David Kimelfeld en meeting à Lyon © Antoine Merlet
David Kimelfeld en meeting à Lyon © Antoine Merlet

David Kimelfeld s'offre une démonstration de force à Lyon

Ce mercredi soir, David Kimelfeld tenait son premier meeting officiel en tant que candidat à la présidence de la métropole. Trois jours après le choix de La République en Marche d'investir Gérard Collomb, l'actuel président de la métropole a apporté la preuve que sa dynamique n'était en rien émoussée. Il a réuni autour de lui près de 1 000 personnes.

À quelques heures du meeting de David Kimelfeld, dans l'entourage du président de la métropole transpirait une certaine fébrilité. Les plus pessimistes tablaient sur 600 personnes présentes. Les plus confiants se référaient aux 1000 personnes qui s'étaient inscrites sur internet. Trois jours après que La République en Marche a officiellement investi Gérard Collomb, la soirée avait une forme d'enjeu vital  : entretenir une dynamique qui l'avait vu réunir plus de 300 personnes en juin au cirque Imagine. Le moindre signe de décrue aurait été perçu comme le début de la fin de son aventure métropolitaine de 2020.

De nouveaux soutiens

La soirée aura conforté David Kimelfeld. Près de 1 000 personnes se sont rendues, ce mercredi soir, à l'école Émile Cohl où le président de la métropole lançait sa campagne dissidente. Elle a donc démarré par une démonstration de force plus vue localement depuis la campagne des élections municipales de 2008 de Gérard Collomb. Les élus qui soutiennent David Kimelfeld n'ont pas fait faux bond et reflué. Au contraire même. Le président de la métropole se lance avec l'assentiment des quatre députés lyonnais, de trois maires d'arrondissements, quatre adjoints de la Ville de Lyon et de soutiens de poids dans l'agglomération et notamment à Villeurbanne avec la présence de Propser Kabalo et de Didier Vullierme. Certains non-alignés comme Jean-Luc Da Passano ou Michel Le Faou et dans une moindre mesure Georges Képénékian ont même validé un billet sans retour en direction de David Kimelfeld. L'ancien maire de Lyon a été cajolé toute la soirée confirmant l'hypothèse entrevue d'une campagne commune même si Georges Képénékian tique sur cette appellation.

La bataille de l'image

Sur scène, la soirée a commencé comme une réponse à la conférence de presse de Gérard Collomb la veille. L'équipe de campagne de David Kimelfeld a égrené et fait défiler une partie des élus qui soutiennent leur démarche dissidente  : centristes, anciens socialistes, marcheurs ou société civile. Le duel à distance pour apparaître comme le candidat le plus rassembleur a commencé. La bataille d'image a été gagnée par le président de la métropole mercredi soir. À l'heure de gravir l'Everest face nord, à savoir déboulonner Gérard Collomb sans l'étiquette LREM, David Kimelfeld a montré qu'il disposait d'un solide groupe de sherpa.

 

Pour les soutiens de l'actuel président de la métropole la réussite de leur meeting avait valeur de réponse à ceux qui leur promettait un inexorable déclin sitôt l'investiture LREM attribuée à Gérard Collomb. "Je respecte ceux qui de Paris ou de Pau donnent des consignes, mais nous 1,4 millions d'habitants et nous sommes capables de savoir ce que l'on a à faire", s'amusait Jean-Luc Da Passano. Comme lors des deux premières réunions publiques de David Kimelfeld, le maire de Lyon aura souvent été évoqué, mais jamais nommé.

Fracture

Sur l'estrade, David Kimelfeld a réservé quelques piques à celui qu'il affrontera dans les urnes  : "Nous ne laisserons pas la métropole aux mains de ceux qui en une vision dépassée et de ceux qui, par-dessus tout, refusent le dialogue et le débat d’idées". Devant 1000 personnes venues l'encourager à emprunter le sentier de la dissidence, David Kimelfeld a martelé sa détermination  : "de négociations illusoires en dialogues biaisés, j’ai considéré que nous n’avions plus le temps d’attendre. Le temps de la campagne a commencé". L'essentiel de son discours, administré avec un ton en deçà de la ferveur soulevée par le meeting, a été consacré au diagnostic des limites du modèle lyonnais théorisé par Gérard Collomb  : "de nouveaux acteurs et de nouveaux enjeux sont venus bousculer, challenger, faire évoluer nos territoires. La mondialisation, la compétitivité, l’avènement du numérique, les nouvelles technologies, etc. Et si tout cela est bien souvent synonyme de progrès, il n’en demeure pas moins que cela a généré des limites, des disparités entre nos territoires et au sein des territoires eux-mêmes, et ont conduit dans une certaine mesure à des tensions (…). De nombreux Français s’estiment victimes des évolutions de notre société. Nous devons les écouter et surtout les entendre ! Nous ne pouvons pas fermer les yeux. Nous devons répondre à cette tension. La fracture sociale et la fracture territoriale sont bel et bien là. Nous devons les affronter et riposter". Pour le volet des réponses, il faudra encore repasser. Se calquant sur la grande marche d'Emmanuel Macron, David Kimelfeld veut coconstruire son programme. À défaut d'avoir théorisé son propre modèle, le président de la métropole s'est posé mercredi soir en alternative crédible à celui de Gérard Collomb.

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