AZOUZ BEGAG : LE CENTRE ENFIN !

Face aux deux toubibs Jean-Louis Touraine et Jean-Michel Dubernard, ce n'est pas le moment de flancher. Mais l'ex-Ministre de l'Egalité des Chances vient-il remporter cette bataille ou préparer la prochaine ? Le parcours politique d'Azouz Begag est difficile à suivre. Longtemps proche de la gauche, il lui reproche maintenant de ne lui avoir jamais mis le pied à l'étrier. Il accuse le maire de Lyon de cynisme : "il a fallu qu'Azouz Begag soit nommé ministre pour que Collomb déniche Najat Belkacem. Pourtant dès 1981, le PS parlait de la France Black-Blanc-Beur. Mais rien n'a été fait". C'est la droite qui entr'ouvre la porte. Nommé ministre par Dominique de Villepin le 2 juin 2005, le gone du Chaâba est comme émerveillé de se retrouver sous les ors de la République. Mais est-il vraiment au coeur du pouvoir ? Certes il y a la création de la Halde, mais le Président de la République y propulse Louis Schweizer, ex-pdg de Renault. Pas vraiment la France d'en bas. La création de l'Acsé (Agence pour la Cohésion Sociale et l'Egalité des chances). Sa présidente est Alix de la Bretesche, vieille famille rennaise. Pas de ses amis non plus. Que mettre au bilan ? La loi sur la cohésion sociale ? Elle est défendue par Jean-Louis Borloo. Qu'importe : "l'oeuvre accomplie est irréversible. Après Rachida Dati il ne pourra plus jamais y avoir de gouvernement ou d'Assemblée Nationale sans personnes issues de l'immigration". Les histoires d'amour finissent mal. Azouz Begag porté par l'UMP entre en guerre ouverte contre Nicolas Sarkozy. Il ne lui pardonne pas d'avoir utilisé des clichés comme l'excision, la polygamie, les moutons dans la baignoire, pour "capter l'électorat du Front National". Sans compter les débordements verbaux du futur président à son encontre. Alors il prend fait et cause pour son rival à l'élection présidentielle François Bayrou. Le 5 avril 2007 il est contraint de démissionner du gouvernement. Après s'être grillé à gauche il vient de se griller à droite. Reste le centre. Il dit y croire. "Seul le MoDem* est capable de réussir l'ouverture, de faire travailler ensemble la gauche et la droite". Le MoDem peut-être, mais Azouz Begag ? Il vient pour gagner. Ce serait la première fois qu'un enfant issu de l'immigration entrerait à l'Assemblée Nationale : "un honneur pour la ville de Lyon qui a souvent été en pointe sur ce genre de combats, demandez à Christian Delorme !" Mais une élection ça s'arrache, ça ne se gagne pas à l'estime. Et la campagne sera courte. "Service minimum, confie-t-il, il reste trois semaines". Trois semaines pour convaincre. Ou pour placer ses pions pour la prochaine échéance, les municipales. Serait-il tenté par une ouverture au centre avec Gérard Colomb ? La question ne déclenche pas d'enthousiasme. Mais pas d'urticaire non plus. "On verra bien ce que mon parti décidera".

Pierre Gandonnière

* Mouvement Démocrate, ex-UDF

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