Vidéo : Azouz Begag lance sa campagne sur un tabouret

Azouz Begag l'avait dit, il l'a fait : lancer sa campagne pour les élections régionales sur un tabouret. Le candidat du MoDem était lundi midi place Charles Béraudier, devant la gare de la Part-Dieu. A trois semaines du premier tour des élections régionales, il a (enfin) pris la parole devant une quarantaine de personnes.

Yes he did. Lundi, le candidat (bilingue) du MoDem aux élections régionales, Azouz Begag, ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances du gouvernement Villepin, s'est exprimé sur la place publique. Il est monté sur un tabouret (Ikéa) devant la gare de la Part-Dieu. Pendant une dizaine de minutes, il a pris la parole en public et exposé les raisons de son engagement politique pour les élections régionales des 14 et 21 mars prochain.

Azouz veut mettre les mains dans le cambouis

Après des semaines d'atermoiements autour de sa candidature, la tête de liste MoDem avait enfin annoncé la semaine dernière, par la voix de son (énième) nouveau directeur de campagne, Lionel Boucher, vouloir descendre dans l'arène faire campagne, mettre les mains dans le cambouis et se démarquer des autres candidats “enfermés dans leurs meetings et leurs salles communales où plus personne ne vient les voir sinon des militants déjà acquis“.

Lundi midi, Azouz Begag est donc resté une dizaine de minutes sur son escabelle entre 12h30 et 12h40, renouant ainsi avec la tradition des philosophes grecs et de l'agora. Costume bleu marine et col roulé noir, il est redescendu ensuite de ses hautes sphères pour dialoguer avec le public amusé.

Un génie comique

En guise d'auditoire, principalement des membres du Modem, une trentaine d'élus et de militants du Rhône, écharpes orange nouées autour du coup. Parmi eux, Richard Morales, 5ème sur la liste des régionales, élu à Villeurbanne et Christelle Bouvard, 24ème, élue à l'Arbresle. Tous ont formé un véritable cordon sanitaire autour de leur candidat, subjugués par son génie comique, d'aucuns semblaient le découvrir pour la première fois, bluffés autant que le public, sous le radieux soleil de février.

Une minorité de passants a posé des questions. “On vous a beaucoup entendu expliquer pourquoi vous étiez candidat aux élections régionales, mais j'aimerais en savoir un peu plus sur votre programme“, demande un jeune homme d'une vingtaine d'années plutôt agressif. Azouz Begag tente de se défendre, se tourne vers les militants qui répondent en cœur à sa place : “le programme est sur le site“, “il sera disponible en version papier jeudi“, “vous n'avez qu'à le consulter sur le site“. “Non, monsieur Begag, termine le jeune homme, j'aurais aimé l'entendre de votre bouche“.

Azouz Begag ne cherche pas à gagner

Mais Azouz Begag ne fait pas campagne pour gagner, plutôt pour faire évoluer les mentalités. Il reprend ses arguments traditionnels : “lorsque je vois cette chose qui s'appelle le Conseil régional, connu de seulement 20 % des Rhônalpins ; alors que depuis six ans, le Conseil régional a dépensé 25 millions d'euros pour sa communication, je ne parle plus de déficit de notoriété, mais de déficit démocratique ! Il faut dire aux gens que l'argent de leur carte grise va là-dedans (il crie et harangue la foule). “L'argent de vos cartes grises va au conseil régional ! ! !“ Si au moins je peux servir à mieux faire connaître cette réalité, et si les gens vont voter en plus grand nombre, alors je serais content. Vous savez que je suis le seul candidat auvergnat(1) tête de liste aux régionales sur 22 régions.

Azouz Begag, lancé dans sa campagne, usera mardi son tabouret un peu plus à Villefranche-sur-Saône. Mercredi, il sera en Ardèche, jeudi en Haute-Savoie et vendredi en Isère. Chaque jour de la semaine, il se rendra dans l'un des 8 départements qui forment la région Rhône-Alpes ; tandis que les militants ont commencé une campagne plus traditionnelle sur les marchés le week-end dernier. Crédité de 5 % dans les sondages au niveau national, Azouz Bergag espère faire mieux sur son nom aux prochaines régionales. Sa colistière de l'Arbresle, Christelle Bouvard, y croit dur comme fer. “J'ai tracté tout le week-end sur les marchés à Monplaisir, place Guichard et à Mermoz. Là-bas, ça a très bien marché, les gens ont tous lu 'Le Gone de Chaâba'"(2), s'est-elle félicité.

Ciquez ici pour voir la vidéo : Azouz Begag : "Je suis toujours là"

(1) Référence aux propos du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, lors du campus d'été de l'UMP à Seignos, dans les Landes, l'été dernier.
(2) Roman autobiographique sur l'enfance d'Azouz Begag, Editions du Seuil, 1986.

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