Silence, l'OL coule

Après le naufrage de dimanche dernier à Bordeaux, la crise gronde entre Rhône et Saône. Aux supporters, insatisfaits de Claude Puel depuis belle lurette, s’est ajoutée la fronde des actionnaires du club lyonnais, de plus en plus récalcitrants à l’égard de l’entraîneur rhodanien. Jean-Michel Aulas entend les vives critiques mais se refuse toujours à déroger de sa ligne de conduite. Pour combien de temps encore ?

Mais que se passe-t-il à L’Olympique Lyonnais ? D’ordinaire si calme, le plus grand club français de la décennie navigue en eaux troubles. On croyait le navire des Gones insubmersible, bien ficelé et résistant même aux plus grosses tempêtes. Il n’a jamais autant tangué. Dimanche, à Bordeaux, l’OL a touché le fond. En terme d’état d’esprit, de qualité de jeu, d’investissement, les Olympiens ont montré de criantes lacunes, inadmissibles à un tel niveau, avec un tel effectif. Un condensé de toutes les insuffisances lyonnaises depuis le début de saison. Mais comment Lyon a-t-il pu tomber aussi bas ? Existe-il des solutions ? Signe que l’OL va très mal, Jean-Michel Aulas multiplie les interventions médiatiques. Pour éteindre l’incendie. Mais n’était-ce pas déjà trop tard ?

Puel, la proie facile ?

Lorsqu’un club traverse une crise sportive, le premier fusible reste l’entraîneur. Et Claude Puel n’échappe pas à la règle. Très vivement vilipendé par les supporters, qui réclament sa démission depuis de nombreux mois, il ne fait plus du tout l’unanimité au sein du club septuple champion de France. "Ce qui me fait de la peine, c’est quand dans notre propre camp on réclame le départ de Claude Puel ", déplorait lundi soir Jean-Michel Aulas sur OL TV. Le Castrais semble aujourd’hui faire l’unanimité contre lui. Mais est-il pour autant l’unique maillon défaillant de la chaîne ? Absolument pas. Il suffit de scruter de plus près les performances individuelles de certains joueurs depuis le début de saison. Claude Puel n’est pas le seul à devoir se remettre en question. Et certains, boudeurs ou hors de forme, passent souvent au travers des mailles de la critique.

Une situation invivable

Reste que les maux lyonnais sont réels. Et que dans ces cas-là, il faut changer quelque chose. Urgemment. Seulement, Jean-Michel Aulas opère à contrario de ce principe. Il veut gagner du temps. Eteindre l’incendie et gagner du temps. Pourquoi ? Car licencier Puel, c’est envisageable mais il faut aussi le remplacer. Et les hommes susceptibles d’occuper le poste à Lyon ne sont pas nombreux sur le marché. Le président de l’OL ne peut se pas se permettre une nouvelle erreur stratégique. "Un ticket Bats-Garde ? Ce ne sera pas le cas. On prendra un entraîneur à l’extérieur si on doit se séparer de Puel", martèle t-il sur RMC. En vingt-trois ans de présidence, il a rarement œuvré dans l’urgence. Il n’aime pas ça. " Après Arles-Avignon (le 23 octobre prochain, NDLR), on aura joué dix matches de Championnat et trois de Ligue des champions. Je me sentirai alors capable, sans remettre en cause mes valeurs d'intégrité et d'équité, de dire aux supporters s’ils ont une intuition pertinente ou une intuition passionnée", clame le boss des Gones. Le message est clair. De tous temps, Jean-Michel Aulas a toujours réussi à calmer l’impatience des supporters. Ces derniers ont toujours eu confiance en lui. L’écouteront-ils encore une fois ?

Le derby à l’horizon

La crise tombe mal. Très mal. Car ce samedi s’annonce LE derby entre Lyonnais et Stéphanois, le 100ème du nom. Un match à ne manquer sous aucun prétexte. Et si à Lyon, les zones d’ombre sont nombreuses, à « Sainté », tout va bien. Les Verts, qui n’ont plus remporté ce fameux rendez-vous depuis 1994, se sentent pousser des ailes. Leaders du championnat, ils espèrent évidemment achever la bête blessée. Une si bonne opportunité ne se représentera peut-être pas de si tôt. 50 kilomètres plus au nord, la semaine s’annonce très animée. Pas forcément dans le bon sens. Car le temps est compté, l’impatience des supporters légitime. Et ce n’est pas le sinistre spectacle, pour ne pas dire pitoyable, de Chaban-Delmas, qui a arrangé les choses.

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