Child of eden : art numérique

En 2001, Tetsuya Mizuguchi suprend le monde du jeu vidéo en dévoilant Rez, un jeu de tir psychédélique, où l’environnement sonore évolue selon l’action. Expérience hors du commun, Rez a marqué une génération de joueurs, tout en réduisant la frontière entre le jeu vidéo et l’art contemporain. 10 ans après, Mizuguchi récidive avec Child of eden, une perle émotionnelle unique au monde.

Créateur de Sega Rally, Space Channel 5, ou bien encore Meteos, Tetsuya Mizuguchi est un artisan du jeu vidéo dont la seule évocation du nom évoque de nombreux souvenirs pour les joueurs. Avec Rez, l’artiste avait réussi à mélanger interactivité et art numérique, tout en déclenchant une petite polémique puritaine. Le jeu était compatible avec un accessoire nommé trance-vibrator, qui à l’origine devait permettre de ressentir des vibrations et a été vite détourné pour devenir un sex toy, pimentant la vie sentimentale de nombreux couples geeks.

Le digne héritier de Rez

Dans Child of Eden, Mizuguchi renoue une nouvelle fois avec l’expérience inédite en avance sur son temps et qui ne plaira définitivement pas à tout le monde. Dans un monde numérique, le joueur va devoir protéger la jeune Lumi des attaques de virus informatiques. Seul le réticule de visées peut être contrôlé tandis que les déplacements sont gérés par la console. Dès lors, des environnements multicolores à mi-chemin entre Matrix, Tron, et même l’analyse microbienne s’enchainent sur des musiques japonisantes de Genki Rockets, groupe de Mizuguchi. Ainsi, au même titre que Rez, les actions et tirs contribuent à faire évoluer les sons du jeu, et forment progressivement un ensemble hypnotisant.

Un happening artistique ?

Simple en apparence, Child of Eden devient rapidement un vrai test de réflexe où chaque tir a son importance. Jouable à la manette ou au Microsoft Kinect, il devient encore plus immersif avec ce dernier. Particulièrement bien géré, la détection de mouvements contribue un peu plus à la sensation de participer à un happening artistique lorsque l’on s’attaque à Child of Eden. Véritable expérience émotionnel, le jeu nous surcharge rapidement de sentiments et de sensations, allant même parfois jusqu’à faire naitre des larmes devant la beauté de l’ensemble.

Difficile de faire comprendre tout ce qu’engendre Child of Eden tant l’expérience se doit d’être vécue et diffère pour chaque profil de joueur. Malheureusement, les cinq niveaux se terminent en moins d’une heure mais pourront être abordés plusieurs fois, livrant un peu plus de nouveaux secrets ou de nouvelles émotions. Vendu à 50 euros, Child of Eden peut se vanter d’être un formidable moment d’art contemporain qui mérite une place dans la ludothèque de tout joueur curieux et avide d’expériences inédites.

Child of Eden sur Xbox 360

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