SÉLECTION
Manif des retraites
Manifestation lycéenne : Bellecour assiégée jeudi (vidéo)
© Flore Giraud
6ème journée de manifestation lycéenne au centre-ville de Lyon jeudi 21 octobre. La place Bellecour ressemblait à un champ de bataille entre 10h et 20h30 : canons à eau, GIPN et 560 CRS étaient sur place ainsi que 600 à 800 lycéens et étudiants. Deux véhicules ont été retournés. Dans l'après-midi, les forces de l'ordre ont fixé trois cents jeunes sur la place Bellecour et procédé en tout, à 621 contrôles d'identité sur la journée. Les jeunes sont restés bloqués 7 heures place Bellecour. 92 personnes, sans carte d'identité, ont été expédiées à l'Hôtel de Police.
Article actualisé vendredi 22 octobre avec les chiffres de la Préfecture.
20h10 : Une centaine de "sans papiers" au poste
Le calme revient, avec l'évacuation de Bellecour. Les forces de l'ordre ont bloqué la place toute l'après-midi. Dans un sens seulement : il était possible d'y rentrer, pas d'en sortir. Certains se sont retrouvés piégés. "Je suis coincé depuis 13h30. je leur dis que je ne manifeste pas, que je travaille mais ils ne m'ont pas cru", nous confie l'un d'eux. Beaucoup semblaient épuisés au terme de cette longue journée, sans boire ni manger. Salim veut continuer à se battre, moins pour les retraites que pour son travail. "Avec cette réforme, ce sera encore plus dur de bosser". La police a procédé aux contrôles d'identité. Ceux qui avaient leur carte d'identité ont pu partir. Les autres ont été rangés de côté. Vers 19h30, ils ont été acheminés par bus au commissariat de police.
"Nous allons emmener une centaine de jeunes à l'Hôtel de Police", nous a confié Jean-Marc Rebouillat, directeur de la Sûreté départementale. Les mineurs devront attendre que leurs parents viennent les chercher, les autres devront justifier leur identité. La plupart seront libres dans la soirée. (plus de détails sur cette opération inédite de police)
18h10 : La "contre-attaque" policière
Les forces de police sont décidées à reprendre l'initiative. Elles ont identifié un groupe de casseurs qui ont, selon la préfecture, participé à des dégradations ce matin rue Saint-Hélène et rue de la Charité : quinze voitures ont été dégradées, un véhicule retourné et trois ou quatre vitrines de magasins étoilées suite à des jets de projectiles. Les CRS les ont dirigés vers place Bellecour où ils ont depuis été fixés. Ce groupe, complètement coupé des autres manifestants, est à présent scindé en deux, l'un rue de la Barre, l'autre à l'entrée de St-Jean. Ces deux groupes sont cernés par les CRS et gendarmes mobiles qui veulent procéder à des contrôles d'identité de chacun des participants. Le préfet a annoncé, lors d'une conférence de presse, l'utilisation de photos prises par les caméras de vidéosurveillance et par l'hélicoptère, ainsi que des prélèvements d'ADN sur les commerces dégradés pour identifier les casseurs. Nos reviendrons dans la soirée sur les annonces du préfet.
Flore Giraud
17h40 : Calme à Guichard, canon à eau à Bellecour
Pour la 1ere fois depuis le début des événements, les forces de l'ordre ont fait usage du canon à eau. Tiré en direction du nord de la place (vers Pizza Pino). Le pont de la Guillotière et la rue de la Barre sont fermés à la circulation. Place Guichard, la manifestation a été pacifique, avec des prises de parole au micro. Certains ont appelé à aller "libérer" leurs camarades place Bellecour. D'autres ont invités à rester solidaires des ouvriers.
17h30 : 36 jeunes interpellés, 27 comparutions immédiates
Depuis le début des manifestations étudiantes à Lyon jeudi dernier, 265 jeunes ont été arrêtés par les forces de l'ordre dont 36 ce jeudi (nombre arrêté à 17h). 27 d'entre eux sont passés en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Lyon depuis lundi, dont 12 majeurs, 11 d'entre eux avaient un casier judiciaire vierge, et 15 mineurs, six avaient des antécédents judiciaires. Quatre mineurs ont été placés sous mandat de dépôt, c'est à dire incarcérés, ce jeudi à l'issue de leur jugement.
Sur les 265 jeunes arrêtés depuis six jours, deux tiers étaient des mineurs, un tiers des majeurs. 90% étaient des garçons et un tiers étaient déjà connus des services de police.
Le préfet a révélé jeudi soir, lors d'un point presse, que les jeunes venaient " d'une quinzaine de lycées de l'agglomération avec des groupes de trois à dix casseurs par établissement ". Les lycées où ils sont scolarisés seraient situés dans les 7e., 8e et 9e arrondissements de Lyon, à Décines, Bron, Vénissieux et Vaulx-en-Velin.
17h : L'Université catho fermée aux étudiants
Les trois sites de l'Université catholique de Lyon sont fermés aux étudiants ce jeudi après-midi, par mesure de sécurité. Les trois sites en question sont Aisnay, Carnot et Bellecour. En revanche, les services administratifs fonctionnent. Sauf contre-ordre, les étudiants retrouveront le chemin des cours demain. Les manifestants sont arrivés place Guichard, dans un calme relatif.
16h15 : 2000 manifestants quai Jules Courmont
Environ 2000 manifestants, étudiants, lycéens, routiers, cheminots, agents communaux entre autres défilent actuellement contre la réforme des retraites sur le quai Jules Courmont devant l'Hôtel-Dieu, entre le Pont de la Guillotière et le Pont Wilson. Ils se dirigent en direction de la place Guichard à Lyon 3e. Les drapeaux de la CGT, de l'Unef, de Sud, de la CNT et des jeunes socialistes flottent au dessus du cortège. Les slogans, tels que "Sarko, ta réforme où on se la met" sont actuellement repris en cœur.La place Antonin-Poncet a été vidée il y a une demi-heure, après des échanges jets de pierres/bombes lacrymo. Environ 300 personnes restent place Bellecour, comprenant des manifestants, des présumés casseurs, des journalistes et des badauds. Les forces de l'ordre veillent sur les chantiers de la place afin d'éviter que les pierres ne servent de projectiles.
15h30 - Les manifestants retournent vers la place Antonin-Poncet
Un cortège de 150 à 200 manifestants composé d'étudiants et de lycéens a quitté la place Antonin Poncet direction la place Guichard depuis 14h30 environ. Ils ont stagné devant l'Hôtel-Dieu, quai Jules Courmont pendant une vingtaine de minutes et sont en train de rebrousser chemin direction place Antonin Poncet pour aller chercher les manifestants restés sur place. Les CRS les encadrent. L'hélicoptère de la gendarmerie vient en appui. 300 jeunes sont toujours bloqués place Bellecour par les CRS. Des jets de pierres et de grenades lacrymogènes ont été échangés vers 14h30 entre manifestants et forces de l'ordre.
15h - 21 interpellations à la mi-journée
La préfecture annonce 21 interpellations, chiffre arrêté à 12h30. Par ailleurs, elle confirme qu'un véhicule a été renversé dans la matinée à Vénissieux.
14h40 - Les commerçants sous le choc
Nombre de vigiles guettent à l'entrée de magasins, le regard en alerte. Vers 12h30, le gérant du kiosque à journaux situé sur la place de la République faisait l'inventaire des dégâts. En quelques secondes, son fond de commerce a été vandalisé, "par une dizaine de jeunes", alors que lui-même était à l'intérieur. Que faire ? Se battre, crier ? Il a laissé faire. En face, Habitat. Les portes sont verrouillées et ce sont les vendeuses à l'entrée qui ouvrent lorsqu'elles voient arriver le client. Leur vitrine a reçu deux éclats, mais pas plus. A l'intérieur, les salariés se terrent. Le magasin n'a pas de rideau de fer : impossible de se calfeutrer en cas de problème. Mais à l'étage, Bruno, un vendeur expérimenté, ne craint pas les pillages. "Les poubelles de salles de bain ne les intéressent pas". Les salariés ont du mal à venir à travailler. Les journées sont mornes, faute de clients. A l'approche des Terreaux, certaines enseignes sont restées fermées, les rues sont sans voiture. "On dirait un dimanche, relate notre journaliste. Un dimanche 15 août même !"
@ Flore Giraud
14h10 - Rassemblement place Antonin-Poncet
"Liberté de manifester !", "libérez les manifestants !", 400 à 500 étudiants et lycéens sont rassemblés place Antonin-Poncet depuis 14h, à l'extrémité Sud de la place Bellecour. Ils prévoient de défiler pacifiquement jusqu'à la place Guichard à Lyon 3e. où une assemblée générale est prévue à 15h à la Bourse du travail. Mais les gendarmes mobiles ont bouclé la place Bellecour et empêchent 300 autres lycéens rassemblés autour de la statue de Louis XIV de les rejoindre. Un cordon de CRS séparent les premiers des seconds. Les manifestants demandent aux forces de l'ordre de les libérer.
13h24 - Les CRS filtrent les entrées et sorties place Bellecour
500 à 600 CRS réunis place Bellecour filtrent les entrées et sorties de jeunes lycéens sur la place. "Les casseurs ne peuvent plus en sortir", témoigne notre journaliste présent sur place. Les nouveaux arrivants ne peuvent pas les rejoindre non plus. La manifestation pacifiste de 14h semble compromise.
13h05 - Les CRS tirent des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants
300 à 400 manifestants réunis au centre de la place Bellecour sont dispersés par les CRS qui ont tiré une vingtaine de grenades lacrymogènes en l'air près de la statue de Louis XIV. Les CRS avancent, ils prennent place autour de la statue, en lieu et place des manifestants.
11h54 - Manifestation pacifiste à 14h place Bellecour
Le syndicat de lycéens FIDL organise une manifestation pacifiste place Bellecour à 14h, une manifestation "pour protester contre la réforme des retraites et la surenchère sécuritaire qui a lieu aujourd'hui dans le pays et à Lyon en particulier. Le gouvernement est le premier responsable des violences, nous ne céderons pas à sa volonté de criminaliser et de faire taire le mouvement social!", communique la FIDL.
11h40 - Deux canons à eau anti-émeutes place Bellecour et l'hélicoptère de la gendarmerie
Depuis ce matin, deux canons à eau sont positionnés place Bellecour au niveau du début de la rue Edouard Herriot et de la rue Gasparin, deux camions anti-émeutes des CRS. L'hélicoptère de la gendarmerie tourne au-dessus de la place.
11h25 - Nouveau rassemblement place Bellecour, le GIPN sort de son camion
Les jeunes lycéens se rassemblent place Bellecour, le GIPN sort de son camion. Plusieurs photographes de presse sont sur place, dont des Parisiens arrivés aujourd'hui pour traiter les événements. 300 jeunes répartis en petits groupes menacent de leur casser la figure.
11h - Une voiture retournée rue de la Charité
Les lycéens ont commencé à agir. Selon nos journalistes présents sur place, ils ont retourné une voiture rue de la Charité à Lyon 2e, au sud de @ Flore Giraud
la place Bellecour (sur la photo, les forces de l'ordre qui remettent l'auto sur ses roues). Les jeunes auraient également cassé des rétroviseurs de voitures et jeté un siège de la terrasse du bar le Garden State sur une voiture. Un abribus devant la Poste centrale a été cassé. Lycéens se sont ensuite enfuis par le Pont de l'Université, les CRS sur leurs talons. Ils se sont dispersés dans le 7e.
© Houcine Haddouche
@ Houcine Haddouche
10h30 - "C'est simple, nous on a que des pierres"
Sur les bords du Rhône, près de l'arbre à fleur et de la place Anthonin Poncet, au début du quai Gailleton, une banderole flotte ce matin entre deux platanes. Les lycéens l'ont volée au marché des producteurs de pays et sur l'autre face, ils ont inscrit : "c'est simple, nous on a que des pierres".
10h - 300 lycéens réunis Place Bellecour
300 lycéens font face une nouvelle fois aux CRS place Bellecour. Ils n'ont encore rien fait. Une dizaine de camions de CRS sont présents sur place. Ils ferment l'accès à la rue Victor-Hugo notamment.
9h30 - La Prequ'île une nouvelle fois bouclée
Keolis, gestionnaire des transport en commun lyonnais, a suspendu la desserte de la Presqu'île. Les stations de métro Hôtel de Ville, Cordeliers, Bellecour, Ampère et Perrache sont fermées. La station Saint-Jean n’est ouverte que dans le sens de la sortie.
Manifestation lycéenne : Bellecour assiégé tout l'après-midi
envoyé par LyonCapitale. - L'actualité du moment en vidéo.
A lire sur le sujet :
Sommaire Les six jours “émeutiers” de Lyon Les "casseurs" devant la justice, 6e épisode Les “casseurs” devant la justice, 5e épisode La police interpelle l'extrême droite Manifestation lycéenne : Bellecour assiégé tout l'après-midi Violences urbaines : le tour de vis de la police lyonnaise Les "casseurs" devant la justice, 4e épisode Lyon Capitale, un journal d’opinions Grèves et dégradations : les événements de la journée Les Dialogues (Presque) Imaginaires > Episode 4 : Collomb / Hortefeux Les "casseurs" devant la justice : du sursis et un mois de prison ferme Grèves et dégradations : les événements de mercredi (vidéo) Les Dialogues (Presque) Imaginaires > Episode 4 – 2e époque : Collomb / Touraine Violences urbaines : les élus réagissent Casseurs ? Guérilla urbaine ? Des paroles pour tenter de comprendre Scènes de guérilla urbaine à Lyon Manif, dégradations et pillages : le récit de la journée de mardi (vidéo) Les Dialogues (Presque) Imaginaires > Episode 3 : Collomb / Touraine Manifs lycéennes à Lyon : deux premières condamnations 2000 lycéens dans les rues : des dégradations et 28 interpellations (vidéo) J’ai parlé aux lycéens en lutte ! Retraites : Sortir (vraiment) de la démagogie
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