] pas bien la cohérence" de ce ralliement.

Les commentaires sont fermés

Faire défiler vers le haut