Conseil municipal de la ville de Lyon © Tim Douet

Périscolaire à Lyon : avec Léo Lagrange, “ils ont choisi un copain”

La mairie de Lyon a accordé ce lundi une subvention de 1 251 894 euros à l’association Léo Lagrange pour la mise en place d’activités périscolaires. Un choix contesté par Denis Broliquier qui a critiqué le mode de désignation de cette association dont le passé a été mêlé au financement politique du Parti socialiste local.

Un nom pas étranger de la politique lyonnaise qui est revenu sur le devant de la scène politique ce lundi soir durant le conseil municipal. L’exécutif lyonnais a proposé d'attribuer 1 251 894 euros de subvention de fonctionnement pour l'année 2018 à “Léo Lagrange Centre Est” pour que l'association située à Villeurbanne réalisé des activités dans le cadre du périscolaire. “Un choix incompréhensible” pour Denis Broliquier qui a reproché à la ville de Lyon de ne pas avoir été transparente sur le mode de désignation. “Je suis frappé que personne n'ose dire les choses. Ils ont choisi un copain et personne ne répond à la question comment l'avez-vous choisi ? On a senti qu'il y avait quelque chose qui les mettait mal à l'aise durant le conseil”, a-t-il ajouté ce mardi joint par la rédaction.

“Gérard Collomb a bénéficié” de ce système

Le seul point qui nous a été confirmé c'est qu'un appel à projets avait été ouvert et que deux structures étaient au départ intéressé. L'UCPA et Léon Lagrange. L'UCPA n'avait cependant, selon les dires de votre adjoint pas donné suite”, a par ailleurs déclaré le maire du 2e arrondissement. Ce dernier a écrit au directeur général de l'UCPA qui aurait répondu par mail “qu'ils n'avaient pas eu connaissance du projet”.

Un flou qui s'épaissit au regard de l’histoire nationale et locale de l'association Léo Lagrange dont “les montages ont permis pendant des années de détourner les fonds publics de la commune de Saint-Fons”, rappelle Denis Broliquier. Des montages dont l'objectif présumé aurait été de financer le parti socialiste local dans les années 1980. Un système dont “avait bénéficié pendant deux ans le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb alors député”, a ajouté l'élu centriste. Comme nous l'écrivions en 2010, lorsqu’il était député (1981-1988), le Gérard Collomb s'était attaché les services d’une assistante parlementaire qu’il ne rémunérait pas. Cette juriste titulaire d’un bac + 5, qui s’occupait pour le futur maire de Lyon de tout le travail législatif et parlementaire, était en effet payée à hauteur de 8000 francs bruts par mois (deux fois et demie le SMIC de l’époque) comme… “animatrice en formation” par le Centre Léo Lagrange. Gérard Collomb n'avait pas été inquiété par la justice à l'époque. L'affaire du financement local du PS a longuement été traitée par Lyon Capitale au moment du procès à la fin des années 2000 qui avait abouti à la relaxe des cinq prévenus, dont Yves Blein, maire de Feyzin et aujourd'hui député LREM. Ce dernier est toujours président national de la fédération Léo Lagrange.

“Stratégiquement, ils mettent les pieds à Lyon grâce à la mairie”

Selon nos informations, la subvention à l'association Léo Lagrange aurait dû être deux fois plus importante, mais aurait été réduite à la demande des MJC lyonnaises. “Les vieux des MJC me disent que ça fait trente ans qu'ils se battent pour ne pas voir Léo Lagrange à Lyon. Et là, ils voient cette association arriver en fin de mandat. Stratégiquement, ils mettent les pieds à Lyon grâce à la mairie qui les font enter. Une fois que les gamins vont connaître les animateurs, les animations, etc.. Ils vont s'implanter durablement. Ils commencent par ça et ensuite ils iront faire des prestations en plus”, confie Denis Broliquier qui concède par ailleurs que “la subvention de 1,2 million d'euros est cohérente et pas exagérée au vu des missions confiées”.

De son côté, la ville a assuré avoir fait appel à l'association Léo Lagrange pour “répondre à la demande dans les secteurs ou les centres sociaux n'y arrivait pas”, a plaidé Charles-Franck Levy, adjoint au maire. Concernant le choix de Léo Lagrange plutôt que l'UCPA, car “il s'agissait d'un partenariat et d'une prestation”, a ajouté l'adjoint. “Associations sont venus nous voir comme les MJC, les centres sociaux, etc.. Pour nous dire “on veut partager le périscolaire avec vous”. L’UCPA est aussi venu me voir pendant la phase de consultation pour dire qu'ils étaient intéressés. Puis ils nous ont dit que ce n'était plus dans leur stratégie. Du coup on a signé un partenariat avec Léo Lagrange. Donc il n'y a pas eu d'appel à projets, mais une demande des associations à participer au projet” a précisé Guy Corrazol.

Georges Képénékian a plaidé l'urgence de la prise de décision. “On a manqué de bras et il n'est pas nocif d'intégrer cet acteur reconnu pour son travail. Tout cela sera évalué, réévalué et ré-réévalué”, a-t-il justifié. Concernant le rappel historique et judiciaire fait par Denis Broliquier, le maire de Lyon, visiblement échaudé, a parlé de “calomnie”. “Monsieur Blein a été relaxé et Gérard Collomb n'a jamais été inquiété par la justice”, a-t-il défendu sous les applaudissements de sa majorité.

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