Cardinal Philippe Barbarin
© Tim Douet

Nouvelle affaire de pédophilie à Lyon : Barbarin dans la tourmente

Le cardinal Barbarin est dans la tourmente. Après l’affaire Preynat, une nouvelle affaire de pédophilie pourrait enfoncer un peu plus le primat des Gaules.

Le Figaro a révélé ce lundi soir que le cardinal Barbarin n'aurait pas pris de sanctions à l'égard d'un autre prêtre de son diocèse, dénoncé en 2009 par un quadragénaire qui s'est dit victime d'attouchements sexuels survenus deux décennies plus tôt.

Pierre*, cadre dans un ministère, a déposé plainte en 2009 contre le père Jérôme Billioud, pour des faits remontant aux années 1990 quand il était plus jeune à Lyon. "C'est la naissance de ma fille, en 2008, qui m'a fait prendre conscience de tout cela. Je ne pouvais pas m'éloigner d'elle, j'éprouvais toujours le besoin de la surprotéger", a-t-il confié au journal Le Parisien. Convaincu par un médecin, il saisit alors la justice. Les faits se seraient produits dans la chambre de l'hôtel Miramar, durant des vacances à Biarritz. "Le père Billioud a commencé à se frotter et à se masturber contre moi. J'étais très gêné, je ne savais pas quoi faire, j'ai fini par dormir par terre et j'ai fait comme si rien ne s'était passé", explique-t-il au Figaro. Pierre n'en parle à personne. Il a trop honte, se sent trop coupable. Après sa majorité, il retrouve ce prêtre à Lourdes. Dans l’Hôtel de Provence, le religieux essaie de recommencer. "J'ai dit stop, raconte Pierre, mais j'étais une nouvelle fois tétanisé. C'était horrible […] Il avait quinze ans de plus que moi, il était comme un grand frère, un père de substitution."

“Quand on est au courant de tels faits, il faut agir, surtout quand on est en responsabilité. Barbarin en avait le pouvoir”

Quelques semaines avant sa plainte, Pierre aurait tenu à rencontrer le cardinal Barbarin : "Lors de son passage à Paris, nous nous sommes vus à la gare de Lyon. Il m'a dit avoir rencontré le père Billioud, ajoutant que celui-ci avait reconnu que je disais vrai. Barbarin m'a même parlé d'une précédente condamnation et demandé pardon en son nom." La justice lyonnaise classe l'affaire, pour cause de prescription.

Au vu des récents événements qui secouent l'Eglise lyonnaise, Pierre aurait de nouveau écrit au parquet le 12 février dernier, rapporte Le Parisien : "Ce n'est pas à moi d'avoir honte. Je n'agis pas par vengeance, ni pour clouer quiconque au pilori, mais par volonté de participer à la prise de conscience qui est en marche. Quand on est au courant de tels faits, il faut agir, surtout quand on est en responsabilité. Barbarin en avait le pouvoir." De son côté, le père Billioud indique n'avoir "aucun souvenir" des faits dont il est accusé.

“Le cardinal Barbarin demande solennellement que chacun laisse la justice enquêter dans la sérénité”

Le cardinal Barbarin s'est expliqué ce lundi soir via un communiqué. "C'est avec douleur que le cardinal Barbarin se voit accuser aujourd'hui de manière aussi injustifiée, tant il est évident qu'en aucun cas il n'a ni mis en danger la vie d'autrui ni encouragé quiconque à se suicider. Le cardinal Barbarin demande solennellement que chacun laisse la justice enquêter dans la sérénité." S'il affirme vouloir aider la justice "en toute transparence", l'archevêque de Lyon demande aussi que soient respectés "ses droits, son honneur et la présomption d'innocence".

Le cardinal a déjà fait l'objet de plusieurs plaintes ces jours derniers pour non-dénonciation de crime et mise en danger de la vie d'autrui dans l'affaire Preynat.

* Le prénom a été changé.
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Alors que la conférence des évêques de France se tient ce week-end à Lourdes, l'association lyonnaise, La Parole libérée, qui a refusé d'y participé, doute de la volonté de l'Eglise catholique française de tout mettre en oeuvre pour éradique la pédophilie de ses rangs. La mise à l'écart du père Vignon il y a quelques jours est perçue comme un signal terrible. 
2 commentaires
  1. lyon2016 - 15 mars 2016

    Qui tacet consentire videtur Qui ne dit mot consentMaxime latine du pape Boniface VIII en 1250

  2. kaoetic - 15 mars 2016

    Tout cela était prévisible! A chaque jour, révélations de faits qui accablent encore plus cet homme qui n'a pas été à la hauteur de sa fonction.Il a nié la souffrance des victimes en se contentant de leur demander pardon. D'ailleurs était ce à lui de demander pardon? Son rôle était de protéger les enfants confiés à l'église contre les prédateurs, qui agissaient en son sein, en alertant les autorités de la République. Son cas s'aggrave de jour en jour...

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