Platel + Giselle
© Christophe Raynaud de Lage / Yacobson Ballet (montage LC)

Maison de la danse : une saison 2015-2016 exceptionnelle !

Avec une programmation augmentée et 20 nouveaux venus sur 40 spectacles présentés, Dominique Hervieu propose aux Lyonnais une saison extrêmement bien pensée, qui s’annonce comme sa meilleure.

De G à D : Ballet Flamenco, Eun Me-Ahn, Ballet du Gd Théâtre de Genève, Morning of Owl, Ballet de Sao Paulo, Maguy Marin © L.Castilla/Y.Mo Cheo/G.Batardon/Spin Photo./E.Lock/C.Bricage (montage LC)

© L.Castilla/Y.Mo Cheo/G.Batardon/Spin Photo./E.Lock/C.Bricage
De G à D : Ballet Flamenco, Eun Me-Ahn, Ballet du Gd Théâtre de Genève, Morning of Owl, Ballet de Sao Paulo, Maguy Marin.

New York, la Corée, Maguy Marin… des thématiques

La directrice de la Maison de la danse aime structurer sa programmation autour de thématiques qui trouvent leur logique dans les chemins (découverte et pédagogie) vers lesquels elle veut nous embarquer depuis son arrivée. Maguy Marin revient s’installer à Lyon et quoi de plus naturel que de créer un “Archipel” autour de cette immense chorégraphe, avec trois pièces : May B (photo ci-dessus), chef-d’œuvre d’humanité présenté 700 fois sur les cinq continents, Bit, le meilleur spectacle de la dernière Biennale qui, sur un air de farandole, nous a éclaboussés de sa violence planétaire, et sa dernière pièce, Singspiele, un solo qui questionne ce qu’est l’autre.

Pavement, de Kyle Abraham / Cunningham dansé par le CNDC d’Angers © Steven Schreiber / Patrick André / Wilfried Thierry

© S.Schreiber/P.André/W.Thierry
Pavement, de Kyle Abraham / Cunningham dansé par le CNDC d’Angers.

La thématique autour de New York va nous promener dans ce lieu d’émergence de la postmodern dance vers une créativité recouvrée et le souvenir réactualisé de Broadway et ses comédies musicales. C’est le jeune Kyle Abraham qui semble réveiller la ville avec Pavement, une pièce radicale jouant de la danse classique et urbaine sur un terrain de basket au cœur d’affrontements dans les quartiers noirs.

Merce Cunningham (Event, Deli Commedia Variation) sera interprété par le CNDC d’Angers dont le directeur, Robert Swinston, ancien assistant du maître, s’évertue à faire perdurer la technique et la pensée artistique en voie de disparition. Bells Are Ringing, comédie musicale créée en 1950 à Broadway, devint, après trois ans de succès sur les planches, un film réalisé par Vincente Minelli et chorégraphié par le grand artiste américain Jerome Robbins. La version présentée est celle du metteur en scène lyonnais Jean Lacornerie, décapante, vintage, drôle, faite d’intrigues amoureuses cocasses, avec une mise en scène somptueuse.

Des chorégraphes attendus avec impatience

Danseurs de Kinshasa, chorégraphie d’Alain Platel / Giselle par le Yacobson Ballet de St-Pétersbourg © Christophe Raynaud de Lage / Yacobson Ballet (montage LC)

© Christophe Raynaud de Lage / Yacobson Ballet (montage LC)
Danseurs de Kinshasa, chorégraphie d’Alain Platel / Giselle par le Yacobson Ballet de St-Pétersbourg.

Cette année sera le grand retour d’Abou Lagraa, qui délaisse quelque peu le hip-hop pour une pièce contemporaine, avec la présence sur scène de deux comédiens. Le Cantique des Cantiques lui permettra de réaffirmer ce qui sous-tend son travail : l’amour comme source de résistance au conflit.

Alain Platel sera présent avec un spectacle solaire et musical mettant en scène des danseurs de Kinshasa, sur fond de musique baroque et de mélodies traditionnelles. Le flamenco brillera grâce à la très grande Rafaela Carrasco. Le classique sera porté haut et fort par le Ballet du grand théâtre de Genève avec Casse-Noisette et le Yacobson Ballet de Saint-Pétersbourg avec Giselle. Ce faisant, Dominique Hervieu installe définitivement le classique à la Maison de la danse, de plus en plus plébiscité par les accros au contemporain, désireux de mieux connaître cette culture largement abandonnée en France.

Autour d’une thématique sur la Corée, on assistera à une rencontre très battle et sans doute captivante entre le Pockemon Crew et les stars coréennes Morning of Owl. La chorégraphe Eun-Me-Ahn, à Lyon pour la première fois, fera danser des jeunes et des grand-mères, mêlant modernité, tradition et psychédélique (2e à gauche dans le montage en haut de cet article).

On se serait bien passé de certains artistes, mais pas d’autres !

Si l’on se serait volontiers passé de la troupe brésilienne Grupo Corpo et de ses gesticulations, pour ne rien dire de la branchitude de Hofesh Shechter, mais aussi des Ballets Trockadero de Monte Carlo qui, s’ils font rire, tournent en rond dans leurs parodies de l’histoire de la danse, on se réjouit de découvrir le travail d’autres artistes.

Peeping Tom / Groupe Entorse © Herman Sorgeloos / Virginie Meigné

© Herman Sorgeloos / Virginie Meigné
Peeping Tom / Groupe Entorse.

Ainsi, Edouard Lock, magnifique chorégraphe québécois que l’on ne voit plus hélas, sera dansé par la Sao Paulo Dance Company, le groupe Entorse nous hypnotisera avec ses corps fous et déformés, les Belges de Peeping Tom nous feront rentrer dans la tête d’un vieillard cloué dans sa maison de retraite, en prise avec un rêve surréaliste. Sans oublier de nombreux jeunes qui, dans le cadre du festival “Sens Dessus Dessous”, nous font partager, avec toujours plus de délicatesse, leur recherche sur le mouvement et leurs interrogations sur la danse d’aujourd’hui.

Une programmation généreuse

Il est impossible de citer tous les chorégraphes mais on peut dire que cette programmation est allée chercher les maillages existants ou à créer (si fins soient-ils) entre les artistes et leur approche de la danse. Elle nous révèle aussi des trésors cachés ici et là, par exemple ces danseurs palestiniens chorégraphiés par le Belge Koen Augustijnen.

Sous le signe d’une extrême générosité et du partage de la danse, la programmation de Dominique Hervieu a de quoi régaler (ou réveiller) les spectateurs… toutes générations confondues !

Les présentations publiques de cette saison 2015-2016 ont débuté le 27 avril. Elles se poursuivent mercredi 29, à 15 h et 19h30, et jeudi 30 à 20h30, à la Maison de la danse.

Les autres panoramas de saison :

TNP

Théâtre de la Croix-Rousse

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