Villeurbanne 2008 / Débat Bret-Chabert-Moralès : le bilan

Moralès, comme positionnement, un peu condescendant.

Moralès : Je m'autorise ce positionnement. Quand on voit ce qui se passe dans les quartiers, sur le plan économique, on ne peut pas dire que cette ville a une dynamique économique. Le gros problème de Jean-Paul Bret, c'est que Villeurbanne est une ville attractive malgré lui. La ville est centrale, mais il y a encore une différence sur le prix du foncier. C'est donc intéressant, par exemple pour un jeune couple, de venir habiter à Villeurbanne. Puis immédiatement, ils sont face aux réalités. Il faut mettre l'enfant à la crèche ? Ah, mais il n'y a pas suffisamment de places... 4 pour 1000 habitants, contre 9 à Lyon. Sur le plan économique, il y a une perte de vitesse. Il n'y a plus que 5 entreprises de plus de 500 employés, et 5400 qui ont entre 1 et 5 employés. Voilà la réalité ! C'était une ville de grandes entreprises... Aujourd'hui la plus grosse, c'est la Ville, avec 1600 employés !

Chabert : Je partage tout à fait l'analyse de Richard Moralès sur le plan économique. Un des points du projet de M. Bret, c'est de mettre en réseau les entreprises... Que ne l'a-t-il fait avant ! Il y a beaucoup d'entreprises de caractère mondial à Villeurbanne, qui n'ont jamais reçu la visite du maire en 7 ans !

Bret : Ça manque un peu d'élégance. J'en ai visité beaucoup, je ne vais pas vous donner la liste.

Chabert : Vous n'avez pas d'adjoint à l'économie. La personne qui s'en charge est simple conseillère municipale déléguée...

Bret : Elle est vice-présidente du Grand Lyon (Michèle Pedrini, PS, en charge des marchés publics, ndlr).

Moralès : À la propreté !

Bret : Non, M. Moralès, ça fait trois ans qu'elle a changé !

Lyon Capitale : M. Chabert, quelle serait pour les Villeurbannais l'urgence de changer de maire ?
Chabert : Il y a des quartiers entiers qui sont dans des situations absolument épouvantables. (...) Là où la ville peut agir directement, grâce à l'OPAC, aucune restauration n'est menée. Aux Buers, la situation est une véritable catastrophe. Aussi bien d'un point de vue humain à l'égard des gens qui y vivent, que du point de vue économique, sans restauration, on a une déperdition énergétique considérable. Quand on se prévaut d'avoir les Verts sur sa liste... D'ailleurs je constate que cette absence de restauration rend furieuse Mme Vessiller (Verts)...

Bret : Elle n'est pas là, laissez la de côté... Sinon je vais en sortir quelques uns chez vous !

Chabert : Vous pouvez ! Mais je lis ses articles... Je constate simplement que dans ce domaine, il n'y a pas eu grand chose de fait pour une ville qui se dit sociale. Pire, on a laissé passer le train de la rénovation urbaine qui partout en France - en particulier à la Duchère, à Vénissieux, à Vaulx-en-Velin... - apporte des subventions considérables, dont Villeurbanne n'a pas profité au cours de ce mandat.

Lyon Capitale : M. Bret, pourquoi Villeurbanne donne l'impression de moins profiter de ces programmes ?
Bret : On a cette impression surtout quand M. Chabert le répète !
Chabert : Parce que c'est une vérité.
Bret : Permettez, je réponds d'abord à M. Moralès qui dit que je suis un maire de village...
Moralès : Un bon maire de village !
Bret : Vous êtes encore plus inélégant... Je ne sais pas ce que vous pourriez être dans ce cas-là ! Villeurbanne est très bien notée sur le plan de la maîtrise financière. Mes adversaires voudraient réduire cela à de la gestion comptable... Mais la réduction de la dette, la maîtrise des frais de fonctionnement, ce n'était pas gagné d'avance en 2001 ! Sur le plan économique, cette image de désolation que vous entretenez ne correspond à rien. Il y a encore 20 % d'entreprises qui relèvent de l'industrie. Il y a quelques années, c'était 80 %. Mais ce qui compte, c'est de réussir les mutations pour que l'activité économique continue... C'est là la réussite de cette ville, à laquelle j'ai contribué. VIlleurbanne n'est pas une cité dortoir.
Moralès : J'aimerais dire deux mots. Le Modem existe...
Bret : Nous l'avons rencontré... (rires)
Moralès : Sur la gestion, M. Bret a bénéficié d'un apport financier malgré lui, celui de la masse fiscale : elle est passée de 46 millions d'euros à 56... Il est difficile de ne pas avoir un budget comptable correct dans ces conditions !
Chabert : C'est vrai que c'est une gestion financière bonne parce que les impôts rentrent en quantité supérieure. Les Villeurbannais savent que la taxe d'habitation est très forte à Villeurbanne, beaucoup plus qu'à Caluire par exemple...

Lyon Capitale : Baisserez-vous les impôts ?
Chabert : Non, je ne les augmenterai pas. Contrairement à vous, M. Bret, qui avez augmenté les impôts de 5 % en début de mandat. En plus, vous avez bénéficié de l'apport des nouveaux habitants. Ce n'est pas une bonne gestion, car la bétonite aiguë qui frappe Villeurbanne, qui a permis l'accueil de ces 10 000 nouveaux habitants, ne s'est pas accompagnée des équipements qui doivent être faits en même temps que les populations arrivent. Je pense aux crèches, aux établissements scolaires, aux espaces verts...
Bret : Pourquoi vous vous acharnez à dire ça alors que vous savez que ce n'est pas vrai. Sur les établissements scolaires, il y en a deux en route, et deux autre ensuite.
Chabert : Au Tonkin, il vous manque 40 places pour les petits en halte-garderie...
Bret : je vous parle des écoles...
Chabert : Ayez la politesse de me laisser parler ! Vous avez la semaine du respect à Villeurbanne, il faut peut-être faire des stages. (...) Les crèches représentent la moitié à Villeurbanne par habitant de ce qu'elles représentent à Lyon
Moralès : Moins de la moitié.
Bret : Un peu de surenchère démagogique !
Chabert : C'est la réalité ! Voyez comme il est difficile de débattre avec vous... Je le dis parce que ce qui compte pour l'avenir, ce sont les projets, mais aussi la méthode. Moi je considère que cette ville n'est pas gérée avec la démocratie qui s'impose. Il n'y a que 7 conseils municipaux par an, (...) les conseils de quartiers ne sont plus représentatifs...

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