Georges Képénékian et Benjamin Griveaux
© Tim Douet

Rencontres du porte-parole : opération réussie pour Benjamin Griveaux

Pour la deuxième édition des “Rencontres du porte-parole”, organisée à Lyon ce mercredi après une première à Tours, Benjamin Griveaux n’a pas été ménagé par les questions des Lyonnais, qui sont sortis plutôt satisfaits de l’exercice.

“Si vous cherchez à me coller, vous allez y arriver. Ce n’est pas Questions pour un champion. Je ne suis pas là pour convaincre, mais pour expliquer”, a débuté Benjamin Griveaux ce mercredi soir à la préfecture, lors de son opération “Rencontres du porte-parole”. Devant plus de 300 personnes, le porte-parole du gouvernement a répondu pendant près de deux heures aux Lyonnais venus le questionner sur les six premiers mois d’Emmanuel Macron. Si l’on pouvait s’inquiéter de la spontanéité de ce genre d’événement, les personnes présentes n’ont pas toujours été tendres avec l’action du gouvernement. Inquiétudes sur la hausse de la CSG, sur “la tiédeur d’Emmanuel Macron sur la laïcité”, sur la baisse des emplois aidés, gestion des migrants, A45… aucun sujet n’a été éludé.

“Je m’inscris en faux sur le discours du cancer de l’assistanat”

Sur la CSG, Benjamin Griveaux a assumé la “solidarité intergénérationnelle” et la volonté du gouvernement d’“étendre le modèle de protection sociale aux indépendants”. Le porte-parole a aussi plaidé pour “une approche tolérante et apaisée de la laïcité” et assuré que le Gouvernement “n’avait pas de position molle” sur ce sujet, sans en dire beaucoup plus. Deux travailleurs sociaux se sont plaints de la baisse des contrats aidés qui ont “cassé des parcours vers l’emploi”. “Parfois, les emplois aidés, sont plutôt des employeurs aidés parce qu’ils trouvent un travailleur à bas coût sans faire de formation, a répondu Benjamin Griveaux. Quand les gens vivotent sur des emplois aidés pendant dix ans, c’est que le contrat n’a pas été rempli et que l’on a trahi la promesse initiale.” Le porte-parole du gouvernement en a profité pour tacler Laurent Wauquiez sur le sujet : “Je m’inscris en faux sur le discours du cancer de l’assistanat porté par quelqu’un que vous connaissez bien dans la région et qui en a fait son fonds de commerce. Personne ne préfère être au RSA ou au chômage plutôt que de travailler. Et, sur ce sujet cette personne trouvera toujours face à lui le gouvernement.”

“Je ferai passer le dossier au maire de Lyon, je le vois chaque semaine au conseil des ministres”

Concernant les migrants, Benjamin Griveaux a tressé des lauriers à son collègue du gouvernement Gérard Collomb. Très critiqué sur sa politique migratoire, le ministre de l’Intérieur est victime, selon lui, d’un “procès injuste”  : “Gérard Collomb est un vrai humaniste. L’inconditionnalité de l’accueil n’est pas remise en cause, mais pour cela il faut que ceux qui ne peuvent pas rester partent. Sur ce sujet, on a une exigence d’humanité et en même temps une exigence d’honnêteté vis-à-vis des demandeurs, pour leur répondre en moins de six mois. Gérard porte cet honneur de la République avec beaucoup de classe.” Quant à l’A45, le porte-parole du gouvernement est resté plutôt évasif : “Les arbitrages ne sont pas rendus. La décision interviendra au printemps. C’est un enjeu important pour le territoire et la région. Quoi qu’il en soit, la question de la mobilité et des transports entre ces deux métropoles est absolument essentielle économiquement.” Les Lyonnais questionnés ont semblé satisfaits de l’exercice. “Ce genre d’événement peut être anesthésiant, mais là ça a été intéressant”, estimait ainsi l’un d’eux. Très applaudi à la fin de ces Rencontres du porte-parole, Benjamin Griveaux est resté vingt minutes de plus pour répondre aux personnes frustrées de n’avoir pu poser leur question ou donner leur dossier, afin de le faire passer au ministre concerné. Le sourire aux lèvres, il a conclu en répondant à l’un d’eux : “Je ferai passer le dossier au maire de Lyon, je le vois chaque semaine au conseil des ministres.” Georges Képénékian appréciera.

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