François Fillon en meeting à Lyon
© Tim Douet

François Fillon sans complexe à Lyon

À une dizaine de jours du premier tour, François Fillon continue de miser sur son programme pour faire oublier le feuilleton des affaires qui l’accompagne depuis plus de deux mois. Mais, entre ses mesures phares, il décoche quelques flèches à destination des corps intermédiaires qui, effrayés par son programme, veulent l’empêcher.

Les questions sur les affaires, il n'y répond plus. Durant ses meetings, il n'expie plus de fautes. Dans la dernière ligne droite avant le premier tour de l'élection présidentielle, François Fillon ne parle plus que de son programme. Même si, en fil rouge, le feuilleton des affaires – sur l'emploi de son épouse et de ses enfants ou les cadeaux qu'il a reçus – rejaillit :"Il y a eu une autre campagne, tantôt souterraine, tantôt complaisamment étalée sur les tréteaux médiatiques, où ma vie et celle de ceux qui me sont chers ont été étalées et disséquées. Une campagne qui a piétiné toute présomption d’innocence. Cette campagne-là, orchestrée par un système paniqué par l’idée que l’on puisse mettre en œuvre la révolution du bon sens, n’a fait que renforcer ma sereine détermination." Dès son entrée sur scène, il avait remercié les plus de 7 000 sympathisants réunis à Eurexpo et chauffés par Laurent Wauquiez : "Votre enthousiasme percera tous les remparts qui ont été placés sur notre route."

“L’État qui entrave”

En parallèle, François Fillon a récité la leçon de rigueur qui lui avait permis de remporter la primaire et de réveiller une droite libérale et conservatrice. Son refrain : "libérer les énergies". Il promet donc d'en finir avec la "bureaucratie qui tue l'activité" et un "Etat qui entrave au lieu de faciliter". Après le diagnostic sur le déclin de la France, sur un spectre large qui embrasse la cohésion nationale et l'économie, le candidat Les Républicains en vient à ses mesures. À ce qu'il appelle le “bon sens” : "Si, pour une fois, juste une fois, on essayait autre chose, autrement, si on sortait du statu quo, si on évitait les envolées lyriques et les discours utopiques des siècles passés (…) Nous allons nous détacher de ce corset de fer idéologique qui a mis à mal le goût du travail, le goût de la récompense du mérite, le goût de ce qu’il y a de plus lumineux en nous : la liberté."

Droit d’inventaire

Et le professeur Fillon d'énumérer ses propositions pour libérer l'énergie : baisse des prélèvements pour les salariés, baisse des charges pour les entreprises, simplification du Code du travail, suppression des 35 heures. À chacune de ces promesses, la salle exulte. Même quand il exerce son droit d'inventaire sur des décisions prises lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, quand il était Premier ministre : "Il faut enfin supprimer l’ISF, cet impôt le plus bête du monde dont nous avons l’exclusivité, par lequel la France croit punir les riches, alors qu’elle ne fait que se punir elle-même. Faut-il être fou pour préférer assommer les fortunes françaises que de se rouler par terre devant les fortunes du Golfe." Ses mesures pour restaurer l'autorité de l'Etat à l'école, dans les quartiers, déchaînent aussi la foule. "Le programme est solide, mais avec les affaires il passe difficilement", regrette un élu dans la salle. Il suffit depuis des mois à galvaniser les sympathisants de droite et a laissé François Fillon encore dans la course au second tour.

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