Diderot-d’Alembert, le roman de l’Encyclopédie


Par Alexandrine Dhainaut
Publié le 17/02/2014  à 10:23
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Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, 1752 (impressions d’après gravures).
Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, 1752 (impressions d’après gravures).

Un couple, un projet titanesque, des détracteurs, une séparation, des accusations de plagiat… Tous les ingrédients d’un roman étaient réunis pour que l’entreprise Diderot-d’Alembert et leur fameuse encyclopédie entre dans la légende.

“Des savoirs et des images”, l’exposition proposée par la bibliothèque Diderot de l’ENS Lyon, revient sur les chapitres de cette histoire.

 

Recenser le monde

Planches de l’Encyclopédie, 1752 (impressions d’après gravures)

Si l’on fait abstraction de l’aspect scolaire de l’accrochage répétitif des ouvrages sous vitrine et linéaire à l’étage (on ne saurait leur en vouloir, une bibliothèque n’a pas l’espace ni les moyens d’un musée) et que l’on prend le temps de lire les nombreux cartels, le sujet a de quoi passionner le visiteur du XXIe siècle. D’une part par l’idéal intellectuel et l’universalisme qui se dégagent du projet énoncé dans un manifeste dès 1750 – porter à la connaissance de tous (enfin, des gens lettrés) un savoir grâce à un “dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers” – mais aussi par l’objet concret de l’ouvrage : recenser le monde.

Perfection des planches

Planches de l’Encyclopédie, 1752 (impressions d’après gravures)

Même si la mode était aux dictionnaires, l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert fut la première française à voir le jour et relève d’un travail rédactionnel vertigineux (entreprise d’autant plus émouvante lorsqu’on songe aux moyens de l’époque). Car cet inventaire du réel devait passer non seulement par les mots (définitions et descriptions détaillées des gestes et objets) mais aussi par l’image, illustrant leur forme et application dans leur contexte d’utilisation.

Les nombreuses planches (réalisées à partir de gravure sur plaque de cuivre, dont l’exposition montre un exemple) qui accompagnaient les textes sont fascinantes de soin et de détails, fruit de nombreuses retouches pour atteindre une perfection qui souffle littéralement une fois imprimées. On s’émeut devant le graphisme d’une planche de peignes ou d’outils qui n’existent sans doute plus mais dont on apprécie simplement les formes.

Que reste-t-il de l’Encyclopédie ?

Il aura fallu plus de vingt ans, dépasser la censure et les nombreux obstacles pour voir s’achever en 1772 le dernier volume de l’encyclopédie D/D, qui comptera au total 17 volumes de textes et 11 de planches. Qu’en est-il resté ? L’exposition y répond aussi, en suivant les effets de l’Encyclopédie dans le temps, jusqu’aux contemporains à l’étage de la bibliothèque.

Historien d’art, écrivain, biologiste, philosophe ou encore mathématicien ont été invités à gloser sur une planche de leur choix, pour un résultat pédagogique, pertinent et passionnant.

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Des savoirs et des images – Nouveaux regards sur l’Encyclopédie. Jusqu’au 31 mars (du lundi au vendredi 9h-19h, samedi 9h-17h), à la bibliothèque Diderot (ENS, avenue Jean-Jaurès, Lyon 7e/Gerland). Entrée libre. Visite commentée tous les mercredis à 14h30.

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Cet article est paru dans le cahier Culture de Lyon Capitale 729 (janvier 2014).

 

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