Le pdg d’Altice, Patrick Drahi (à gauche) et celui de NextRadioTV, Alain Weill, au lancement de BFM Paris, le 7 novembre 2016 © Martin Bureau / AFP
Le pdg d’Altice, Patrick Drahi (à gauche) et celui de NextRadioTV, Alain Weill, au lancement de BFM Paris, le 7 novembre 2016 © Martin Bureau / AFP
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La danse du ventre d’Altice pour la fibre et le câble

Malgré ses 50 milliards de dette, la maison mère de SFR déploie de nombreux efforts pour obtenir une part du marché de la fibre dans le département du Rhône. Le géant des télécoms s’est engagé à investir 50 millions d’euros pour déployer cette technologie sur les dernières zones blanches du territoire. Altice veut aussi racheter le réseau du câble, pour lequel elle bénéficie aujourd’hui d’une délégation de service public qu’Orange lui conteste. Pour faire la différence, le groupe du sulfureux Patrick Drahi promet encore d’ouvrir une chaîne locale de télévision.

Christophe Guilloteau et sa majorité au conseil départemental ne sont pas peu fiers d’annoncer que d’ici à 2020 (2022 au plus tard) toutes les communes du Rhône auront accès à l’Internet à très haut débit. Ils le sont encore plus au moment de faire figurer cette mesure dans le budget 2018 de la collectivité avec une charge égale à zéro euro pour la puissance publique. “Ce n’est pas souvent que l’on réalise des projets sans dépenser le moindre sou”, s’enorgueillit le maire de Genas, Daniel Valéro, vice-président du conseil départemental chargé des nouvelles technologies. Pour “fibrer” les 55 communes en territoires de faible densité du nouveau Rhône, la collectivité prévoyait de lancer un appel d’offres pour un réseau d’initiative publique (RIP). “Nous estimions le montant du RIP à 51 millions d’euros. Le département prévoyait d’investir 30 millions d’euros et l’opérateur aurait mis le reste”, rappelle Daniel Valéro.

Enjeu stratégique

Le déploiement du très haut débit sur les territoires ruraux est le troisième et dernier volet d’un grand plan de couverture de l’ensemble du territoire français en très haut débit, lancé sous le quinquennat de François Hollande (en 2013). Dans les grandes villes, les opérateurs privés (Orange, Free, Bouygues et SFR) se sont partagé les travaux et le gâteau. L’entreprise qui réalise le raccordement d’un logement à la fibre a l’obligation de le rendre disponible à ses concurrents, moyennant une redevance dont les montants restent secrets. “Il y a une forme de prime à l’opérateur qui a fait les travaux, explique un cadre d’un des opérateurs. Les clients changent aussi moins souvent de fournisseur d’Internet que de téléphonie.” Couvrir des territoires en fibre est donc un enjeu stratégique pour les géants des télécommunications. Mais tous n’ont pas fait ce choix.

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