David Kimelfeld et Gérard Collomb, au conseil métropolitain, le 10 juillet 2017 © Tim Douet
David Kimelfeld et Gérard Collomb, à la métropole, le 10 juillet 2017 © Tim Douet

Élections à Lyon : le mois qui peut tout changer

Le premier tour des municipales se tiendra le 15 mars prochain. Tous les candidats sont aujourd’hui en quête du Graal électoral : créer une dynamique dans un scrutin qui reste encore ouvert. Gérard Collomb et les écologistes font la course en tête, mais David Kimelfeld à la métropole et Étienne Blanc à la ville de Lyon tentent de bousculer le peu d’ordre établi de cette campagne qui s'annonce courte.

Le sprint est lancé. Dans un peu moins d'un mois, les électeurs lyonnais et métropolitains sont appelés aux urnes, le dimanche 15 mars. La campagne commence doucement à entrer dans le vif du sujet. Et déjà le temps presse. À peine enclenchée le débat démocratique va se mettre en sourdine pendant les deux semaines de vacances. Les candidats n'en prendront pas à la différence des électeurs. ''On sent que les gens commencent doucement à s'intéresser à la campagne et les vacances arrivent. Au retour il ne restera que deux semaines pour vraiment faire campagne. On est déjà dans la dernière ligne droite'', peste-t-on dans l'entourage d'Étienne Blanc.

Les différents challengers dans cette campagne s’arrachent les cheveux depuis des semaines : comment se faire entendre dans une campagne confuse ? Le double scrutin, municipal et métropolitain, crée un choc de confusion, tout comme les nombreuses dissidences au sein d’En Marche un peu partout dans l’agglomération. Quant au débat projet contre projet, il ne permet pas de faire des distinctions nettes. L’environnement est au coeur de tous les projets et le centrisme pragmatique revendiqué par une poignée de listes. “La confusion est totale”, confie une tête de liste de David Kimelfeld, candidat sans étiquette à la présidence de la métropole.

Confusion

La campagne n’est pas facilitée par les intérêts tactiques des uns et des autres. À ce stade des élections municipales et métropolitaines, tous les candidats n'avancent pas au même rythme. Les écologistes et Gérard Collomb font la course en tête dans les sondages et s’érigent, aujourd’hui, en tête de pont de futurs rassemblements de second tour. Le mode de scrutin combiné à une offre politique qui peine à se recomposer oblige, en effet, les candidats à nouer des alliances pour l'emporter. Un scénario qui privilégiera les listes arrivées en tête du premier tour.

Collomb à la recherche du second souffle

Cramponner à leurs places, les écologiques et Gérard Collomb font campagne pour ne pas en être délogés. Premier dans tous les sondages le maire de Lyon, candidat LREM à la présidence de la métropole, mène donc une campagne prudente. Depuis des mois, il a prévu d'utiliser la marque Collomb comme argument principal et peut-être même unique. Comme en atteste son slogan minimaliste : “Votez”. Les semaines passent et il égrène un projet assez classique et qui s’en tient pour l’heure aux grandes lignes.

La composition de ses listes à Lyon comme à la métropole n'incite pas non plus à penser qu'il procède à de profondes révolutions par rapport à son cycle victorieux initié en 2001. Le renouvellement s'effectue surtout par la force des choses : les défections au profit de David Kimelfeld. Les historiques de la Colombie repartent au combat et d'autres comme Évelyne Haguenauer ont même été rappelés. La dynamique du maire de Lyon est pour l'instant difficile à mesurer. Gérard Collomb n’est pas vraiment entré en campagne, se limitant à de rares sorties sur le terrain. De sondage en sondage, il régresse.

Le dernier en date, réalisé par BVA pour Mag2Lyon, en est l’illustration : Gérard Collomb n’est crédité que de 23 % d’intention de vote quand il flirtait avec les 30 % à la fin de l’automne. Un score qui ne le place plus au-dessus de la mêlée, mais en plein dedans. À la ville de Lyon son candidat Yann Cucherat ne semble pas en meilleure posture. À peine leur campagne est-elle lancée que les voilà à la recherche d'un second souffle.

La rive droite de Blanc

Les écologistes sont clairement en embuscade. Un premier sondage les donne vainqueurs de la ville de Lyon au second tour. “Le fait d’être premier dans les sondages, ça marque les gens. La crédibilité appelle la crédibilité”, se félicitait Grégory Doucet (EE-LV) il y a quelques semaines à la lecture d’une enquête d’opinion qui lui était déjà favorable. À la métropole, Bruno Bernard (EE-LV) navigue lui aussi au-dessus des 20 %.

Les deux hommes mènent une campagne prudente. Ils tentent surtout de ne pas tendre le flanc à leurs adversaires qui, de tous bords confondus, les accusent de vouloir ériger une société des interdits dans l’agglomération. Ce piège, ils l’évitent plutôt bien jusqu’ici. Ils occupent une des deux places prisées par l’ensemble des candidats.

Kimelfeld remonte

Étienne Blanc, le candidat de la droite aux municipales Lyonnaises, s’en rapprocherait d’après le sondage BVA pour Mag2Lyon. Il entame la dernière ligne droite d'un marathon commencé il y a plus d'un an. Il espère que le temps de la récolte est venu pour lui. Conscient que le débat médiatique se cristallisait autour de la guerre fratricide Collomb kimelfeld, le premier vice-président de la région rappelle qu'il a fait le choix du terrain. ''J'ai participé à plus de 300 réunions d’appartement'', rabâche-t-il en espérant qu'une vague de fond va le porter dans les jours précédents le scrutin.

La semaine dernière, il a abattu une carte qu'il envisage maîtresse avec son projet de berges du Rhône aménagé sur la rive droite. Dans les sondages, il opère une remontée qui ne profite pas à François-Noël Buffet (LR) au niveau métropolitain lequel n'a pas encore réussi à créer de dynamique dans une campagne qu’il mène comme une sénatoriale jusqu’à présent. À la gauche des écologistes, les listes de Nathalie Perrin-Gilbert (Gram et LFI) comme du binôme Runel-Payre (PS) peinent aussi à s’installer dans le débat.

Cette dynamique, Georges Képénékian, candidat dissident d’En Marche à Lyon, la cherche. Il ne profite pas de celle créée par son alter ego métropolitain David Kimelfeld. L’actuel président de la métropole après un passage à vide en décembre et en janvier a réussi à revenir dans les débats. Il est le troisième homme. Crédité de 18 %, il bouscule le duel annoncé entre les écologistes et Gérard Collomb.

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1 commentaire
  1. Space opera - 18 février 2020

    Kimelfeld, le pire !

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