Braillard : l'annonce de la candidature de Collomb n'est "pas utile"

Thierry Braillard, l'adjoint PRG au maire de Lyon, revient sur les enjeux de la rentrée politique pour son parti et s'exprime sur la rentrée politique du maire de Lyon.

Le Parti Radical de Gauche (PRG) a ouvert ses universités d'été à Seignosse dans les Landes le 4 septembre. Les débats portaient pour l'essentiel sur les conditions et les modalités de participation du PRG aux primaires de la gauche en vue de l'élection présidentielle de 2012. Jean-Michel Baylet, le président des radicaux de gauche, a annoncé qu'un congrès ou une convention fixerait la position de son parti. Plusieurs conditions devront encadrer la participation du PRG, notamment qu'un accord soit trouvé avec le PS afin que des candidats PRG trouvent des places pour les prochaines législatives. Justement, Thierry Braillard, l'adjoint PRG au maire de Lyon, pense très fortement aux législatives qui suivront l'élection présidentielle. D'ailleurs il s'y prépare. Il revient pour Lyon Capitale sur les enjeux des primaires et s'exprime sur l'annonce d'une candidature de Gérard Collomb à un troisième mandat : "sur la forme, ce n'est pas utile" dit-il.

Lyon Capitale : La participation du PRG aux primaires proposées par le PS a alimenté le débat lors des universités d'été qui s'ouvraient le 4 septembre...
Thierry Braillard : Quand on représente un parti politique, il faut peser de manière directe ou indirecte sur le second tour de l'élection présidentielle. Or la meilleure façon de peser c'est de participer. Mais participer aujourd'hui à l'élection directe, ce n'est pas évident. Dans le scrutin présidentiel, il est très compliqué de se faire entendre, il n'y a qu'à voir le score que fait Dominique Voynet en 2007 avec les Verts, qui n'avait rien à voir avec le score fait par ce parti dans les années qui ont suivi. C'est pour cela que les primaires sont une bonne idée, parce qu'elles permettent de faire entendre un message radical et de se sentir impliqué dans la perspective de faire gagner la gauche.

L'actuel président du PRG, Jean-Michel Baylet est-il le meilleur candidat pour ces primaires ? Il a fait savoir que sa candidature était logique...
Oui, c'est la logique. Mais on n'en est pas à une histoire de préférence. La question est de savoir si on participe aux primaires ou pas. Si c'est le cas, il serait en effet logique que ce soit le président du parti qui participe à ce scrutin. Cela ne me choquerait pas. Je serais plus choqué si on allait chercher quelqu'un qui, il y a encore quelques temps, disait tout le bien qu'il pensait de la politique de Nicolas Sarkozy.

Vous pensez à Bernard Tapie qui pourrait être le candidat du PRG pour les présidentielles de 2012 ?
Il y a des logiciels qui évoluent et il faut en tenir compte dans la vie politique.

Vous voulez dire que Bernard Tapie est désormais "has been" ?
Je n'ai pas dit ça, mais c'est toujours difficile de faire du neuf avec du moins neuf.

On vous a prêté l'intention de briguer la présidence du PRG lors du prochain congrès. C'est toujours votre ambition aujourd'hui ?
Il y a pas mal de personnes qui souhaitaient que je prenne des responsabilités au sein de ce parti que je connais particulièrement bien puisque j'y suis depuis plus de 25 ans. Mais chaque chose en son temps. Si on veut parler d'ambitions, j'ai déjà fait savoir que je souhaitais être de nouveau candidat dans la première circonscription de Lyon pour les prochaines législatives. Je l'ai dit et tout le monde le sait, je n'aime pas avoir plusieurs fers au feu. Pour l'instant et si on veut parler de mon ambition, je me limite aux législatives. Je fais beaucoup de terrains et ça me prend déjà beaucoup de temps.

Comme il le fait désormais à chaque interview politique de rentrée au Progrès, Gérard Collomb a annoncé sa candidature pour un troisième mandat en 2014. Quel est votre sentiment sur cette annonce ?
Sur le fond, ça ne me choque pas, bien au contraire. Il y a une vraie transformation de cette ville et on le doit à la dynamique enclenchée par Gérard Collomb et son équipe dont je fais parti. Je ne vois pas pourquoi on arrêterait cette dynamique. Sur la forme en revanche, je trouve quand même qu'on avait le temps et qu'il n'était pas très utile de l'annoncer quatre ans avant. Il ne sert à rien de mettre en avant les choses qui sont logiques. L'enjeu pour Lyon aujourd'hui c'est la métropole. J'aurais préféré que Gérard Collomb annonce sa candidature en 2014 comme président de la métropole lyonnaise !

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