Gaëtant de Sainte-Marie, premier vice-président des Entrepreneurs du Rhône (ex-CPME), est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
"Les Entrepreneurs seront candidats à l'élection présidentielle. Ce ne sera pas avec un nom sur un bulletin de vote mais ce sera dans les idées, par nos propositions."
Gaëtan de Sainte-Marie, premier vice-président des Entrepreneurs du Rhône et secrétaire national de l’organisation, résume ainsi l’ambition affichée par son président national, Amir Reza-Tofighi. A six mois de l’élection présidentielle, les Entrepreneurs - la confédération nationale qui représente, protège et accompagne les chefs d'entreprise, des TPE aux ETI - se déclarent "candidats".
Les Entrepreneurs du Rhône lancent une "grande consultation des entrepreneurs". Entamée mi-octobre à Lyon, elle prévoit plus de 110 réunions dans toute la France, pendant trois mois, chacune réunissant au moins une centaine de participants : chefs d’entreprise, salariés ou autres citoyens. Les propositions qui en sortiront seront synthétisées au niveau national, puis transmises aux candidats à l'élection présidentielle fin janvier. Ces derniers devront se positionner et prendre des engagements fermes, dont l’application sera ensuite suivie de près auprès du vainqueur.
C’est là, selon Gaëtan de Sainte-Marie, que réside le changement de méthode. Plutôt que d’écouter les programmes des candidats, les Entrepreneurs veulent leur soumettre leurs propres idées et leur demander des comptes. Il cite l’exemple de la simplification des normes réclamée depuis des décennies sans résultat : à Lyon, un participant a proposé que chaque branche professionnelle identifie les normes nationales ou européennes qui pourraient être supprimées dans son secteur.
Forte de 320 000 entreprises et de 6 millions de salariés, l’organisation entend être mieux entendue. Dans un monde "gouverné par la peur", Les Entrepreneurs se présentent comme les derniers à prendre des risques et à innover. Avec, en toile de fond, le poids de la dette publique, Gaëtan de Sainte-Marie conclut que la pérennité du modèle social français passe d’abord par la création de richesse et donc par l’écoute de ceux qui la produisent. "Pour cela, il faut écouter les entrepreneurs."
La retranscription intégrale de l'entretien avec Gaëtan de Sainte-Marie
Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono. Nous accueillons aujourd'hui Gaëtan de Sainte-Marie. Bonjour.
Bonjour Guillaume.
Gaëtan de Sainte-Marie, vous êtes premier vice-président des Entrepreneurs du Rhône et secrétaire national des Entrepreneurs. Un petit mot avant d'attaquer le sujet pour lequel vous êtes invité aujourd'hui. Un mot sur les scènes de chaos que l'on a vues récemment, les pillages de commerces à Lyon, notamment dans le centre-ville.
Chez les Entrepreneurs, nous sommes vraiment en colère parce que c'est inadmissible de voir ces femmes et ces hommes, qui sont commerçants, hôteliers, qui tiennent des restaurants, des bars-tabacs, se faire piller et voir ruiner tout leur travail, parfois le travail d'une vie, de les voir se faire frapper, de les voir être livrés à la vindicte populaire. C'est proprement inadmissible, vraiment inadmissible.
Je voudrais avoir aussi une pensée pour les femmes et les hommes qui sont policiers ou pompiers, parce qu'eux aussi ont vraiment subi ce qui s'est passé hier. Mon message, c'est que je crois que les autorités, qui n'en ont aujourd'hui plus que le nom, ne peuvent plus retenir leurs mains. Elles doivent désormais autoriser les forces de l'ordre à être beaucoup plus présentes, beaucoup plus actives.
Aujourd'hui, ces casseurs sont des ennemis, il faut les traiter comme tels. On ne peut plus attendre, on ne peut plus être laxistes. Ce n'est plus possible. Aujourd'hui, la sécurité devient le sujet numéro un pour les commerçants du centre-ville de Lyon, pour les clients. Sans sécurité, il n'y aura plus de confiance. Aujourd'hui, j'en appelle aux autorités pour prendre des décisions courageuses et fortes.
Vous parlez d'autorité. On parle aussi forcément des hommes et des femmes, et ils sont nombreux à ce jour à vouloir se présenter à l'élection présidentielle dans six mois. C'est au cœur des discussions aujourd'hui. Vous dites que, pour la présidentielle, les Entrepreneurs sont candidats ?
Oui. Notre président national, Amir Reza-Tofighi, a déclaré que les Entrepreneurs étaient candidats à l'élection présidentielle. Bien entendu, ce ne sera pas avec un nom sur un bulletin de vote, mais ce sera dans les idées, par nos propositions, par notre expérience.
Comment allons-nous faire cela ? C'est simple. Nous avons démarré mi-octobre à Lyon et, pendant les trois prochains mois, partout en France, il va y avoir plus de 110 réunions. Nous appelons cela la grande consultation des entrepreneurs.
L'objectif est que les entrepreneurs qui le souhaitent, mais également des collaborateurs de nos entreprises ou d'autres personnes, puissent participer à ces réunions qui vont avoir lieu partout en France, avec au minimum une centaine de personnes à chaque fois. Cela fait donc beaucoup de participants. L'objectif est que ces personnes puissent apporter de vraies propositions sur un certain nombre d'axes que nous avons débattus.
Nous avons commencé à Lyon mi-octobre et nous avons fait ressortir un certain nombre de propositions. Toutes ces propositions vont nous permettre, à nous, les Entrepreneurs, au niveau national, dans un premier temps, de bâtir des propositions que nous allons ensuite envoyer aux candidats.
Ce sera fait fin janvier. Ensuite, nous allons demander aux candidats de se positionner par rapport à ces propositions qui auront été formulées par des entrepreneurs. Puis, pour celui ou celle qui gagnera, nous allons suivre les engagements pris sur ces propositions et nous pourrons en voir les résultats.
Je me souviens qu'il y avait déjà eu, il y a quelques années, un gros travail sur les normes, sur leur simplification. Effectivement, il y a beaucoup de normes. Je n'ai plus de chiffre en tête. En France, notamment pour les entreprises, on demande une simplification depuis des décennies. Les gouvernements en parlent. Au final, rien n'est fait. On a donc l'impression que vous faites des propositions, mais que derrière, rien ne suit.
Justement, nous voulons changer un peu la façon de faire. Par exemple, mi-octobre à Lyon, le sujet des normes est de nouveau ressorti. Une proposition a été faite par un des chefs d'entreprise présents, qui disait que nous devrions demander aux branches représentant les métiers de regarder, dans leur secteur, quelles normes pourraient être supprimées, que ce soit au niveau national ou au niveau européen.
Mais souvent, ce que nous nous contentions de faire, c'était de recevoir les candidats et d'écouter leurs propositions. Là, nous voulons faire l'inverse. Nous voulons leur dire : voilà nos propositions. Comment vous positionnez-vous par rapport à ces propositions ? Quels engagements fermes prenez-vous ? Puis, à celui ou celle qui va gagner, nous allons dire : vous nous aviez dit cela tel jour, à telle heure. Où en êtes-vous ? Quels sont les résultats ?
Nous voulons donc pouvoir peser beaucoup plus. Aujourd'hui, les Entrepreneurs, l'organisation des entrepreneurs au niveau national, ce sont 320 000 entreprises, 320 000 entrepreneurs et 6 millions de salariés. Cela pèse. C'est quand même nous qui sommes responsables de l'économie française. Ce que nous voulons maintenant, c'est être mieux entendus.
Aujourd'hui, nous sommes dans un monde qui est gouverné par la peur, et nous le voyons d'ailleurs avec ce qui se passe dans nos centres-villes. Un monde qui est gouverné par la peur.
Finalement, nous, les entrepreneurs, avec nos collaborateurs, nous sommes les derniers à prendre des risques, les derniers à innover, les derniers à entreprendre. Nous devons donc être beaucoup plus écoutés pour la marche de ce pays.
Si nous voulons que notre modèle social fonctionne encore demain, et nous le souhaitons chez les Entrepreneurs, il faut d'abord que nous puissions créer de la richesse, que notre modèle économique fonctionne. Pour cela, il faut écouter les entrepreneurs.
Écouter les entrepreneurs. Et puis, il y a effectivement cette toile de fond de la dette, de la dette publique qui est monstrueuse. Voilà donc la démarche pour la présidentielle : les Entrepreneurs sont candidats. Merci Gaëtan de Sainte-Marie d'être venu sur le plateau de 6 minutes chrono. Pour plus d'informations sur l'actualité économique lyonnaise, rendez-vous sur www.lyoncapitale.fr. À très bientôt.
