La sauce de Cité de la gastronomie de Lyon n’a jamais pris

Exit la Cité de la gastronomie de Lyon, place à un musée ?

La Cité internationale de la gastronomie de Lyon, fermée depuis 2025 après deux échecs et environ 20 millions d'euros dépensés, cherche un nouveau modèle, peut-être muséal.

La recette n’a jamais vraiment pris. Fermée depuis début 2025, la Cité internationale de la gastronomie de Lyon mijote sans qu’aucun menu ne soit annoncé. Après neuf mois d’existence en 2019-2020, un premier fiasco, puis un deuxième service en 2022 resté tiède, la majorité écologiste avait coupé le gaz. En mars 2025, elle avait retiré le million d’euros de subvention annuelle de fonctionnement. La messe était dite. L’addition salée. Sur les 16,4 millions d’euros investis à l’origine, 10,4 venaient de onze mécènes privés (Seb, Valrhona, Crédit Agricole, Eiffage…), le reste se partageant entre Métropole, Ville et État. S’y est ajouté 1,7 million d’euros versés en 2020 à MagmaCultura, l’exploitant espagnol choisi à l’origine, pour solder le premier échec. Le reproche qui lui était fait : des salles figées, plus muséales que vivantes.

“On a mis 20 millions d’euros à la poubelle”, tranche Christophe Marguin, le nouveau patron d’OnlyLyon Tourisme et Congrès. Les autres tables du réseau des Cités de la gastronomie n’ont rien de rassurant non plus. Dijon (15,5 millions d’argent public) compte trois liquidations judiciaires, Tours (dont le projet originel a été évalué à 35 millions d’euros) affiche un avenir incertain. Rungis n’est toujours pas sortie de terre.

Sans le savoir, Christophe Marguin applique un précepte de l’école de Palo Alto : quand une solution ne marche pas, mieux vaut en changer. Il plaide pour une recette plus simple, un musée. “Quand je vois la qualité de nos musées à Lyon je pense qu’on a un savoir-faire et que, peut-être, il faut plus travailler dans ce sens-là pour la Cité de la gastronomie.” Singulier venant d’un chef cuisinier qui, à sa table, propose une expérience sensorielle et immersive. Il rappelle à l’envi avoir fait boycotter l’inauguration par les Toques Blanches lyonnaises, la plus ancienne association de cuisiniers en France, dont il est président. Elle avait justement regretté d’être mise à l’écart du projet initial. Le président d’OnlyLyon Tourisme et Congrès doit échanger mi-septembre avec la présidente de la Métropole de Lyon. On saura si la Cité de la gastronomie lyonnaise remet le couvert ou finit à la casserole.

Laisser un commentaire

réseaux sociaux
X Facebook youtube Linkedin Instagram Tiktok
d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut