Kolo de Lyon

PORTRAIT - Personnage naturel et discret, Timothée Kolodziejczak, communément surnommé "Kolo", 19 ans, est la doublure d’Aly Cissokho à l’OL. Portrait d’un jeune homme attachant et plein d’ambitions. (Article paru dans le magazine Lyon Capitale de décembre 2010).

De père polonais et de mère originaire de la Martinique, c’est dans le Nord que le futur champion d’Europe des moins de 19 ans touche ses premiers ballons. Il évoluera pendant dix saisons dans le club le plus populaire de la région, le Racing Club de Lens, où il conserve énormément de souvenirs. "Là-bas, toute la ville vit foot. Le public est formidable. Et puis mes meilleurs amis sont toujours à Lens", explique-t-il. Finaliste du championnat d’Europe des moins de 17 ans en mai 2008, le latéral gauche suscite de nombreuses convoitises, notamment de Lyon et de Manchester United. Soucieux dans un premier temps de donner la priorité à son maillot de toujours, "Kolo" demande un rendez-vous avec l’état-major nordiste. "Je voulais vraiment rester, c’était le club de mon cœur. Mais lors de l’entretien, le président (Gervais Martel, NDLR) n’était pas là. Je n’ai pas ressenti une attention particulière à mon égard, une réelle envie de compter sur moi. Ça m’a refroidit". A l’instar de Gaël Kakuta, un des meilleurs espoirs du football français aujourd’hui à Chelsea, le club sang et or laisse filer l’une de ses pépites.

"Lens ne m’a pas fait confiance"

A 16 ans et demi, "Kolo" décide donc de s’engager avec l’OL, et quitte son club formateur, au grand dam des entraîneurs locaux "mon départ n’a pas été évident. Beaucoup de personnes, notamment les coachs, m’en ont voulu". Un choix, surprenant de prime abord, que le jeune international assume pleinement : "Lens ne m’a pas fait confiance. Lyon me voulait vraiment, je n’ai pas hésité, je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion". Le club présidé par Jean-Michel Aulas souhaitait l’attirer dans ses filets immédiatement, au contraire du géant mancunien, désireux d’attendre encore une saison. "J’avais vraiment peur de ne plus jouer à Lens, sachant que je partirai en fin de saison. Je ne voulais pas perdre une année de formation", relate Timothée.

Entre Rhône et Saône, Kolo découvre une autre ville, un autre monde, un autre club, tout juste auréolé d’une septième couronne hexagonale. Et le bizutage ne fut pas simple. Problèmes familiaux, solitude, coup de blues, l’adolescent traverse une période difficile : "les huit premiers mois, j’ai eu beaucoup de mal. J’étais à deux doigts de craquer". Surtout qu’à Lyon, son arrivée, médiatisée et coûteuse (environ 3 millions d’euros, NDLR), fait jaser. Certains éducateurs du club rhodanien, peu favorables à son transfert, ne font rien pour favoriser son acclimatation. Mais le natif d’Arras s’accroche et continue de tracer son sillon, sans s’occuper des critiques extérieures. Il bénéficie notamment du soutien sans faille de son agent, Jean-Christophe Cano, ancien joueur de l’OM. "Un second père pour moi", confie-t-il.

"Je préfère dire que je suis étudiant... "

Aujourd’hui lyonnais depuis deux ans et demi, l’arrière gauche se sent totalement intégré dans la cité rhodanienne, où il s’est adapté et forgé de solides amitiés. "Au début, je pensais foot toute la journée. Aujourd’hui, je me suis fait des amis qui me permettent de couper avec le foot, de penser à autre chose. Je suis heureux. Je retourne encore à Lens pour voir mes proches mais je me sens super bien ici". Plutôt casanier, il préfère les bonnes vieilles soirées entre amis aux sorties nocturnes arrosées. Toujours joyeux et de bonne humeur, il préfère demeurer discret et ne pas s’afficher. Et rester comme quelqu’un de "normal" en société. "Je ne dis jamais que je suis footballeur au début. Quand je rencontre de nouvelles personnes, je préfère dire que je suis étudiant", glisse t-il, un brin gêné.

Ce sentiment de bien-être rejaillit sur ses performances sportives. Bénéficiant de la confiance de Claude Puel, "Kolo" se tient prêt en cas d’absence d’Aly Cissokho. Ainsi, depuis le début de saison, il a pu disputer quelques rencontres, à tout juste 19 ans. Latéral joueur, porté vers l’avant, à l’aise techniquement, avec comme référence Eric Abidal, le Rhodanien est bien conscient des progrès qu’il lui reste à accomplir pour goûter plus fréquemment au haut niveau : "il faut que je sois meilleur défensivement, plus dur sur l’homme. Ça viendra avec le temps, physiquement je ne suis pas encore au top de mes possibilités". Un autre pêché mignon, qu’il reconnaît volontiers, l’irrégularité dans les performances, souvent consécutive à des sauts de concentrations. Modeste, le principal intéressé ne manque toutefois pas d’ambitions : " je suis encore en formation actuellement. Pour l’instant, à moi de continuer à progresser. Après, c’est sûr que je ne veux pas rester numéro 2 toute ma vie. Vice-champion d’Europe des moins de 17 ans en 2008, champion d’Europe des moins de 19 ans en 2010, celui qui aime vivre "au jour le jour" a encore tout l’avenir devant lui. Il s’annonce radieux, comme l’un des traits de caractère qui le définit le mieux.

à lire également
Le milieu de terrain de l’OL Tanguy Ndombele – FC Sion/OL, 13 juillet 2018 © Fabrice Coffrini / AFP
Incontestablement, Tanguy Ndombele (21 ans) est la plaque tournante de l’Olympique lyonnais. Si le milieu de terrain excelle balle au pied, il affiche un tout autre visage en dehors du rectangle vert.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut