Débat télévisé entre têtes de liste

Lyon capitale était dans le public.

Tout à la droite du plateau, Jean-Marie Le Pen est déjà installé. Silencieux, il attend les autres candidats. Le plateau s'anime avec l'arrivée des têtes de liste PS et Modem, Vincent Peillon et Jean-Luc Bennhamias, qui saluent chaleureusement les participants. " Et ta candidate compte se faire désirer longtemps ? " lance ironiquement un " supporter " du NPA Raoul Jennar à un soutien d'Europe Ecologie dans le public. Justement, la voila. Michèle Rivasi s'installe. Avec Françoise Grossetête pour l'UMP, le plateau est au complet.

" L'Europe n'est pas asexuée "

Silence, jingle, l'enregistrement débute. " Pourquoi vous n'intéressez pas vos électeurs ? " commence le journaliste sondage à l'appui. " Il y a un vrai problème de pédagogie. On ne suit pas les travaux de l'Europe, c'est trop loin " constate le concurrent Modem. Et l'Europe souffre d'un déficit démocratique, s'accordent à dire les candidats. Mais Jean Marie Le Pen a une autre analyse de l'abstention : " c'est la traduction de l'hostilité des peuples à l'égard de Bruxelles. " La question de l'Europe sociale quant à elle, souligne davantage les clivages parmi les têtes de listes. " L'Europe sociale est une utopie, explique Françoise Grossetête. L'Europe, c'est 27 pays et autant de systèmes différents. Certains réclament un SMIC européen, mais il serait alors inférieur à celui de la France. " Et à Raoul Jennar de répliquer : " pourquoi toujours harmoniser selon le plus petit dénominateur commun ? ". Michèle Rivasi ne partage pas non plus la vision de la candidate UMP. " Il ne s'agit pas de SMIC européen. Mon parti propose de fixer un revenu minimum au niveau européen. Et nous proposons aussi un revenu maximum, un peu comme Obama l'a fait, car il est intolérable que certains gagnent 1000 voire 2000 fois plus que les autres". Les sensibilités politiques deviennent bien plus faciles à distinguer sur le plateau. " L'Europe n'est pas asexuée. Aujourd'hui, elle est à droite et les électeurs ne doivent pas se tromper de vote " déclare Vincent Peillon. Espiègle, Françoise Grossetête conclue alors que le candidat socialiste renie l'Europe de Jacques Delors. Il est exaspéré. " Comme quoi, ça fâche quand on dit une vérité " insiste-t-elle. Le ton monte.

La question du rosé fait l'unanimité

Lorsque le débat s'oriente sur la décision européenne d'autoriser la fabrication du rosé en mélangeant du vin rouge et du vin blanc, tous les participants sont d'accord pour la condamner. " Ce qui est d'autant plus scandaleux, c'est que la décision a été votée à l'unanimité au Conseil des Ministres et donc aussi par Michel Barnier " s'étonne Michèle Rivasi. Au sujet de la pêche, Jean-Luc Bennhamias, candidat Modem mais député européen depuis 2004 sous l'étiquette des Verts est clair. " Les quotas sur la pêche sont indispensables " a-t-il réaffirmé en louant le développement durable. Mais tous déclarent en réalité vouloir soutenir " la pêche artisanale " face aux " gros chalutiers ", et condamnent ainsi une nouvelle fois la politique européenne de ces dernières années. Alors chacun s'évertue à convaincre en une dernière minute. " Pour une Europe démocratique, sociale et écologique " a conclu le NPA. " Stop à la voie du fédéralisme " a lancé le FN. " La droite tue l'idée européenne " a lâché le PS.

Puis les lumières se sont éteintes. Fin du débat, la campagne continue. Vincent Peillon a déjà filé vers son prochain meeting.

Cécile Mivière

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