Bayrou à Lyon : "l'héritage du Conseil national de la Résistance est en danger"

François Bayrou s'est posé lundi soir à Lyon en défenseur des valeurs et des acquis du Conseil national de la résistance. Il a affirmé, devant une assemblée de plus de deux mille militants, qu'il était le seul candidat capable de défendre l'état de providence. Il a aussi dénoncé les "discours mensongers" des deux favoris du premier tour, François Hollande et Nicolas Sarkozy.

à lire également
Patrick Mignola qui avait bâti en 2015 un accord entre le Modem et Laurent Wauquiez a démissionné jeudi de son mandat de conseiller régional. Une démission qu'il justifie par leurs désaccords nationaux, mais qui n'est pour l'instant pas contagieuse. Les centristes font toujours partie de la majorité de Laurent Wauquiez.

Bayrou à Lyon : "l'héritage du Conseil national de la Résistance est en danger"

La fille de Raymond Aubrac ne voulait pas de récupération politique. C'est raté. François Bayrou a évoqué lundi soir devant 4 000 personnes à Lyon, la figure du résistant inhumé le jour même. Sans ciller, il a comparé le rôle du MoDem à celui du Conseil national de la Résistance. Récit.

Visionner aussi le reportage vidéo du meeting de Bayrou à Lyon en cliquant ici

Comparant le MoDem au conseil national de la résistance , François Bayrou a déroulé hier soir la métaphore filée du Conseil National de la Résistance, en hommage au résistant Raymond Aubrac disparu quelques jours plus tôt. Il a dédié son meeting à Gilbert Dru, "fusillé place Bellecour à la fin de la guerre" citant Aragon dans le texte : "celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas". "Toutes les comparaisons ne sont pas bonnes à faire" a-t-il admis, lançant aussitôt aux 4 000 militants et sympathisants du MoDem présents : "mais nous sommes à notre place, les héritiers de la CNR !". Ses fidèles avaient fait le déplacement de toute la région, sans grande ferveur toutefois, exceptés quelques "Bayrou président !" lancés depuis le fond de la salle de l'amphithéâtre Paul Bocuse au palais des expositions lyonnais, Eurexpo.

2H30 de discours

L'ancien ministre de l'Education nationale a développé son discours, un monologue de 2h30, de 19h45 à 22h15 environ. Comparant la situation de la France à la veille du 1er tour au contexte d'après-guerre."Dans tous les moments où est engagé le destin de la France, il y a une référence : le conseil national de la résistance ! " a-t-il martelé, invitant la salle à se mobiliser pour sortir du bipartisme. "Le Conseil national de la Résistance a su unifier toutes les sensibilités différentes, réunir les démocrates et les républicains, de droite comme de gauche, pour reconstruire le pays" a-t-il répété, expliquant, avec le MoDem, vouloir "sauver le modèle social français, le plus juste et le plus efficient" du monde selon lui.

"Celui qui a la plus grosse foule"

François Bayrou a aussi critiqué ses concurrents, principalement François Hollande et Nicolas Sarkozy. Leur reprochant de "jouer à celui qui a la plus grosse foule" dimanche en meeting à Paris. Le candidat du Modem leur a reproché "avec des trémolos dans la voix savamment écrit à l'avance" de n'avoir "rien dit à la France" ce jour là. mais François Bayrou non plus n'a pas dit grand chose à Lyon lundi soir. Bernard Bosson, ancien maire d'Annecy, Yann Wehrling, porte-parole national du MoDem et Cyril Isaac-Sibille, président départemental du Modem ont eu beau chauffé la salle avant lui, parlant notamment d'une "crise gigantesque", François Bayrou n'a guère développé ses solutions pour faire face à la situation.

20 minutes sur la filière bois

Excepté un détour par le modèle allemand, 20 minutes sur la nécessité de développer la filière bois comme outre-rhin, il a évoqué la nécessité de former les Français à l'e-commerce en une phrase. Les deux seules propositions "nouvelles" repérées par les militants hier soir. Mais en dehors de quelques mots sur le "made in France" et quatre mesures développées à la toute fin du meeting sur "la moralisation de la vie publique", François Bayrou a surtout agité le chiffon rouge hier soir, menaçant les Français de se retrouver dans la situation des Argentins durant la grande crise de 1998 à 2002. Il a joué sur la corde sensible des militants. "Je vous parle en citoyen" leur a-t-il lancé, s'inscrivant en dehors des schémas traditionnels de la politique. "Ils voient des chiffres, je vois des visages" a-t-il dit à propos des statistiques du chômage.

Le candidat le plus humain

En définitive, François Bayrou a surtout développé son capital humain hier soir à Lyon devant des militants déjà conquis. Un exercice de style qui a achevé de convaincre Jean, 53 ans, venu de Haute-Loire qui assiste à tous ses meetings régionaux. Le 19 mars, il était à Grenoble . "Il est trop honnête, jamais il ne rentrera dans le jeu de la petite phrase, jamais il ne fera rêver les gens pour gagner des points dans les sondages, il leur dira la vérité jusqu'au bout" a conclu cet électeur.

François Bayrou arrive actuellement en cinquième position dans les intentions de vote au premier tour à 11 %, derrière Nicolas Sarkozy (28 %), François Hollande (27 %), Marine Le Pen (17 %) et Jean-Luc Mélenchon (12 %) selon un sondage publié ce lundi par Harris Interactive pour VSD et La Chaîne parlementaire.

à lire également
Patrick Mignola qui avait bâti en 2015 un accord entre le Modem et Laurent Wauquiez a démissionné jeudi de son mandat de conseiller régional. Une démission qu'il justifie par leurs désaccords nationaux, mais qui n'est pour l'instant pas contagieuse. Les centristes font toujours partie de la majorité de Laurent Wauquiez.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut