Lyon lorgne sur les Emirats

Une délégation d'élus du Grand Lyon et d'entreprises lyonnaises se déplace, du 1er au 5 mars, aux Émirats arabes unis, un pays « à fort potentiel »,dans le but de dynamiser des coopérations stratégiques communes.

Lyon-Dubaï City. Le projet pharaonique, lancé en 2008 par un richissime entrepreneur dubaïote de création d'un quartier à la lyonnaise à Dubaï, a été remisé au placard. Aux oubliettes le campus de l'EM Lyon, l'école hôtelière de Paul Bocuse ou le centre de formation de l'Olympique Lyonnais – bien que Jean-Michel Aulas continue de se rendre régulièrement dans les pétromonarchies du Golfe pour chercher des investisseurs pour son futur stade des Lumières*.

Le pays des pétrodollars n'a pas échappé à la crise financière. Et Grand Lyon, qui misait sur Lyon-Dubaï City pour promouvoir son image à l'étranger, de revoir ses ambitions. Le voyage de quatre jours, du 1er au 5 mars, d'une délégation d'élus de la Communauté urbaine et d'une vingtaine d'entreprises lyonnaises, menée par Gérard Collomb et Philippe Grillot, le président de la CCI, sera-t-il l'occasion de "relancer" le projet ? Rien n'est moins sûr.

Surfer sur la vague

Malgré tout, Gérard Collomb entend bien impulser le "made in Lyon" aux Émirats arabes unis, surfant sur le déplacement de François Hollande, en janvier dernier, à Abu Dhabi et Dubaï. Les relations entre la France et les Émirats arabes unis étaient quasiment au point mort. Il fallait resserrer les liens entre les deux pays, après que l'industrie française s'eut fait souffler la construction de réacteurs nucléaires par un groupe sud-coréen, portant sur un contrat de 15 milliards d'euros.

Côté lyonnais, la récente ouverture de la ligne Lyon-Dubaï par la compagnie aérienne Emirates a changé la donne. Pour tous les acteurs politiques et économiques de la région, c'est une raison d'espérer, d'autant que les cinq vols hebdomadaires vont ouvrir Lyon et sa région à l'Asie. "C'est une ville qui était sur notre radar depuis longtemps, explique Thierry Antinori, vice-président exécutif d'Emirates pour les ventes passagers monde. Maintenant, c'est une ville qui est dans notre network. Ça nous ouvre de nouvelles perspectives en France. Paris a une masse importante mais Lyon a un dynamisme et une structure de business très intéressante, avec beaucoup de petites et de moyennes entreprises qui voyagent vers l'Asie. Et Dubaï va être le point le plus rapide pour relier Lyon à l'Asie".

La marque "made in Lyon"

C'est d'ailleurs à la suite de ce lancement "stratosphérique" que Gérard Collomb et une cohorte de décideurs économiques (une cinquantaine de personnes au total) se rendra à Dubaï et Abu Dhabi. Objectifs : développer une nouvelle coopération stratégique entre la Communauté urbaine et les deux villes émiratis. "Le savoir-faire lyonnais est reconnu en tant que tel aux Émirats arabes unis, explique Bruno Masurel, responsable du pôle international à la CCI. La marque "made in Lyon" n'est pas encore très vivante, certes, mais cela fait partie des choses très lourdes sur lesquelles on veut investir. Lyon sort son épingle du jeu dans les produits de luxe, les technologies de green building, l'éclairage, notamment, et tout ce qui tourne autour des pôles de compétitivité, bien sûr".

Depuis la création d'Erai à Dubaï, le bras armé de la Région pour le développement économique à l'international, plus de 100 entreprises ont été accompagnées (santé, mode, NTIC, agroalimentaire, infrastructures, etc.). Mais le fantasme du riche emirati ne doit pas faire oublier que si "la région a un fort potentiel", "elle reste très concurrentielle. Les Émirats mettent systématiquement les projets en concurrence. Il faut donc proposer des produits et des services avec de vrais atouts différenciants, adaptés à leur marché et leur culture".

Quant à l'implantation d'entreprises émiratis à Lyon, aujourd'hui inexistante en Rhône-Alpes, l'Aderly compte bien profiter du voyage "pour consolider au plus haut niveau les contacts engagés avec certains prospects importants de la zone, notamment au sein des fonds d’investissement émiratis. Cela fait en effet deux ans que l’ADERLY a engagé une prospection dans la zone du Moyen-Orient dans différents secteurs pouvant correspondre aux opportunités qu’offre l’agglomération lyonnaise", explique-t-on.

Lyon-Dubaï City semble être bien enterré. Faut-il se consoler avec l'acquisition d'une grande partie de la rue de la République par le fonds souverain d'Abu Dhabi...

Le fonds souverain d'Abu Dhabi

* Début février, Jean-Michel Aulas a pris contact avec le Bahreïn, . Il s'est rendu sur place. Selon Canal +, le royaume de Bahreïn apporterait des fonds, soit pour la formation du club, soit pour le nom du futur Stade des Lumières (naming). Selon nos informations, l'OL souhaiterait au minimum 100 millions d'euros pour le naming de son futur stade de Décines.

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