Mobilisés auprès des jeunes lors des manifestations de ce samedi, 105 membres du collectif Parents Présents dénoncent des interventions policières qu’ils jugent préoccupantes. Ils réclament des explications sur l’usage des gaz lacrymogènes et les blessures signalées.
Né à Lyon en octobre 2026 dans le contexte des mobilisations lycéennes, le collectif Parents Présents a suivi de près la journée de manifestations du samedi 24 octobre. Selon son communiqué, 105 parents avaient prévu d’accompagner les jeunes dans les rues de la ville. Malgré l’interdiction préfectorale des rassemblements revendicatifs dans une large partie du centre-ville, près de 10 000 personnes se sont mobilisées. Les forces de l’ordre ont dispersé plusieurs fois les cortèges, notamment à coups de gaz lacrymogènes, avant que des affrontements n’éclatent dans les 3e et 7e arrondissements.
Le collectif affirme avoir recueilli de nombreux témoignages de parents, de jeunes et de commerçants. Il rapporte des interventions répétées dans plusieurs secteurs, des personnes séparées de leurs proches et des blessures que certains participants attribuent aux interventions policières. La préfecture a, de son côté, recensé 22 blessés, dont 18 policiers, 36 interpellations et cinq commerces pillés ou dégradés.
Des parents dénoncent des indications policières contradictoires
Dans son communiqué, le collectif revient notamment sur les événements de la place Jean Macé, où des parents affirment avoir reçu des indications contradictoires sur la possibilité de se rassembler. Il évoque également des dispersions à proximité de la rue Garibaldi, du boulevard des Tchécoslovaques, de la rue de l’Université et du pont de l’Université. Certains témoignages font état de tirs abusifs de gaz lacrymogènes, de coups de matraque et de difficultés à retrouver des proches après les dispersions.
Les parents s’inquiètent particulièrement des conséquences de ces interventions sur les jeunes présents dans les cortèges. Plusieurs témoignages évoquent des adolescents désorientés, des personnes blessées et des familles contraintes de chercher refuge dans des commerces ou auprès d’habitants. Le collectif affirme aussi que des jeunes et des riverains ont dû aider les personnes en difficulté.
Trois demandes adressées aux autorités
Face à ces témoignages, Parents Présents réclame d’abord une clarification du périmètre d’application de l’arrêté préfectoral et des indications données sur place concernant les rassemblements. Le collectif demande ensuite des explications précises sur les conditions de dispersion, les sommations et la proportionnalité des moyens employés par les forces de l’ordre. Enfin, il souhaite que les autorités vérifient les blessures signalées et recueillent les témoignages des personnes concernées.
Le collectif insiste sur son indépendance politique et affirme vouloir défendre la sécurité des jeunes sans remettre en cause leur liberté d’expression. "Nous refusons de devoir choisir entre la sécurité de nos enfants et leur liberté de s’exprimer", écrit-il dans son communiqué. Il appelle les autorités à apporter des réponses aux familles et à favoriser l’apaisement, alors que Lyon a connu deux samedis consécutifs de tensions autour des mobilisations contre la vie chère.
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