La région engage un travail sur l’Hyperloop, le train du futur

Au conseil régional, un groupe de travail va être mis en place sur l’Hyperloop : moyen de transport qui permettrait de propulser des capsules transportant des passagers ou des marchandises à des centaines de kilomètres par heure, dans un double tube basse pression surélevé. “Un projet industriel exceptionnel” pour Renaud Pfeffer, vice-président du conseil départemental.

Alors que la création d'un centre de recherche et de développement du projet de capsules de train subsonique a été annoncée à Toulouse, le groupe Socialistes, démocrates, écologistes et apparentés, par le biais de Stéphane Gemmani, a déposé une résolution à l'assemblée plénière du conseil régional en faveur de la constitution d'un groupe de travail sur l'Hyperloop. Un vœu initié par le groupe socialiste et adopté grâce au vote d'élus de droite. La constitution de ce groupe, à laquelle Laurent Wauquiez n'était pas forcément favorable, est une bonne nouvelle pour le maire de Mornant, Renaud Pfeffer (LR), qui a bien l'intention d'être le promoteur de ce train du futur parmi les élus locaux. "L'Hyperloop va voir le jour. Le monde avance sur ce genre de sujet. Notre pays a un rôle à jouer en tant que promoteur et fondateur du TGV ou d'Ariane. À l'époque du TGV, le projet était vu comme extraterrestre. J'ai l'impression que c'est la même attitude, que nous n'avons plus l'audace alors que c'est un projet industriel exceptionnel qui permettrait d'être une alternative complémentaire à la voiture, au train et à l'avion. Au-delà de gagner du temps, le problème du fret européen est un sujet économique majeur pour l'Europe. On va mettre trente ans pour les projets de fret ferroviaire, mais est-ce que dans trente ans nos trains ne seront pas complètement dépassés ?" s'interroge l'élu.

“Concurrencer Séoul, Los Angeles ou les émirats”

Un an plus tôt, alors qu'un prototype était testé aux États-Unis, des étudiants de l'École des mines de Saint-Etienne avaient calculé qu'un Hyperloop pourrait relier Lyon à Saint-Etienne en seulement huit minutes, en réduisant l'impact écologique du déplacement, de quoi ringardiser le projet d'autoroute A45 remis sur le tapis par Laurent Wauquiez et largement contesté. Si un projet d'Hyperloop pourrait permettre une sortie par le haut sur la question de l'A45, il serait bien trop tôt pour l'envisager. "Que ce soit pour Lyon/Saint-Etienne, Lyon/Toulouse ou Lyon/Le Puy-en-Velay est une question qui viendra après, poursuit Renaud Pfeffer. Aujourd'hui, il s'agit de savoir comment la France va concurrencer Séoul, Los Angeles ou les émirats. La Corée annonce l'Hyperloop pour 2022, ce qui à mon avis est un peu trop ambitieux, mais il est aussi prévu une liaison Dubaï-Abu Dhabi qui pourrait selon moi être la première à voir le jour. La région Auvergne-Rhône-Alpes est une terre d'innovation, mais elle manque d'infrastructures. La création d'un groupe de travail est un message fort envoyé au pays et à l'Europe : celui que nous croyons en l'Hyperloop." Une croyance qui n'est pas partagée par le président du conseil régional mais qui se concrétise par un groupe de travail au sein de ce conseil. Une impulsion qui devrait se décliner au niveau du département du Rhône et de la métropole de Lyon.

Article mis à jour à 13h15

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