Thomas Rudigoz, maire Renaissance du 5e, détaille ses priorités à Lyon face aux écologistes et avec la métropole de Véronique Sarselli.
Dans la lignée de la campagne électorale, Thomas Rudigoz continue de pointer l'inadéquation entre les Voies lyonnaises et les demandes des habitants dans le 5e arrondissement dont il est redevenu le maire après les élections municipales de mars dernier. "Nous arrêtons les voies lyonnaises, les habitantes et les habitants du 5e en ont assez de ces réalisations, pour venir ici, je suis passé par l’avenue Barthélémy-Buyer, il n’y avait pas un seul vélo sur la voie lyonnaise numéro 8, c’est un projet qui a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros", prévient Thomas Rudigoz.
Il évoque aussi une réflexion à mener sur la réouverture de la montée du Chemin neuf : "en dehors des heures de pointe le matin, il y a très peu de vélos, parfois un vélo par minute, ce qui est très peu, il n’est donc pas envisageable de réserver cet axe aux vélos toute la journée sous prétexte qu’il est fréquenté entre 7h30 et 9h".
Quant à la rue Grenette, dossier épineux des nouvelles relations entre Lyon et la Métropole, Thomas Rudigoz encourage Véronique Sarselli à la rouvrir : "La réouverture de la rue Grenette figurait dans notre programme, la métropole ayant changé de majorité, le maire de Lyon doit l’accepter, cet axe est essentiel pour la traversée d’ouest en est et ne peut plus être réservé uniquement aux bus".
La retranscription intégrale de l'entretien avec Thomas Rudigoz
Vous êtes maire Renaissance du 5e arrondissement de Lyon, vous avez été élu sur les listes Cœur Lyonnais de Jean-Michel Aulas, je voulais revenir sur ce qui va se passer durant ce mandat d’alternance dans le 5e arrondissement, vous devez aussi composer à la fois avec une ville de Lyon dirigée par la gauche et les écologistes, mais aussi peut-être avec le soutien d’une métropole dirigée par Grand-Cœur Lyonnais et Véronique Sarselli, comment envisagez-vous votre rôle de maire d’arrondissement, êtes-vous un maire d’arrondissement d’opposition ou un maire d’arrondissement allié à la métropole ?
Je suis un maire d’arrondissement constructif et j’aurai le soutien plein et entier, ce n’est pas peut-être le soutien, j’aurai le soutien plein et entier de Véronique Sarselli, de ses vice-présidents et de son exécutif pour des aménagements et des réalisations dans le 5e arrondissement, je suis donc dans la majorité de la métropole et j’espère que nous pourrons réaliser de grands projets, dont celui qui est phare, c’est le métro, pour lequel nous nous sommes engagés et auquel tient Véronique Sarselli. En revanche, du côté de la ville de Lyon, je suis un opposant au maire de Lyon, un opposant résolu qui restera sur cette ligne et qui ne lâchera rien sur les sujets qui ne conviendraient pas à l’intérêt général, mais j’ai aussi la volonté de construire pour mon arrondissement, pour les habitants du 5e, il y a des sujets sur lesquels nous pouvons nous entendre avec le maire de Lyon et son exécutif.
À votre avis, qui a le plus de compétences et de prérogatives, qui pourra faire le plus de choses, vous, maire d’arrondissement d’opposition mais soutenu par la métropole, ou un maire d’arrondissement écologiste ou de gauche qui aurait la métropole contre lui ?
Je ne pense pas que la métropole sera contre, Véronique Sarselli a affirmé qu’elle travaillerait avec tous les maires, quelle que soit leur couleur politique, elle ne souhaite pas être comme Bruno Bernard, quelqu’un de très partisan, nous avons vu la fronde des maires qui n’ont pas été écoutés ni respectés durant son mandat, cette période est désormais tournée. Je ne veux pas faire de comparaison, mais il est évident que ma proximité avec certains membres de l’exécutif de la métropole me permettra, je l’espère, de réaliser un certain nombre de projets, notamment sur les places ou les voiries.
Qu’est-ce qui va changer concrètement lors du mandat à venir dans le 5e arrondissement ?
Il y a déjà une chose certaine, c’est que nous arrêtons les voies lyonnaises, les habitantes et les habitants du 5e en ont assez de ces réalisations, pour venir ici, je suis passé par l’avenue Barthélémy-Buyer, il n’y avait pas un seul vélo sur la voie lyonnaise numéro 8, c’est un projet qui a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros.
Nous sommes dans un contexte particulier, il pleut beaucoup aujourd’hui ?
Oui, mais le trafic cycliste n’augmente pas sur cette avenue, les chiffres pourraient le montrer, en dehors des heures pendulaires tôt le matin, il n’y a quasiment personne, même le samedi, par beau temps, il n’y avait personne sur cette voie, il faut donc arrêter ce dogmatisme. Ensuite, il y a des espaces urbains pour lesquels je souhaite obtenir le soutien de la métropole afin de transformer certaines places, notamment les parvis des théâtres antiques, je tiens à la réalisation de parvis modernes et qualitatifs pour créer une liaison entre les théâtres antiques et l’Antiquaille.
Vous avez évoqué les voies lyonnaises, se pose aussi la question de la montée du Chemin Neuf dont vous souhaitez la réouverture après sa fermeture par les écologistes, pensez-vous pouvoir obtenir rapidement cette réouverture ?
Nous devons travailler avec l’ensemble des acteurs, j’ai regretté l’absence de concertation de l’équipe précédente sur ce sujet, je ne veux pas agir de manière brutale, cet axe est extrêmement dangereux pour les vélos, il y a eu deux accidents très graves récemment, notamment celui impliquant une jeune adolescente de 14 ans, dont la vie a été mise en danger, sa situation s’améliore, mais elle a été très gravement blessée. La montée du Chemin Neuf doit être aménagée, j’ai obtenu une réunion importante avec les services de police nationale et municipale ainsi que la voirie.
Cela signifie-t-il que nous nous orientons vers une solution hybride plutôt qu’un retour à la situation antérieure ?
Le Chemin Neuf illustre bien la situation, j’y vais très souvent à pied ou pour courir, en dehors des heures de pointe le matin, il y a très peu de vélos, parfois un vélo par minute, ce qui est très peu, il n’est donc pas envisageable de réserver cet axe aux vélos toute la journée sous prétexte qu’il est fréquenté entre 7h30 et 9h.
Vous évoquiez le 5e arrondissement et l’Ouest lyonnais, cela nous amène à la question de la rue Grenette, utilisée pour traverser la presqu’île d’ouest en est, la ville de Lyon a lancé une concertation, tandis que la métropole prévoit de présenter son plan d’ici l’été, considérez-vous que la concertation de la ville est caduque et inutile ?
Elle manque de transparence, il est possible de répondre plusieurs fois en changeant d’adresse mail ou d’identifiant, on peut donc imaginer que certains réseaux organisés influencent fortement les résultats, par ailleurs, ce n’est pas de la responsabilité du maire de Lyon, mais de la métropole.
La rue Grenette dépasse la seule question lyonnaise ?
Le maire de Lyon ne peut pas lancer seul une concertation sur ce sujet, je trouve cela regrettable, alors qu’il disait vouloir dialoguer avec la métropole, il mène une opération de communication politique, pourtant, la présidente de la métropole lui a proposé de travailler ensemble sur plusieurs sujets. La réouverture de la rue Grenette figurait dans notre programme, la métropole ayant changé de majorité, le maire de Lyon doit l’accepter, cet axe est essentiel pour la traversée d’ouest en est et ne peut plus être réservé uniquement aux bus.
Pensez-vous que cela soit techniquement faisable, certaines contraintes ont été évoquées, notamment la nécessité de modifier les aménagements de la rue Serlin, le long de l’hôtel de ville, quelle solution envisagez-vous ?
Je laisserai le vice-président à la voirie, Pierre Oliver, répondre précisément, il travaille avec le cabinet de Véronique Sarselli et la direction de la voirie. Il existe néanmoins des possibilités, comme le repositionnement des bus sur la partie nord de la rue de la République, de nombreux Lyonnais n’ont pas compris l’absence actuelle de circulation, remplacée par du mobilier urbain peu esthétique destiné à empêcher le passage de scooters. D’autres axes peuvent également être mobilisés, notamment en haut de la rue de la République, afin de proposer des itinéraires alternatifs pour les bus et rejoindre la place des Terreaux.

Aulas va-t-il se prendre au jeu de la politique ?