Dossier Jeu : Le poker ou le risque démocratisé

Autorisé dans les établissements de jeu depuis un an, le poker a connu un engouement proche de la folie en 2006, notamment grâce à la visibilité que lui a offert Patrick Bruel en commentant les parties diffusées sur Canal Plus.

“Il est possible de trouver un tournoi de poker organisé à moins d’une heure de Lyon, tous les deux jours”, assure Benjamin Domenget, président de l’association Lyon Hold’em (du nom de la version la plus populaire du poker, le Texas Hold’em). Désormais, le poker ne se joue plus dans des tripots et des arrières-salles de bar, les amateurs de cartes côtoient les clients des roulettes anglaises. Au Lyon Vert, à Charbonnières, Paul-Éric Schulmann dirige une poker room qui fonctionne plutôt bien. Faisant évoluer son imposante mais rapide silhouette entre ses six tables, il offre un verre à un joueur dépité qu’il connaît bien (il connaît tout le monde), vérifie que tout se passe bien du côté de l’hôtesse, bref, il gère tout avec une hyperactivité effrayante. Un des croupiers du casino, assez ancien dans la maison, dira même de lui qu’il “est un joueur, un vrai gambler, bien plus qu’un directeur”.

“L’argent n’a pas d’odeur”

“Les casinos ont changé, la clientèle aussi, raconte Paul-Eric Schulmann, Ici, on accueille des jeunes qui se font parfois refouler des clubs, on les traite bien, ils sont à l’aise. Il n’y a jamais aucun souci.” Lorsqu’on lui demande s’il s’inquiète parfois de la provenance de l’argent, Paul-Éric Schullman ne freine pas sa machine. Emballé par son propre récit et voulant jouer la carte décomplexée voire provocatrice jusqu’au bout, il répond : “qu’il vienne d’un vol de voiture ou d’une barre de shit, je ne pose pas de question, je prends. L’argent n’a pas d’odeur, vous le savez.” Paul-Éric Schulman aime rouler des mécaniques, il en fait trop et s’en amuse, jure avoir des projets plein la tête qui révolutionneront encore l’accueil des joueurs de poker. Avec le récent déménagement du restaurant la Rotonde, un vaste espace vient de se libérer dans l’établissement du Lyon Vert. “J’y mettrais bien d’autres tables, confie-t-il, ça devrait pouvoir se faire”. Le poker n’est pourtant pas le jeu le plus lucratif pour les casinos, qui récupèrent 4 % sur chaque pot. Mais il a le mérite d’animer un peu des maisons en mal de joueurs.

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