Fabrice Raboutot
©Fabrice Raboutot

Les Citoyens démocrates et républicains arrivent dans le Rhône

Ils viennent de créer leur fédération du Rhône et de choisir leur chef. Fabrice Raboutot sera le tout premier président de la fédération du Rhône des Citoyens démocrates et républicains (CDR). Le nouveau parti centriste, qui avait apporté son soutien à Natalie Kosciusko-Morizet lors de la primaire de la droite et du centre, entend proposer une offre politique innovante, faisant appel à la société civile.

Pour “le respect strict de nos valeurs républicaines et démocratiques”. Pour une rupture “avec les systèmes traditionnels”. Pour “une offre politique novatrice qui privilégiera l’éclosion des talents du monde politique moderne de demain”. S’agit-il des idées d’un nouveau candidat à l’élection présidentielle ? Pas vraiment. C’est, en trois phrases, le projet politique d’un nouveau parti, celui des Citoyens démocrates et républicains (CDR). Et ce 25 décembre, c’est par communiqué de presse que l’on apprenait la création de la fédération du Rhône et le nom de son tout premier président : Fabrice Raboutot, 48 ans, responsable d’équipe à l’agence Pôle emploi de Vénissieux. Cet ex-du parti Radical de Gauche (PRG), qui a été secrétaire national au handicap et aux personnes âgées entre juillet 2015 et décembre 2015, était “en désaccord avec la participation du PRG au gouvernement de Manuel Valls et avec son offre politique”. Avec d’autres femmes et hommes politiques, du Centre essentiellement, ils décident donc de créer le parti des Citoyens démocrates et républicains, en décembre 2015.

Un nouveau parti pour quoi faire ?

Au sein du tout jeune parti, on ne cache pas ses ambitions. “Notre but est de jeter les bases d’un grand parti du Centre, présente Fabrice Raboutot. Nous voulons faire émerger de nouvelles têtes et rompre avec l’ancienne structure pyramidale des partis traditionnels.” Et d’ajouter : “On voit aujourd’hui beaucoup d’hommes et de femmes politiques très connus, installés, qui tentent d’incarner le renouveau. En réalité, ce ne sont pas des personnalités nouvelles. Nous voulons inciter des personnes de la société civile à faire de la politique.

Parmi les membres du parti des CDR, on trouve très peu de personnalités politiques célèbres. Le président du parti, Paul-Henri Hallalen, ancien membre du bureau politique de l'UDI, reste encore peu connu sur l'échiquier politique national. Au niveau de la toute jeune fédération du Rhône, 70 % des adhérents sont issus de la société civile, avec 75 % de femmes et une moyenne d’âge de 35 ans. “Plutôt que d’avoir des adhérents qui se battent pour un homme, on vise à créer un parti qui donne toute la place aux adhérents, développe Fabrice Raboutot. C’est ça le renouveau.

“Le positionnement de Macron n’est pas clair”

Des objectifs louables. Mais que proposent les Citoyens démocrates et républicains, qui se disent garants des “valeurs humanistes, libérales, sociales et européennes” ? Sur leur site internet, on peut lire que le nouveau parti centriste veut “défendre les valeurs républicaines”, qui doivent rester “le Fondement de notre Patrie, de notre Nation, de notre Démocratie”. A la manière d’un Macron, ou même d’un Fillon, on apprend qu’il faudrait “libérer les forces du progrès et encourager les mutations économiques et sociales”.

Mais avec cette nouvelle offre politique, le danger n’est-il pas d’accélérer l’éparpillement des électeurs ? “Au contraire, répond Fabrice Raboutot. Ce qu’on constate c’est l’absence d’un véritable Centre, qui s’assume. Il n’y a pas d’offre politique claire au Centre. Notre initiative part de la volonté de créer un vrai parti du Centre, qui s’assume comme tel. Ce que dit Emmanuel Macron est intéressant, mais on ne sait pas si il est de gauche, de centre-gauche, du centre-droit. Ce n’est pas clair.” Pour le chef des Citoyens démocrates et républicains du Rhône, ce contexte de décomposition des partis traditionnels appelle une recomposition sur de nouvelles bases, celles de la société civile. “La cartographie des partis en France est très bouleversée, et encore plus à Lyon, depuis que Gérard Collomb s’engage ouvertement pour Emmanuel Macron”, argumente l’ex cadre du PRG.

“Dans le Rhône, nous présenterons un à deux candidats aux législatives”

Le parti des CDR, qui compte “à peu près autant d’adhérents que le Parti radical de gauche à Lyon”, assure Fabrice Raboutot, entend lancer toutes ses forces dans la bataille politique. “Dans le Rhône, nous allons développer notre parti de manière ciblée, en se concentrant sur certains arrondissements, en allant à la rencontre des citoyens, annonce-t-il. Dès janvier, nous allons organiser des diffusions et des événements pour aller à leur rencontre.” Quant aux élections à venir, le parti centriste ne présentera pas de candidat à l’élection présidentielle, mais compte bien soutenir quelqu’un. “Je ne peux pas encore vous dire qui, nuance Fabrice Raboutot. Nous avons pris contact avec des candidats de droite, du centre, avec Emmanuel Macron aussi. Nous verrons en temps voulu.

Mais pour les législatives, on peut s’attendre à des candidats CDR. Quitte à présenter quelqu’un contre un autre candidat LR ou UDI ? “Je n’aurai aucun problème à investir un candidat de notre parti contre un candidat qui incarne trop le système et qui est en place depuis trop longtemps, répond-il sans hésiter. C’est le cas dans la 3e circonscription du Rhône, où se présente Nora Berra de Les Républicains, une proche de Nicolas Sarkozy. Après nous sommes ouvert à toute discussion.” Dans le Rhône Fabrice Raboutot assure vouloir présenter “au moins un à deux candidats CDR aux élections législatives”.

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