Georges Képénékian © Antoine Merlet

Élections à Lyon : qui est Georges Képénékian ?

C’est contre la liste de Gérard Collomb avec qui il a partagé l’essentiel de son combat politique que Georges Képénékian va se présenter aux municipales. Une affirmation autant qu’un déchirement.

C’est le duel fraternel de cette élection. La fin d’une route entamée côte à côte il y a plus de quarante ans avec Gérard Collomb. Georges Képénékian naît à Lyon dans le quartier du Grand Trou. Ses parents arméniens ont quitté leur pays au début des années 1920 lors du génocide pour s’installer en France : “Je suis de cette génération née en France qui a apporté de l’espérance aux Arméniens en s’intégrant pleinement tout en conservant cette double culture.” Des origines qui marquent son parcours à venir. “Je me suis construit dans la lutte contre les injustices. En rejoignant le parti socialiste arménien pour la reconnaissance du génocide. Mais aussi en devenant médecin parce que la maladie est une injustice”, explique-t-il.

Premier ami

C’est lors d’une manifestation avec son parti qu’il rencontre Gérard Collomb à Lyon dans les années 1970. Le début “d’un attachement profond” entre les deux hommes. Le maire de Lyon lui propose de rejoindre ses rangs dès 2001. Képénékian refuse avant d’accepter finalement en 2008 d’être son directeur de campagne. La vague Collomb emporte Dominique Perben et Georges Képénékian est propulsé adjoint à la culture puis premier adjoint en 2014. C’est toujours avec son ami qu’il rejoint le mouvement d’Emmanuel Macron et quitte le PS. Appelé au ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb le choisit pour lui succéder à la mairie de Lyon. “C’était une marque de confiance. Mais j’ai très vite vu la complexité du poste et je dois avouer que j’ai très mal dormi les trois premiers mois. Il faut se rendre compte de ce que cela implique de trancher un dossier, de gérer une majorité. J’ai résolu ce problème en décidant de fonctionner dans la concertation.” Une première opposition à Gérard Collomb, à qui la pratique solitaire du rôle de maire était fortement reprochée. L’opposition et la majorité applaudissent.

Une fracture définitive ?

En 2018, le maire de Lyon reprend son poste, comme convenu. Mais les relations se dégradent très vite entre les deux hommes : “Au bout de quinze jours, il me fait comprendre que ce n’est plus comme avant. Gérard Collomb est exclusif dans sa pratique du pouvoir. Il a toujours fait ça avec ses proches. J’ai fait l’erreur de penser que je ne passerais pas sur le gril comme les autres.” Avec David Kimelfeld à la métropole, ils décident alors de faire face au baron sans renier leur passé commun : “Nous sommes le changement dans la continuité. Je n’ai pas de comptes à régler avec Gérard Collomb. Nous avons l’expérience de cette ville qui aime plus le rassemblement que la rupture parce qu’elle a payé cher ses moments de révolte. Gérard Collomb l’a transformée avec nous, maintenant nous disons qu’il faut l’habiter. Qu’il faut renforcer son ADN parce que c’est ce qui fait sa force.” Du Collomb sans Collomb donc, assis sur une pratique du pouvoir “plus partagé”. Le jeu des alliances du second tour pourrait malgré tout réunir les anciens alliés et peut-être recréer les anciennes affections.

Bio express : 

Georges Képénékian, 70 ans

• Né à Lyon

• Chirurgien urologue

• Devient adjoint à la culture en 2014

• Maire de Lyon en 2017 pour remplacer Gérard Collomb

• Rend son écharpe en octobre 2018

[Article issu de notre hors-série spécial élections à retrouver ici]

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