Députés du Rhône à l'Assemblée nationale en 2017 © Tim Douet
Députés du Rhône à l’Assemblée nationale, en 2017 © Tim Douet
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Lobbys : des députés sous influence

Nicolas Hulot les a ciblés en démissionnant. Les lobbys tentent, à coups de millions d’euros, d’influer sur les lois. Ils ont su s’adapter aux avancées de la transparence dans les zones grises où ils s’épanouissaient. Les cadeaux ou avantages en nature ont cédé la place aux “éléments de langage”. L’efficacité n’en a que peu pâti. Surtout que les députés s’accommodent bien de leur présence. Les ennemis des lobbys dénoncent une “captation du débat démocratique”. Lyon Capitale s’est penché sur le rapport de nos députés à ces groupes de pression aux moyens colossaux.

72 millions. C’est la fourchette basse des sommes dépensées par les lobbys en 2017 auprès des élus. Cette estimation, Lyon Capitale l’a calculée en épluchant les données publiées par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Depuis l’affaire Cahuzac, les “représentants d’intérêts” – appellation politiquement correcte des lobbyistes – sont contraints à plus de transparence. Ils doivent rendre publiques leurs actions et les dépenses engagées pour délivrer leurs messages aux parlementaires, ministres ou membres de la haute administration publique. Le lobbying est désormais une activité quantifiable. Du moins dans de grands ordres de grandeur pour une activité qui se complaisait jusqu’alors dans l’opacité. 1 645 entités (des entreprises, des branches professionnelles, des associations, des cabinets de lobbying ou encore des ONG) se sont inscrites comme représentantes d’intérêts sur le registre de la HATVP. C’est le sésame qui permet d’entrer légalement en contact avec des décideurs publics. Sur ces 1 645 groupes de pression, 738 ont déclaré, en 2017, avoir dépensé plus de 10 000 euros pour faire passer leurs messages. Les entreprises affichent dorénavant leur visage derrière le masque des agences spécialisées dans le lobbying. Cette réalité statistique permet de mieux mesurer l’influence du monde économique sur le politique. Elle lève, modestement, le voile sur le poids peut-être fantasmé des lobbys.

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