Biennale de Lyon 2015 : “énergisante et stimulante” (Ralph Rugoff)


Par Alexandrine Dhainaut
Publié le 08/09/2015  à 10:41
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L’actuel directeur de la Hayward Gallery à Londres, Ralph Rugoff, a pris les rênes de la 13e Biennale d’art contemporain. Ce dandy made in USA a souhaité placer cette édition sous le signe de l’énergie, de la réflexion et du changement de perspective par l’art sur ce que serait notre vie moderne.

Ralph Rugoff, commissaire de la Biennale d’art contemporain de Lyon 2015 © Tim Douet
© Tim Douet
Ralph Rugoff, commissaire de la Biennale d’art contemporain de Lyon 2015.

Entretien avec le commissaire de la Biennale d’art contemporain

Lyon Capitale : Comment est perçue la Biennale de Lyon à Londres ?

Ralph Rugoff : À Londres, comme partout ailleurs, la Biennale de Lyon est considérée comme une des biennales majeures de l’art contemporain, avec une longue liste de commissaires intéressants et aux partis pris forts, de Harald Szeeman à Hans Ulrich Obrist, Stéphanie Moisdon-Tremblay, Bob Nickas et le Consortium de Dijon, Hou Hanru et beaucoup d’autres.

Par quoi commence-t-on, une fois l’invitation d’en être le principal commissaire acceptée ? On passe en revue les expositions qu’on a visitées et les artistes qu’on a rencontrés ? On active son réseau ? Comment se sont passées les phases de sélection des artistes ?

La première chose pour moi fut de développer le focus de la Biennale : quelles questions et quels sujets explorera-t-elle ? Puis, j’ai commencé à chercher des artistes dont le travail correspondait à ce focus. Certains artistes me sont immédiatement venus à l’esprit, parce que leur travail traitait des préoccupations et questions abordées par la Biennale. Mais j’ai aussi passé beaucoup de temps à chercher des artistes desquels je n’étais pas familier, notamment en voyageant en Asie et en Afrique, mais aussi en France où une grande quantité de mes recherches s’est faite.

Parmi les artistes français que vous avez sélectionnés, vous avez choisi des artistes très confirmés, qui ont reçu des prix renommés (Duchamp, Ricard) ou qui ont déjà participé à d’autres biennales. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Certes, il y a quelques artistes français sélectionnés pour cette édition dont la notoriété s’est accrue ces dernières années, comme Kader Attia, Tatiana Trouvé, Céleste Boursier-Mougenot et Camille Henrot. Mais je pense qu’un bon nombre d’entre eux ne sont pas si connus. Quelques-uns, comme Julien Prévieux et Camille Blatrix, ont reçu des prix après avoir été invités pour la Biennale de Lyon. D’autres, comme Laura Lamiel, exercent depuis de longues années mais n’ont pas vraiment reçu la reconnaissance à la hauteur de leur travail. Je dirais qu’environ la moitié des artistes français (incluant Hicham Berrada, Blatrix et Lamiel) n’ont jamais participé à une biennale d’importance.

Vous disiez en conférence de présentation que la Biennale ne serait ni déprimante ni pessimiste. Que sera-t-elle alors ?

J’espère que la Biennale sera énergisante et stimulante. Une grande partie des travaux traite de sujets sérieux, mais ils sont traités avec tellement d’imagination, de verve, d’intelligence et d’esprit... Par conséquent, ces œuvres nous engagent et nous poussent à former de nouvelles questions, à considérer les différentes façons de regarder les choses.

Ces sujets prennent d’ailleurs appui sur l’actualité : la crise économique, le nucléaire (cf. l’image principale de la Biennale, signée Yuan Goang-Ming), les flux migratoires... Quel rôle l’art peut-il jouer dans son traitement de sujets plutôt dramatiques ou anxiogènes ?

Une des suppositions sous-jacentes de “La vie moderne” [intitulé de cette 13e Biennale] est que l’art est un moyen crucial pour nous aider à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons, et comment nous y vivons. À cet égard, c’est un outil qui se révèle aussi important que la philosophie ou la science. Le rôle de l’art n’est pas d’offrir une vision “reportage” des nouveaux événements ou fournir une approche documentaire de ces questions mais de mettre en doute les perspectives “normales” sur notre paysage social contemporain qui sont transmises par les médias d’information, le Gouvernement et le business, ou à travers l’enseignement officiel, etc.

Biennale d’art contemporain 2015 – Du 10 septembre au 3 janvier 2016. Lieux et horaires sur Biennaledelyon.com

 

 Artistes en revue

 S’il ne joue pas vraiment les défricheurs, Ralph Rugoff assure un certain niveau en réunissant des valeurs sûres de l’art contemporain ainsi que des artistes émergents récemment adoubés.
 De Kapoor à Blatrix, Lyon Capitale tire le portrait dans son supplément Culture de rentrée de 16 artistes invités à Lyon pour cette Biennale – à découvrir ici.

 

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