Fact-checking : le débat entre Bonnell et Vallaud-Belkacem décrypté

Le grand débat de Lyon Capitale sur la circonscription la plus scrutée du Rhône dans cet entre-deux-tours des législatives opposait Najat Vallaud-Belkacem (PS) et Bruno Bonnell (En Marche) ce mercredi soir à Villeurbanne. Comme promis, nous revenons sur certaines de leurs affirmations pour les vérifier.

Le débat tant attendu fut de bonne tenue ce mercredi soir au DZ Café de Villeurbanne. L'opposition entre Bruno Bonnell, crédité de 36,69 % des voix au 1er tour dans la 6e circonscription, et sa concurrente Najat Vallaud-Belkacem (16,54 %) a permis à chacun de défendre ses positions et d'exposer ses différences. Sur le fond, les candidats ont discuté transparence, éducation et emploi. Mais ils ont parfois avancé quelques arguments inexacts. Comme promis, Lyon Capitale se penche sur ces affirmations.

NVB : “Plusieurs de vos sociétés sont basées dans ce qui s'apparente à des paradis fiscaux.”

Najat Vallaud-Belkacem faisait ici référence aux sociétés Navya Inc et BB26 LLC, immatriculées dans le petit Etat américain du Delaware. Concernant Navya Inc, il s'agit simplement de la filiale américaine d'une société de Bruno Bonnell implantée à Villeurbanne. Pour BB26 LLC, la situation aurait pu être plus embêtante, puisqu'elle regroupe les sociétés Robopolis et Sorobot de Bruno Bonnell. Or il est impossible d'affirmer aujourd'hui que BB26 LLC a été active. Selon un document que Lyon Capitale s'est procuré auprès de l'Etat du Delaware, la faiblesse de l'impôt dû par la société témoigne d'une activité très faible, voire inexistante.

Contre-attaque de Bruno Bonnell : “Navya est la seule société au monde qui fait des véhicules sans chauffeur, les Villeurbannais peuvent en être fiers.”

Chauvinisme exagéré de la part du chef d'entreprise puisque la société américaine Tesla, par exemple, maîtrise aussi cette technologie.

NVB : “Vous avez été condamné par l'Autorité des marchés financiers pour avoir fait varier de manière factice les cours de Bourse au moment où vous étiez chez Atari.”

Najat Vallaud Belkacem dit vrai, la société Infogrames a bien été condamnée lorsque Bruno Bonnell était à sa tête. L'amende de 40.000 euros a été payée après son départ.

NVB : “Vous avez cherché à échapper à l'impôt sur la fortune et à l'impôt sur le revenu deux années de suite.”

Najat Vallaud-Belkacem fait allusion ici aux attendus d'un jugement de la cour d'appel de Lyon daté de 2011, exhumé la semaine passée par la France Insoumise. Rappelons qu'en droit les “attendus de justice” constituent une partie d'échange qui reprend les arguments de chaque partie, pas l'avis de la cour.

Bruno Bonnell : “Ce chiffre de 4 000 créations de postes, je voudrais savoir où vous l'avez trouvé dans notre programme.”

Cette phrase répondait à une critique du manque d'investissement d'En Marche pour l'éducation par l'ex-ministre de l'Education : "Vous prévoyez en tout et pour tout 4 000 créations de postes, je vous rappelle que l'on en a créé 60 000 en cinq ans, et que c'est loin d'être suffisant”. "Il doit bien y avoir un programme dans la salle, on va le retrouver", lançait Bruno Bonnell en appelant à la vérification. Nous avons effectivement retrouvé un programme d'Emmanuel Macron. Dans son chapitre éducation, le président élu annonce bien : “A l'échelle du quinquennat, nous créerons entre 4 000 postes et 5 000 postes.”

Vous retrouverez l’intégralité des échanges entre les deux candidats aux législatives dans la 6e circonscription dans la captation vidéo du débat ci-dessous.

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