Livres en illimité non conformes : les solutions pour Amazon

L’offre de livres électroniques en illimité proposée par Amazon ne serait pas conforme avec la loi française. Le géant américain ne manque pourtant pas de solutions pour contourner ces conclusions d’un rapport rendu par la médiatrice du livre au ministère de la Culture.

Le service de vidéo à la demande Netflix ne perce pas dans l'Hexagone à cause d'un cadre légal trop strict. Le constat pourrait bientôt être le même pour Amazon et son offre de livres électroniques en illimité, Kindle Unlimited. Avec ce service, pour 9,99 euros par mois, il est possible de lire des eBooks à volonté parmi un catalogue de 700 000 ouvrages, dont 20 000 en français.

Dans un entretien publié dans Le Figaro ce jeudi 19 février, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, retoque ce genre d'offres et indique qu'elles ne sont pas compatibles avec "la loi sur le prix unique du livre". La ministre se base sur un rapport rendu par la médiatrice du livre en février, qui rappelle que "le principe essentiel est que l'éditeur doit fixer lui-même le prix de son offre. De ce point de vue, les abonnements forfaitaires illimités qui concerneraient plusieurs éditeurs ne respectent pas la loi".

La balle entre les mains des éditeurs ?

Selon Le Figaro, "la médiatrice du livre ne condamne pas pour autant les offres d'abonnement". Ce type d'offres peut être légal si les éditeurs sont ceux qui fixent les tarifs. Elle propose plusieurs types de formules : une offre d'abonnement commercialisée par un seul éditeur, des crédits à dépenser tous les mois pour accéder à un catalogue en limité, des "bouquets" comme pour les chaînes sur satellite avec plusieurs offres dédiées.

Une médiation va être entamée avec les acteurs du secteur. Ils auront ensuite trois mois pour modifier leur formule d'abonnement en fonction de la loi. Pour appliquer ces solutions, Amazon devrait alors négocier avec les éditeurs, ce qui est loin d'être joué d'avance. Les tensions demeurent entre le vendeur et les grandes maisons d'édition.

Comment Amazon peut se passer d’éditeurs

Pour l'instant, en France, Kindle Unlimited d'Amazon reste peu intéressant pour les grands lecteurs. Les principaux éditeurs ont en effet choisi de ne pas collaborer avec le géant américain. Ce dernier a dégainé l'arme Harry Potter dans son catalogue, sans trouver d'autre livre aussi emblématique pour attirer les clients.

Le service propose par ailleurs de nombreux livres en "autopublication", qui ne sont pas concernés par les réserves du rapport. Comme Netflix, qui a décidé de produire ses propres séries pour contourner certains cadres légaux, Amazon pourrait faire de même avec les livres. L'Américain est l'un des premiers distributeurs d'autoédition avec sa plateforme KDP. Le roman phénomène 50 nuances de Grey est apparu lui-même via KDP d'Amazon avant d'être repéré par le circuit classique et d'arriver en librairie.

Pour ne pas être inquiété par les remontrances de pays comme la France, la meilleure solution pour Amazon pourrait être simple : passer à l'étape supérieure, lancer une politique d'édition plus agressive et commercialiser ses propres best-sellers avec des auteurs connus, en édition papier et électronique. Des livres qui pourraient n'être vendus que par Amazon, sans que puissent agir les autres éditeurs et libraires. Rien n'est impossible. Aux États-Unis, Amazon produit déjà ses propres séries et ce n'est pas l'argent qui manque pour le moment.

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