Puel et l’OL veulent gagner du temps… et de l’argent

L’ex-entraîneur de l’Olympique lyonnais avait saisi le Conseil des prud’hommes en référé suite à son licenciement pour faute grave le 17 juin dernier. L’audience a eu lieu ce mercredi matin à Lyon. Il réclame 5M d’euros à son ancien employeur. La séance a été marquée par des castagnes entre avocats respectifs. Claude Puel, lui, est resté de marbre, impassible et silencieux. Récit.

9 heures. La salle numéro 5 du Conseil des prud’hommes de Lyon, boulevard Deruelle, est comble. Le cas de Claude Puel va être examiné, comme beaucoup d’autres. "Seules" les indemnités diffèrent. Si tant est qu’on puisse présenter la chose comme cela. Et c’est sur ce point que d’emblée, l’avocat de l’Olympique lyonnais, Joseph Aguera, attaque. Et il dégaine : "Je n’ai jamais vu de ma carrière une démarche pareille. Quel mépris pour cette juridiction. Alors que certains ici viennent réclamer 150 euros à titre alimentaire, votre assignation en référé est stupéfiante". Claude Puel écoute religieusement, affalé au premier rang de la salle d’audience, le regard dans le vide. Son avocat, Guy Reiss, contre-attaque : "C’est tout juste si l’OL ne se victimise pas". Il égraine les derniers, et coûteux, transferts de l’Olympique lyonnais et ajoute "L’OL est particulièrement mal placé pour donner des leçons de morale. Le président Aulas ose parler d’indécence de somme. Comment peut-il, lui, hurler comme une vierge effarouchée ?"

Puel : "aucun commentaire"

S’en suit un duel de presque une heure entre les deux contradicteurs. Claude Puel reste impassible comme le représentant de l’Olympique lyonnais, Vincent Ponsot, directeur juridique. Maître Reiss réclame le paiement de la totalité des salaires restant dus de son client, soit 3,3M d'euros plus des indemnités de réparation, de préjudice moral et professionnel, soit 1,650M d'euros. S'ajoutent à cela diverses primes. "Le contrat a été fait à deux. Aulas a juste peur de déclarer publiquement ce qu’il a signé", ajoute-t-il, sûr de son fait. Il justifie la demande du référé par la certitude du verdict final. "Les discussions sont inutiles. L’OL, en difficulté financière, cherche juste à gagner du temps". Ce que rétorque Maître Aguera. "Il n’y pas de raisons que Claude Puel passe avant les autres. Des règles procédurales existent. Le seul qui veut gagner du temps ici, qui veut passer outre les lois, c’est Claude Puel", renchérit l’avocat de l’OL.

A sa sortie de la salle d’audience, l’ancien entraîneur général de l’OL est évidemment sollicité par les médias présents. Il murmure seulement : "Aucun commentaire. Merci" puis il disparaît dans les escaliers du tribunal, seul, la veste sur l’épaule. L’issue de l’affaire ne fait pas de doute, mais les deux parties, chacune dans leur rôle, tentent de gagner du temps. Et de positiver. A l’issue de la séance, chacun des avocats se veut optimiste, convaincu de gagner. L’avocat de l’Olympique lyonnais refuse de parler de la faute grave reprochée à Claude Puel. Il promet des éléments "sérieux" dans le dossier tout en soulignant l’attitude "remarquable de Jean-Michel Aulas qui a toujours défendu son entraîneur contre vents et marées dans la tempête". Verdict du référé le 27 juillet.

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