Maison de la Danse lyon
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La nouvelle Maison de la Danse à la Confluence reportée ?

Le maire de Lyon va s’en tenir à une hausse de 5 % des impôts locaux annoncée durant la campagne. Mais la baisse des dotations de l’État va l’obliger à trouver 40 millions d’euros d’ici à 2020. Or la nouvelle Maison de la danse à la Confluence coûterait 100 millions. Le projet est-il menacé ?

Baisse des dotations de l'Etat, hausse des impôts, gel des subventions : le budget 2015, qui sera voté en décembre, sera celui de la rigueur pour la ville de Lyon. Pour la première fois depuis longtemps, les dépenses de fonctionnement devraient nominativement baisser.

L'an prochain, la collectivité dit s'attendre à recevoir de l'Etat 16 millions en moins, soit 2,5 % de ses recettes. Ce montant sera exactement compensé par la hausse de 5 % des impôts, telle que l'avait annoncée Gérard Collomb lors de sa campagne municipale. En 2008, il avait été décidé une augmentation de 6,5 % de la taxe foncière et de 5,5 % de la taxe d'habitation. Pareil montage pourrait être réitéré cette année : +5,5 % pour la taxe foncière, +4,5 % pour la taxe d'habitation.

Hausse des impôts = baisse des dotations en 2015

La Ville pourrait-elle éviter d'avoir recours à la fiscalité ? Le seul élargissement de l'assiette fiscale – notamment par l'arrivée de nouvelles populations – génère environ 10 millions de plus par an. Dans les années à venir, ce bonus s'établirait à 8 millions. "Ces néo-Lyonnais nous rapportent, mais nous coûtent aussi", objecte le directeur général adjoint en charge des finances, Louis-Antoine Souchet. "Chaque fois qu'arrivent 30 enfants, ce sont 30 places d'école à ouvrir", précise Richard Brumm, adjoint aux finances. Pour l'opposition municipale, Gérard Collomb devrait baisser les dépenses plutôt qu'augmenter les impôts.

La collectivité ne pourra de toute façon pas échapper à une politique de rigueur. Car la dotation globale de fonctionnement versée par l'Etat va continuer à s'amenuiser dans les années à venir : selon les estimations de la Ville, elle passerait de 98,7 (en 2014) à 56,1 millions d'euros en 2020. Sans compter des recettes qui pourraient rester atones, si la crise perdurait.

La Ville prévoit de réduire la voilure de 40 millions d'ici à 2020, par rapport au rythme naturel d'augmentation des dépenses. Les subventions aux associations seront au mieux gelées. Certains agents partant à la retraite ne seront pas remplacés, cependant il y aura plus de créations de postes que de suppressions. "Au maximum, il y aura 100 à 150 postes supplémentaires à la fin du mandat", affirme l'adjoint aux finances, qui invoque l'ouverture de nouveaux équipements. Richard Brumm a déjà annoncé que les créations de places de crèche ne seraient pas aussi importantes que prévu.

Maison de la danse : pas d’inauguration avant 2020

Quid des investissements ? Les arbitrages seront arrêtés à la fin octobre ou début novembre. On connaîtra alors les projets qui seront reportés et ceux qui pourraient passer à la trappe. "Rien n'est décidé", insiste Gérard Collomb via son service de presse. Au Grand Lyon, le périphérique ouest pourrait être menacé, lui qui coûterait 120 à 150 millions par an (lire ici). À la Ville, c'est la nouvelle Maison de la danse (16 500 m2) imaginée à la Confluence, au coût de 100 millions d'euros, qui est sur la sellette. Alors qu'il fut un temps question d'une inauguration en 2018, plus personne n'envisage aujourd'hui une ouverture avant la fin de ce mandat.

"Pour l'instant, elle devrait se faire. Mais, si elle se fait, ce sera dans le mandat suivant. On lancerait les études à la fin du mandat actuel", indique l'adjoint aux finances. "Ce n'est pas un caprice d'élus qui veulent se faire une nouvelle pyramide du Louvre", s'agace Georges Képénékian. L’adjoint à la culture, qui défend l'investissement, veut faire fructifier "un héritage de publics" pour la danse à Lyon. "Il n'existe pas en France de lieu dédié à la création qui ne soit pas un théâtre que l'on a transformé", ajoute-t-il. Mais il confirme que l'inauguration serait pour l'après-2020.

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5 commentaires
  1. grandlyonnaise - 26 juillet 2014

    Gouverner c'est prévoirPrévoir d'amputer la vie sociale de la cité (diminution des crèches) au profit d'aménagements d'infrastructures inutiles sauf pour un stade privé qui fait double emploi sur l'agglomération et provoquera un évident manque à gagner pour l'occupation de Gerland à son juste prix ---- Un grand bravo à ce grand cumulard, gestionnaire du Trésor public local, devenu mécène fin protecteur des finances et intérêts du capital privé local !!!!! tout cela à des fins électorales

  2. Marine - 26 juillet 2014

    Il fallait peut être éviter de refaire un parc du Vallon pour une somme gastronomique et franchement ce parc est vide et pas beau. Il demande un coût de fonctionnement (éclairage) et un coût d'entretien (herbe, poubelle, etc) qui vont ruiner les contribuables.

  3. Oural - 27 juillet 2014

    Bonjour Marine, la gastronomie astronomique ?...

  4. blabla0 - 28 juillet 2014

    si l'actuelle maison de la dans a besoin de place, il faudrait déjà l'agrandir, ça coutera bien moins cher ce que je trouve bizarre c'est que la ville reçoive d'argent de l’état alors que la population de Lyon augmente et que donc la somme des impôts des Lyonnais versés à l'état augmentent

  5. Sophie_Lyon - 1 août 2014

    Combien de lyonnais fréquentent la maison de la danse ?

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