Alors que plusieurs lignes de métro, tramway et bus ont été interrompues ou déviées ce samedi 31 octobre, des élus de gauche dénoncent des mesures disproportionnées qui pénaliseraient les manifestants et les habitants. La préfecture du Rhône justifie ces suspensions par des risques de violences dans plusieurs secteurs de la ville.
La mobilisation contre la vie chère a fortement perturbé le réseau TCL ce samedi 31 octobre à Lyon. Métro, tramways, trambus et bus : plusieurs lignes ont connu des interruptions ou des restrictions de desserte, notamment autour de la Part-Dieu et dans le centre-ville. Si le trafic devrait reprendre progressivement à partir de 20 heures, la situation suscite la colère de plusieurs élus de la gauche, lesquels y voient une atteinte au droit de manifester et à la liberté de circulation.
"Manifester est un droit constitutionnel"
Sur X, le conseiller métropolitain écologiste Solal Gendrin dénonce ainsi une mesure excessive. "Manifester est un droit constitutionnel et est une condition de la démocratie. Toute restriction doit donc être nécessaire, adaptée et proportionnée !", rappelle-t-il, en évoquant 58 kilomètres de lignes TCL fermées. La conseillère métropolitaine Laurence Boffet estime également que ces restrictions vont trop loin. "En plus d'être disproportionné, c'est aussi une atteinte aux libertés", considère-t-elle, soulignant que la plupart des lignes touchées ne circulaient pas sur le parcours de la manifestation.
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Même réaction du côté de la mairie de Lyon. Valentin Lugenstrass, adjoint au maire chargé des finances et des achats publics, dénonce sur X une situation qui se répète chaque samedi. "Chaque semaine, une atteinte de plus aux libertés et une paralysie du quotidien", écrit-il, avant de qualifier ces décisions de "honteuses".
La préfecture invoque des risques de débordements
Les élus ne sont pas les seuls à exprimer leur mécontentement. Sur les réseaux sociaux, plusieurs usagers ont également regretté les difficultés pour se déplacer dans l'agglomération. "Donc maintenant quand il y'a une manifestation dans un arrondissement, ils coupent les transports et trottinettes dans toute la ville", déplore l'une d'eux. Un autre résume son exaspération : "Chaque samedi c'est le confinement".
De son côté, la préfecture du Rhône conteste tout lien direct entre les suspensions du réseau et la manifestation déclarée par les syndicats. "Les suspensions de transport en commun, comme la semaine dernière, ont pour but de protéger plusieurs secteurs de la ville qui sont ciblés ou menacés par des groupuscules qui souhaitent attaquer des commerces et bâtiments publics, comme détecté sur les réseaux sociaux", affirme-t-elle.
Les services de l'État justifient ainsi ces mesures par les risques de dégradations et de violences urbaines signalés en amont de la mobilisation. La préfecture avait notamment annoncé un important dispositif de sécurité pour cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère.
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