illu PS
© Tim Douet

Le PS sort son hit !

HUMEUR - Une technique de communication remise au goût du jour pour faire parler de son parti : la politique en musique. Souvent efficace en terme de retombées, mais rarement en termes d’image, le PS signe son come-back dans la discipline et propose son tube de l’été voire de la rentrée.

Il y a eu le lipdub de l’UMP, les shows à l’américaine tout en musique et en paillettes de Robert Hue pendant sa campagne présidentielle en 2002, le copinage de Sarkozy avec Johnny Hallyday, Enrico Macias et Mireille Mathieu (hélas, les jeunes militants UMP réunis Place de La Concorde le soir de leur victoire ne connaissaient pas les paroles de "Donnez-nous mille colombes"...), le Parti Socialiste décide aujourd’hui d’aller un peu plus loin.

Le 3 juillet dernier, lors de la convention nationale sur la rénovation, l’équipe de Martine Aubry a offert à son auditoire bien plus qu’une simple récupération d’un tube pour meeting mais une chanson 100 % originale. Le titre s’intitule sobrement "Il est temPS" et se veut le tout nouvel hymne du parti, écrit par l’auteur-compositeur-interprète belge Jean-Jacques Nyssen, avec des chœurs que n’auraient sans doute pas reniés les Compagnons de la Chanson. Courageux diront certains, il n’en fallait pourtant guère plus pour s’attirer les sarcasmes de la presse et des internautes, il faudra sans doute faire mieux pour conquérir les charts.

Un peu d’histoire

Un nouvel hymne en effet car le PS n’en est pas à son coup d’essai ! En 1977, dans un contexte de Guerre Froide, le Parti au poing et à la rose essayait alors de séduire les électeurs de celui à la faucille et au marteau avec "Changer la vie", sur des paroles de Herbert Pagani et une musique de Mikis Théodorakis.

Lien vers "Changer la vie".

Mais l’hymne n’est pas une spécificité socialiste. Ce serait oublier certaines heures d’un passé un peu moins glorieux. L’un des pionniers en matière de tube politique, en dehors de tous chants révolutionnaires, c’était peut-être bien Phillipe Pétain avec "Maréchal, nous voilà !", "single" le plus programmé en radio à Vichy lors de l’été 1941. Le morceau, signé d'André Montagard, avait alors menacé l’intégrité et la légitimité de "la Marseillaise" dans la France occupée. Il aura fallu attendre l’équipe de France en (in)action en juin dernier pour voir notre hymne national une nouvelle fois inquiété. Le sélectionneur Raymond Domenech, fraichement auditionné à l’Assemblée Nationale, déclarait alors ne pas pouvoir "forcer les joueurs à chanter un revolver sur la tempe".

Enfin, au registre des rumeurs, le FN, ne voulant pas être en reste sans lipdub ni tube de l’été, serait tenté de reprendre "La Madrague", de Brigitte Bardot pour un karaoké géant lors de la prochaine fête de Jeanne D’Arc. Une Jeanne D’Arc qui, pour une fois, resterait sans voix.

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