Bruno Gollnish
©Tim Douet

Gollnisch joue au président de Région

Le leader FN a présenté ce jeudi matin ses vice-présidents en cas de victoire. Il espère remobiliser une partie de son électorat qui n'a pas voté au premier tour.

L'un va sans doute diriger la Région mais il ne sait pas avec qui - Queyranne. L'autre restera dans l'opposition mais a dévoilé ce jeudi matin tous ses vice-présidents. "Il ne suffit pas de présenter un programme mais il faut dire avec qui on l'appliquerait", a lancé Bruno Gollnisch. La tête de liste du FN joue le rôle du vainqueur. "Le parti du général de Gaulle faisait 3 % des voix quelques mois avant de prendre le pouvoir", note-t-il.

Tous les promus sont hautement diplômés et bien décorés. On apprend ainsi que le collectif fronstiste compte un 2e dan en aïkido, un vice-champion de France de lutte gréco-romaine, un ex-étudiant de Philadelphie, des médaillés militaires et même une candidate qui vient d'enfanter des triplés. C'est parmi ce beau monde que Gollnisch a choisi ses vice-présidents.

Baisser de 5 % les impôts dès la 1ere année

Charles Perrot, qui hériterait de l'énergie et de la recherche, veillerait à "réduire les disparités entre l'université et les grandes écoles et à promouvoir la géothermie et le photovoltaïque". Olivier Wyssa, chargé des affaires étrangères et "des questions frontalières" (sic), nouerait des partenariats avec le canton de Genève, le val d'Aoste et le Piémont. Et Liliane Boury, qui s'occuperait de culture, s'emploierait à diversifier les aides à la création. Parmi les autres dossiers à traiter, une étude sur les effets du couloir de la chimie sur la santé des riverains et la réalisation de la rocade nord à Grenoble, du Tronçon ouest du périphérique à Lyon. Sa première action consisterait à faire voter une décision budgétaire modificative afin de réduire de 5 % les impôts dès la 1ere année.

Objectif : 542 000

Bruno Gollnisch est revenu sur sa performance de premier tour. "On enterre régulièrement le FN et on feint de se surprendre de sa renaissance", affirme-t-il avec gourmandise. Le vice-président du FN, grand seigneur, verse même une petite larme pour les petites listes éliminées de l'élection. "Ce serait bien d'avoir six ou sept élus MoDem et deux ou trois élus NPA", explique-t-il. Et de citer Le Pen "qui n'a pas l'âme d'un dictateur et qui a dit : 'si les tensions ne s'expriment pas dans une assemblée, elles s'expriment ailleurs'". Sa compassion n'est pas désintéressée : il espère capter une partie des électeurs qui "sont fatigués du ping-pong UMP-PS".

Grossetête lorgne sur les électeurs FN comme réserves de voix : Gollnisch a aussi les siennes et elles sont à chercher... au FN. Il compte remobiliser une partie de ses troupes qui a pu être découragée de voter par les sondages qui leur prêtaient un petit score. "Nous avons fait 239 000 voix dimanche dernier alors que Jean-Marie Le Pen avait fait 542 000 voix en 2002 (ndlr : 521 584 pour être précis)", précise-t-il. Mais Gollnisch ne se fait pas beaucoup d'illusion. D'ailleurs pour clore la conférence de presse, il ne parle plus de son exécutif mais d'un "shadow cabinet". Un cabinet fantôme formé par l'opposition.

Nous publierons ce vendredi un entretien que nous a accordé Bruno Gollnisch.

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