Les défis des prochains élus à Lyon : les crises du logement

La métropole est confrontée à une fièvre du marché de l’immobilier, +203 % en vingt ans, et à un dynamisme démographique qui crée une pénurie de logements.

Le phénomène est national. Dans toutes les métropoles françaises, les prix de l’immobilier grimpent en flèche et, en la matière, Lyon excelle. Quand Gérard Collomb accède à la mairie de Lyon, en 2001, l’immobilier est considéré comme plutôt bon marché dans la ville. L’agglomération est dans le ventre mou du classement national : 7e sur 17. Aujourd’hui, la métropole est sur le podium. Le prix médian au mètre carré dans Lyon atteint désormais 4 570 euros tous arrondissements confondus.

Avec des pics de fièvre à plus de 5 500 euros dans le 2e et le 6e. Sur le mandat, les prix ont bondi de 37 % à Lyon et de 23 % dans l’agglomération. À une tendance nationale s’ajoutent des particularismes locaux. Dans les grandes opérations comme la Confluence, la collectivité fait le choix de ne lancer de nouveaux bâtiments que quand le précédent a été commercialisé. Tout le contraire d’un choc de l’offre alors que la demande n’a jamais été aussi forte. En un mandat, l’agglomération lyonnaise a intégré l’équivalent de la ville de Valence. Le rythme de construction imaginé par la majorité métropolitaine, 8 500 logements par an, n’est pas suffisant et il n’a pas été respecté. La raréfaction des fonciers entraîne une surenchère entre les promoteurs. Les prix du foncier explosent et se répercutent sur celui de la vente aux particuliers.

Une ville à 10 000€ le m2 ?

Victimes, les classes moyennes, qui depuis une petite dizaine d’années sont contraintes de se loger toujours un peu plus loin dans l’agglomération à chaque naissance d’enfant. David Kimelfeld avait tiré la sonnette d’alarme dès 2018 : “Ce phénomène des classes moyennes qui ont du mal à se loger dans la ville-centre se produit dans toutes les métropoles attractives. Le marché ne se régulera pas tout seul. Les prix de l’immobilier deviennent inquiétants.” Il pointait aussi une conséquence visible à Paris “où des écoles ferment parce qu’il n’y a plus de familles”.

Pour permettre aux classes moyennes d’acheter un appartement neuf dans Lyon, la collectivité a créé un officie foncier dont la dotation est encore trop chiche pour enrayer la loi du marché. “David Kimelfeld ne veut pas être le président de la métropole à 10 000 euros le mètre carré, mais il l’est déjà”, cingle Renaud Payre, candidat PS. Gérard Collomb continue, lui, de lire la montée des prix de l’immobilier comme un indicateur attestant de la bonne santé de l’agglomération. Et sans conséquence : “Quand une ville a la dynamique de Lyon, l’hypercentre devient plus cher, mais on peut se loger dans de nouveaux quartiers (...). Si vous habitez au Carré de Soie, vous êtes à vingt minutes de la Presqu’île et de la Part-Dieu.”

[Article issu de notre hors-série spécial élections à retrouver ici]

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