Premier conseil municipal d’Eric Piolle (EELV), après son élection à la mairie de Grenoble, le 4 avril 2014 © Jean-Pierre Clatot / AFP
Grenoble, Clermont-Ferrand, Villeurbanne, mais aussi Grigny, Mornant, Saillans… Depuis 2014, de nombreuses communes, dans des proportions différentes, se lancent dans des expérimentations sur la démocratie participative : budget, votation citoyenne, commissions ouvertes aux habitants. Avec le mouvement des Gilets jaunes, le phénomène devrait s’accélérer en 2020.
Assemblée nationale, juin 2017 © Tim Douet
Utilisé dans certains pays, le tirage au sort des élus intéresse aussi les Gilets jaunes. Ils l’imaginent comme instrument de reconquête d’un pouvoir confisqué par les professionnels de la vie politique. En France, il est expérimenté depuis 2014 dans les conseils citoyens des quartiers défavorisés.
Banderole réclamant l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) lors d’une manifestation des Gilets jaunes à Lyon, en janvier 2019 © Antoine Merlet
Alors que les citoyens, année après année, se détournent des urnes, le référendum d’initiative citoyenne a rapidement émergé du mouvement des Gilets jaunes pour tenter de redynamiser une démocratie en laquelle beaucoup d’entre eux ne croient plus et dont ils sont devenus les passagers clandestins depuis une vingtaine d’années. La plupart avouent alterner entre vote extrême, vote blanc et abstention.
“Grand débat” à Grigny, le 17 janvier 2019 © Antoine Merlet
Des ronds-points des Gilets jaunes est remontée une envie de démocratie plus directe. D’un peuple qui veut reprendre le pouvoir par voie référendaire. Le mouvement qui a changé le visage du quinquennat d’Emmanuel Macron ne croit plus en ses élus. Après des années d’abstention, la défiance et l’impopularité grandissante des politiques, les Gilets jaunes font trembler la démocratie représentative à la française.
Le politologue lyonnais Paul Ariès devant la statue de la République, place Carnot, le 19 janvier 2019 © Antoine Merlet
Spécialiste des sectes et de la démocratie participative, apôtre de la décroissance et de la désobéissance civile, pourfendeur de la malbouffe et des théories véganes, Paul Ariès approche la soixantaine sans avoir quitté Lyon, ni perdu un certain goût pour la provocation. Politologue, polémiste, prof, auteur d’une quarantaine d’ouvrages (derniers parus : Gratuité vs capitalisme et Lettre ouverte aux mangeurs de viande qui souhaitent le rester sans culpabiliser), il est aussi journaliste militant, qui signe dans Golias, Politis ou Le Monde diplo, et dirige les revues engagées Le Sarkophage et Les Z’indigné(e)s. Inquiet pour la gauche aux prochaines européennes, il s’est rapproché de Nathalie Perrin-Gilbert en vue des municipales, convaincu que c’est à l’échelle des territoires que peuvent s’inventer de nouveaux modes de vie et s’amorcer la transition écologique. Notre entretien Grande Gueule de février.