La basilique de Fourvière renaît

Alors que la chapelle Sixtine a fermé pour accueillir le conclave destiné à élire le successeur de Benoît XVI, la basilique de Fourvière vient de rouvrir ses portes, après une restauration sans précédent. (PHOTOS)

Si, au cours des dernières décennies, d’importants travaux d’entretien ont été réalisés sur la basilique de Fourvière, notamment pour la venue du pape Jean-Paul II en 1986 et à l’occasion du centenaire de l’édifice catholique en 1996, “jamais depuis sa fondation, Fourvière n’avait connu une telle campagne de travaux aussi fondamentaux”, explique Gilles Malartre, directeur de la fondation Fourvière, l’institution laïque – déclarée d’utilité publique – propriétaire de la basilique.

Il aura fallu pas moins de cinq ans et demi de travaux pour restaurer l’extérieur et l’intérieur de la basilique. Soit un budget de 7,6 millions d’euros, financé à hauteur de 60 % par les collectivités locales, le reste l’étant par les dons des Lyonnais. “Fidèle à sa tradition, la fondation a fait appel à la générosité des Lyonnais, raconte Jean-Dominique Durand, président de la Fondation. Ils ont répondu comme leurs aïeux avaient répondu pour la construction de la basilique.” Et de mesurer : “Fourvière s’inscrit dans la chaîne du temps et établit le lien entre les générations successives de Lyonnais.”

Ensemble menaçant et menacé

Quand, en 2006, la fondation demande à un cabinet d’architectes d’ausculter l’édifice, le constat est terrible : les dégâts sont très nombreux. Conclusion : “Ensemble menaçant et menacé.” Si certains mettent en péril les bâtiments mêmes, ils constituent surtout un danger pour la sécurité des 2 millions de visiteurs annuels*. Les voûtes et les coupoles couvrant la nef sont fragilisées en raison du système d’écoulement des eaux des toitures complètement abîmé et d’un écartement de la charpente des murs de la basilique, les poutres métalliques de la tour de l’Observatoire (photo ci-contre), qui a vocation à accueillir du public pour contempler Lyon, sont alors fortement oxydées et rongées par les infiltrations d’eau, le socle de la statue de la Vierge, dorée à la feuille d’or, se disloque, le mât central de la statue de l’archange saint Michel est victime d’une corrosion galvanique avancée, etc.
Fait insolite, un trou fait par arme à feu est même découvert dans le bras gauche de la statue de l'archange saint Michel qui surmonte, en extérieur, le choeur de la basilique.

Technologie LED

Si les travaux se sont étalés sur près de sept ans, diagnostic des architectes compris, la basilique n’a pas toujours été fermée au public. Elle l’est depuis le 7 janvier dernier en raison de la dépose des 150 tonnes d’échafaudage qui ont été nécessaires à la remise en état des voûtes et des décors intérieurs. Certainement l’un des grands pôles de restauration de la basilique. En tout cas, l’un des plus visibles pour les visiteurs.

“À certains endroits, les mosaïques tenaient à peine sur les fondations, notamment à cause des infiltrations, explique Michel Patrizio, en charge de cette partie des travaux. Il a fallu les consolider par des injections de chaux et de résine. Ailleurs, les enduits qui tenaient les mosaïques se délitaient. On a dû déposer les mosaïques, reconstituer les enduits puis reposer les mosaïques au plafond.”

Le résultat est bluffant. D’autant que ce chantier de rénovation des voûtes et des mosaïques a été le déclencheur de réflexions sur l’éclairage intérieur de la basilique. Alors que le système d’éclairage précédent, obsolète, laissait de larges zones dans la pénombre, la nouvelle “écriture lumière” permet une mise en valeur assez exceptionnelle des décors rendus à leur éclat initial.

“Le principe d’éclairage répond aux quatre niveaux de lecture inhérents à la basilique, explique Charlotte Vergély, du cabinet d’architectes Alpe. Lumière ascendante depuis la crypte, maintenue dans la pénombre selon le parcours défini par Pierre Bossan [l’architecte diocésain de la basilique, ndlr], vers les coupoles et le ciel ; cheminement de l’entrée à l’ouest, plus sombre, vers le chœur à l’est inondé de lumière ; soulignement de l’axe vertical de l’abside elle-même (…) ; enfin, soulignement de l’étagement des décors de la nef qui attire progressivement le regard vers les décors luxuriants des coupoles et l’iconographie liée à la Vierge.”

Le tout rehaussé de remarquables lustres en laiton qui donnent du relief aux intérieurs de la basilique.

Les travaux réalisés sont faits pour durer, mais il “reste maintenant à payer les factures”, sourit Gilles Malatre, directeur de la fondation Fourvière. Avant d’en envisager d’autres : la réfection du fronton et du parvis de la basilique.

* Avec plus de 2 millions de visiteurs annuels, la basilique de Fourvière est le lieu le plus visité de la région Rhône-Alpes.

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Repères

Durée des travaux : 5 ans et 6 mois

Coût : 7,6 millions d’euros, dont 5, 2 millions pour la seule basilique

Financement

59 % : État, Ville de Lyon, conseil général du Rhône, DRAC

41 % : dons des Lyonnais

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